Le ministre de la Culture attaque la commission d’enquête de Charles Alloncle

« Il y a des moments où les bornes sont dépassées », dénonce Catherine Pégard, sur France Inter, avant d'attaquer CNews.
@Eliot BLONDET / POOL / AFP
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Un ministre de la Culture ne devrait (sans doute) pas dire ça pour sa première interview… Un mois après sa nomination rue de Valois, Catherine Pégard, qui succède à Rachida Dati, a choisi de donner son premier entretien à la presse à France Inter. Soit. Un choix loin d’être surprenant mais qui n’a rien d’anodin non plus. En effet, au terme de quinze minutes d’interview, la question sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public menée par le député de l’UDR Charles Alloncle finit par tomber. Alors que le nouveau ministre de la Culture fait mine de ne « pas [vouloir] revenir » sur le sujet, elle profite tout de même de l'occasion pour attaquer la tenue des auditions. « Je trouve simplement qu’il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener les débats », commence-t-elle. Et elle poursuit : « Je crois que je suis quelqu’un de plutôt consensuel […], et dès que je vois des lieux où l’on s’invective de cette façon, je trouve qu’on ne fait pas gagner ni la démocratie, ni le regard que l’on peut porter les uns sur les autres. »

Pour un ministre de la Culture qui affichait sa « discrétion » en ligne de conduite, cette sortie a de quoi étonner… D’autant plus que la nouvelle locataire de la rue de Valois ne s’arrête pas là. Après avoir attaqué cette commission d’enquête qui, rappelons-le, est menée par des députés élus, Catherine Pégard s’en prend à CNews. Alors que les journalistes de France Inter l’interrogent sur des propos tenus à l’antenne de la chaîne du groupe Bolloré à propos du nouveau maire de Saint-Denis, l’ancienne conseillère d’Emmanuel Macron dénonce : « Ce sont des attaques ignobles, inadmissibles. C’est assez intolérable qu’on puisse soutenir de tels propos contre quelqu’un qui vient d’être élu. » Elle refuse, toutefois, de qualifier CNews de « chaîne d’extrême droite » et assure pourvoir accepter des invitations « d’autres médias ».

Le même jour, sur RTL, c'est Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, qui dénonce également « des attaques ignobles » contre le maire de Saint-Denis à l'antenne de CNews. Il se dit « très choqué par ces propos, des dérapages inacceptables ». CNews, de son côté, « conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus [sur son antenne] ». « Les extraits largement relayés sur les réseaux sociaux et dans certains médias ont été tronqués et sortis de leur contexte », rappelle la chaîne.

Un ministre qui « fait la leçon »

Cette première interview aurait pu passer inaperçue si le ministre n’avait pas surfé sur la vague anti-CNews et anti-Alloncle. Car à peine a-t-elle quitté le studio de France Inter que Sarah Knafo décide de l’interpeller sur ses réseaux sociaux. « Qu'elle semble lointaine, l'époque où le ministre de la Culture avait pour mission de "rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de Français". […] Vous en êtes loin », écrit la députée Reconquête au Parlement européen, sur son compte X. « Oui, pendant que des trésors disparaissent de nos musées, vous comptez les téléspectateurs de CNews. Malraux a créé votre ministère pour élever le peuple. Vous l'utilisez pour lui faire la leçon », conclut-elle. En quelques heures, sa publication est vue des dizaines de milliers de fois. Éric Zemmour abonde : « Pour sa première interview, la ministre de la Culture avait deux options : soit défendre une effigie de Jeanne d’Arc combattante brandie par des supporters français, soit faire de la petite politique politicienne anti-Bolloré en attaquant CNews, la première chaîne d’information. Devinez ce qu’elle a choisi. »

Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, profite, quant à lui, de la séquence pour rappeler le curriculum de ce nouveau ministre de la Culture, encore inconnu du grand public : « Selon la Cour des comptes, Catherine Pégard, sans aucune compétence particulière, avait été maintenue à la tête du château de Versailles par Macron dans "une forme de détournement de pouvoir". C’est aussi elle qui a autorisé l’ignoble "vagin de la reine" dans les jardins. »

En effet, après une longue carrière dans le journalisme, Catherine Pégard a franchi le pas de la politique. D’abord conseillère de Nicolas Sarkozy, elle obtient en 2011 le poste très convoité de présidente du château de Versailles. À l’époque, alors qu’elle n’a, semble-t-il aucune compétence en la matière, sa nomination fait grincer des dents. Emmanuel Macron la prolongera à Versailles malgré le dépassement de la limite d’âge des mandats d’établissement public. En septembre 2025, elle devient la conseillère culture du président de la République avant de prendre la suite de Rachida Dati, rue de Valois. Un parcours dans l'ombre du pouvoir.

