Une polémique est en train de naître. Elle doit s’éteindre rapidement. Avant tout, il semble important de préciser que je préfère le et le basket au football. Ensuite, pour être de la quatrième génération du feu, je voue aux anciens combattants dont je fais partie un respect total, entier et sans faille. Qu’en est-il de cette polémique ? M. Jean-Paul Pretot, le maire de Loulans-Verchamp, village de 450 habitants situé en Haute-Saône, demande aux footballeurs de refuser la Légion d’honneur.

Il explique, dans un courrier qu’il a envoyé aux plus jeunes d’entre eux, que “ce renoncement serait fait en à d’autres jeunes, ceux qui sont morts il y a un siècle sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale […] il y aurait un côté indécent à arborer cette médaille quand ces jeunes soldats morts pour la liberté n’ont rien eu. Ce serait, surtout, l’occasion d’un vrai débat au moment où l’on fête le centenaire de la Première Guerre mondiale.” D’un point de vue moral et historique, on ne peut qu’abonder dans le sens de l’édile bourguignon-franc-comtois. Combien de combattants de 1870, 1914-1918, 1939-1945, d’Algérie, d’Indochine ou de plus récentes opérations extérieures auraient mérité, méritent le ruban rouge et ne l’obtiendront jamais ? Combien de généraux et de colonels se sont vus attribuer cette décoration en lieu et place de leurs soldats ?

L’édile semble, en revanche, oublier les règles régissant l’attribution de la Légion d’honneur. Celle-ci ne se demande pas. Les jeunes footballeurs, champions du monde et ayant, de ce fait, participé au rayonnement de la , n’ont rien demandé. Libre à eux de l’accepter et de ne pas porter le ruban rouge. Libre à eux de ne pas venir à la cérémonie de remise de cette haute distinction. Ils n’auront, alors, pas le droit de la porter. Surtout, M. Jean-Paul Pretot, en sa qualité d’ancien militaire, devrait savoir que la rouge, comme on la surnomme, “traduit le kaléidoscope des mérites de la société française sous toutes ses formes. Qu’il soit militaire, bien sûr, mais aussi sportif, prix Nobel, industriel, chanteur ou bénévole associatif, chaque citoyen ayant démontré des mérites éminents, quel que soit le domaine d’expression de ce mérite, peut être distingué dans la Légion d’honneur”, indique le site de la grande chancellerie. Et comme le disait : “Si la Légion d’honneur n’était pas la récompense des services civils comme des services militaires, elle cesserait d’être la Légion d’honneur.”

Un de mes aïeux a participé à la Grande Guerre en tant que simple soldat pendant cinq ans. Il a connu Verdun, le chemin des Dames, a été blessé d’un éclat d’obus. Il a attendu un demi-siècle. Il a été décoré à l’âge de 76 ans. Mais il ne l’a jamais porté par respect pour ceux restés au champ d’honneur. C’était son choix personnel. Pour ma part, j’aime la France qui gagne, qui rayonne à travers et je ne vois pas d’inconvénient à récompenser les talents individuels ou collectifs. Un siècle après la fin de la Première Guerre mondiale, faut-il lancer une polémique vouée à un débat stérile ?

19 août 2018

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