Devant les participants de la septième édition de « Bpifrance Inno Génération », le ministre de l’Industrie n’est pas mécontent d’avoir trouvé un mot original pour qualifier le monde de l’industrie : la magie. Selon Agnès Pannier-Runacher, le secteur serait « l’un des rares endroits au XXIe siècle où l’on trouve encore de la magie ». Diable !

Des auditeurs s’imaginent qu’elle fait allusion à Carlos Ghosn. Assigné à résidence au Japon, il sort d’une malle au Liban. D’accord, c’est magique. D’autres penchent plutôt pour l’état de l’industrie française. Années 60/70 : usines de métallurgie, de bonneterie, Moulinex, etc. Années 2000, les mondialistes à chapeaux pointus claquent des doigts : pfuiiit ! Plus rien. Tout a disparu comme par enchantement. Encore.

Mais bientôt, les startuppers, financiers et autres PDG réunis pour ce congrès doivent convenir qu’Agnès Pannier-Runacher n’est pas venue distraire l’assemblée avec quelques exemples facétieux. Malgré un alcootest négatif, le ministre voit effectivement de la magie dans les usines. La maladresse sied au macronien.

Avenir, courage, fer de lance, prospérité… D’autres vocables plus adaptés au secteur étaient pourtant disponibles dans le manuel du parfait énarque. Non. Le ministre n’en démord pas. L’industrie – ou ce qu’il en reste – est un univers a mi-chemin entre « Alice au pays des merveilles » et David Copperfield. Qui se traduit en langage LREM : « La magie de l’atelier où l’on ne distingue pas le cadre de l’ouvrier, on ne distingue pas l’apprenti de celui qui a trente ans d’expérience » et l’inévitable promotion du travailleur venu d’ailleurs : « Où l’on ne distingue pas celui qui est né en France il y a quarante ans et celui qui est arrivé par l’accident d’une vie il y a quelques jours. »

Après le réfugié politique, voici venir l’accidenté de la vie. Formule misérabiliste qualifiant la main-d’œuvre bon marché. Ou quand Bernard Arnault devient le digne successeur de l’abbé Pierre. La seule magie décelable, en ce jour de réunion des industriels, est dans le discours du ministre. Un prodige du tour de passe-passe.

Et le ministre d’enfoncer le clou dans la plaque à côté de laquelle elle se trouve : « La fierté de travailler dans l’entreprise […] c’est pour ton pays, c’est pour la magie et c’est ça que vous pouvez rendre possible. »

À ces mots, la cavalerie de gauche arrive au grand galop. PS et communistes de se souvenir, soudain, que lors de leur période pré-« Gay Pride », ils furent les défenseurs des classes laborieuses. La France insoumise se joint au concert. Les avocats des « accidentés de la vie » se gaussent du mot « magie » utilisé pour désigner des conséquences dont ils ne cessent de défendre les causes. En queue de peloton, la mondialiste en chef, Sandrine Rousseau, se sent pousser des ailes de syndicaliste… La transformation des progressistes en pourfendeurs de l’exploitation du monde ouvrier est de toute beauté. Les immigrationnistes s’insurgeant contre les dégâts collatéraux de l’immigration, cela mérite le détour. À l’approche de la présidentielle, le politicien se mue en magicien d’Oz… Et ose tout.

11 octobre 2021

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