On a vu le visage ; et l’œil tuméfié d’Élisabeth, cette étudiante strasbourgeoise de 22 ans, accusant, avec une pointe de bel accent d’Alsace, trois hommes de l’avoir frappée parce qu’ils lui reprochaient de porter une jupe, sous ces autres yeux, distants ou fuyants, des nombreux témoins.

Le ministre délégué à la Citoyenneté, Marlène Schiappa – qui, voici quelques jours, soutenait dans un tweet « avec sororité & admiration » les jeunes filles exhibant leurs féminités suggestives à l’école ; alors même que son collègue Blanquer, amidonné, mettait en garde, sur RTL, toutes ses ouailles contre les dérives de « l’hypersexualisation » –, affirme, le mercredi 23 septembre, sur France Bleu Alsace, que « la jupe n’est pas responsable de l’agression, et la femme encore moins ».

Posons-nous cette première question : la jupe d’Élisabeth était-elle républicaine ? Le manque de clarté de la formule incantatoire du ministre Blanquer appelant, lundi, à l’adoption d’une tenue « républicaine » dans les enceintes scolaires nous suggère qu’il souhaite peut-être l’apaisement des pulsions acnéiques adolescentes par la mode barrière de vêtements exprimant à la fois la liberté, l’égalité et la fraternité ! Liberté de s’habiller à sa guise, mais comme les autres, et prêter sa casquette à son voisin. À moins qu’il n’ait eu l’idée de tenues patriotiques : songeons, avec nostalgie, aux survêtements régimentaires de nos vingt ans, bleus, à fermeture éclair blanche et rouge.

Si la jupe d’Élisabeth était bien « républicaine », mini ou pas, peut-être faut-il alors soulever ce deuxième lièvre : le rouge n’était-il pas trop agressif ; générant chez trois « braves garçons » une rage incontrôlable, semblable à celle du taureau, excité de banderilles, fonçant tête baissée contre le porteur rutilant d’une muleta provocatrice ?

Peu probable, n’est-ce pas ? Alors, reste cette troisième piste. Admettons qu’elle portât une tenue « républicaine ». Et si ces trois badauds, croisés, pour son malheur, par la jeune fille avaient trouvé là matière à meubler à la fois leur désœuvrement et un moyen direct pour marquer leur opposition violente à ces « valeurs » de la République ?

Analysant la situation avec une puissance de réflexion confondante, Marlène Schiappa ajoute : « Une femme n’est jamais frappée parce qu’elle porte une jupe. Une femme est frappée parce qu’il y a des gens misogynes, sexistes, violents, et qui s’affranchissent de toute loi et de toute règle de civilité en les frappant » (France Info).

Il est évident qu’elle ne veut pas poser, ou risquer, les bons mots à propos de cette énième « incivilité » du genre ; qu’elle ne sait – ou ne veut – s’abstraire de ce néo-parler dogmatique et lénifiant qui voile la réalité : celle de la sauvagerie de l’inculture, conjuguée, souvent, à un certain endoctrinement religieux, pour imposer des règles sociales étrangères, inconciliables avec notre mode de vie européen. À sa suite, les psychologues du vivre ensemble, adoubés par l’oligarchie de gouvernement, nous expliqueront, encore et encore, que la violence n’est pas une solution mais l’expression du mal-être des laissés-pour-compte du système, n’ayant, pour exprimer leur faiblesse, que cet unique moyen d’expression. En nous assenant que la « bienveillance » portera ses fruits rédempteurs. Logorrhée.

En agressant Élisabeth, l’un des violents aurait proféré ces mots fleuris : « Tu te tais, salope, et tu baisses les yeux. » Bien sûr, comme diraient nos élites germanopratines et nos censeurs politiques : pas d’amalgame ! Méditons quand même ce verset du Coran : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines » (Coran, sourate 24, verset 31). Simple coïncidence ? Attendons, l’enquête suit son cours…

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