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Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

213 commentaires

  1. Le jour où il y a eu distribution de bêtise et d’intelligence, elle a dû se tromper et passer deux fois dans la même file… Les macronistes n’ont pas encore compris que la majorité des Français en avaient marre de ces medias publics, financés par leur argent, qui leur cachent la vérité quand ils ne mentent pas et que critiquer la commission qui fait son boulot c’est encore faire monter l’anti macronisme (si cela se peut, au niveau ou il est). Le président doit choisir ses ministres : au dessus d’un QI de 60, ils sont recalés. Celle ci a trahi tout le monde depuis qu’elle est en politique et le président devrait s’en s’en souvenir.

  2. Tous ces donneurs de leçons devraient la fermer. Quand on voit leur bilan, ce sont des bons à rien si ce n’est qu’à se remplir les poches en vidant mon pays de sa « substantifique moëlle ».

  3. Est-il besoin de beaucoup de détours pour qualifier le rôle de Mme Pégard? Sa carrière n’est pas pottér par le talent mais par la servilité ça paie: point. Elle fait ce pour quoi elle est payée grassement, ce qu’elle a toujours fait, le sale boulot des puissants. Lui fera t’on payer un jour, à elle qui se sent au delà de tout risque?

  4. La ministre de la culture, Catherine Pégard se préoccupe de culture : « « Je trouve simplement qu’il y a des moments où les bornes sont dépassées dans la manière de mener les débats ». Il est question de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Une hauteur de vue indiscutable chez dame Pégard : au raz des pâquerettes.

    Il semblerait que ce soit le comportement de Charles Alloncle qui mette le feu aux poudre. Etrange, comme c’est étrange. Un personnage placide, calme, aux questions posées en toute sérénité. Par contre de vraies questions, des questions qui torpillent, qui vrillent les esprits malsains, qui font mal, qui dérangent le petit confort de cet audiovisuel.

    Prenons Mr Bolloré mis en scène. Une séance des plus calmes, aux questions réponses posées. Aucun trouble dame Pégard. Le dérangement que vous évoquez ne viendrait-il pas des oies de votre cour ?

    Sarah Knafo pointe juste. Quel écart avec une personnalité comme Malraux. Tant dans la forme que sur le fond.

  5. C News dérange , on le sait ! Une chaine qui ne caresse pas la macronie dans le sens du poil et qui révèle des événements que le pouvoir aimerait voir mis sous le tapis , comme ces maires insultés et menacés par les affidés de LFI . Une ministre de la culture aux ordres du pouvoir . 2027 une année décisive , on continue avec un homme style E Philippe ou le RN. ……

  6. Elle peut continuer à parler cette femme,je n’en ai absolument rien à faire de ses propos,de son avis et encore moins de ses leçons de morale à deux balles. Tous ces gens bien-pensants me sortent par les yeux et ceci depuis des années. Il faut bien qu’ils se fichent cela dans leur petite tête d’oiseau sans cervelle et je présume que beaucoup pensent comme moi parmi les lecteurs de ce site.

  7. On ne s’en sortira pas. Des années d’entrisme de gauche dans les institutions, un Président socialiste, la tâche semble insurmontable. La droite doit appliquer les techniques de la gauche, entrisme, cooptation, union des forces.

  8. Il fallait s’y attendre.
    Charles Alloncle est pugnace,déterminé,honnête et intelligent.
    Toutes les qualités requises pour en faire un excellent rapporteur et attirer les foudres de ceux qui ont beaucoup de cadavres dans les placards.

  9. Mais elle se prend pour qui ?. elle arrive et déjà elle fait parler d’elle de façon peu commune. Elle attaque,mais nous sommes encore en démocratie ? rassurez moi, la commission d’enquète est en route elle ira jusqu’au bout. Ce sont des élus de la République qui posent les questions pas des nouilles. Alors madame, un ton au dessous SVP.

    • Encore une qui s’abreuve copieusement au biberon de la république et qui se permet en plus de donner des leçons.

    • elle est en mission, c’est une grande copine des macrons, et en plus ancienne journaliste des médias publics !

    • Il y a belle lurette que ce pays n’est qu’une pétaudière sous les aspects d’une démocratie. La démocratie est un gouvernement si parfait qu’il appartient aux dieux, pas aux hommes.

  10. Là elle sort de son domaine de compétence, si tant est qu’elle ait une autre compétence que porter la voix de son maitre

  11. La macronie révèle sa vraie nature à travers sa ministre de l’information ( et de la culture) ! La dictature ! Elle ne supporte pas les enquêtes parlementaires et la liberté d’expression ! La macronie est une dictature !

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