Economie - Editoriaux - Union Européenne - 13 novembre 2019

La France est en faillite théorique depuis le 12 novembre

Tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de la Roumanie, de l’Italie et de la France, ont profité de l’accalmie de la crise économique pour améliorer leurs finances publiques et se rapprocher de l’équilibre budgétaire. L’Italie présente, en 2019, un déficit de 2,1 % du PIB, la Roumanie sera, elle, autour de 3 % (mais avec une croissance annuelle record de 5,5 % du PIB et un endettement modéré de 37 % du PIB). Pour notre part, nous sommes les cancres de l’Europe, avec un déficit de 3,2 % en 2019 et un endettement qui atteint 100 % du PIB.

Le gouvernement avance que la dégradation observée en 2019 est temporaire et est due au basculement du CICE vers une baisse des charges, ce qui a conduit à compter deux fois, en 2019, cette aide aux entreprises pour un montant total de 38 milliards d’euros. De ce fait, nous sommes, ce mercredi 13 novembre, en cessation de paiement et en faillite, selon l’Institut économique Molinari, cité par Europe 1.

Pas de panique, cependant : les fonctionnaires continueront à être payés, la machine économique ne sera pas grippée car nous allons emprunter pour finir l’année. Mais s’apercevoir que, dès la mi-novembre, les recettes de l’État français sont épuisées, que sur 27 pays de l’Union européenne, deux autres seulement sont dans une situation comparable à la nôtre, fait froid dans le dos. En 2020, nous ne ferons guère mieux. Le déficit est prévu à 2,2 %, c’est-à-dire le même que nous aurions atteint en 2019 s’il n’y avait pas eu le CICE. Or, en dehors des périodes de crise, les déficits ont tendance naturellement à se résorber.

La conclusion est limpide : nous avons un des pires gouvernements de l’Union, puisqu’il est incapable de pratiquer la moindre économie. Au contraire, il augmente les dépenses allègrement, car si le budget 2019 avait été reconduit en 2020 sans aucun changement, nous serions probablement en dessous de 2 %. Emmanuel Macron fait comme tous les cancres : il remet en cause la notation en prétendant que la règle de 3 % (pourtant laxiste !) date du siècle dernier. Cette affirmation outrecuidante en dit long sur l’impéritie économique du pouvoir. Pour le court terme, il n’y a aucun danger, car les taux sont négatifs, même pour les emprunts sur 10 ans.

Emprunter de l’argent pour finir ses fins de mois rapporte plusieurs centaines de millions d’euros. Pour cette raison, des apprentis sorciers (LFI, les écologistes) exigent qu’on augmente encore la dette d’une centaine de milliards d’euros pour une hypothétique révolution verte. Or, les taux vont bientôt repasser en territoire positif. Les taux à 10 ans ont déjà fait, début novembre, une courte incursion au-dessus de 0. Les taux négatifs sont, en effet, intenables sur le moyen ou le long terme, sauf à ruiner définitivement le système bancaire et les épargnants, ce qui aurait des conséquences économiques catastrophiques.

Or, si les taux atteignent 1 % (ce qui est très modéré !), nous devrons payer au marché 20 milliards par an ! Comment ferons-nous ? De même si, comme c’est probable, un krach bancaire et financier se produit en 2020, nous sombrerons corps et biens. M. Macron s’imagine être le sauveur de la France ; malheureusement, je crains que les historiens, lorsqu’ils raconteront le naufrage de notre nation, ne le présentent que comme son fossoyeur, l’homme qui aurait pu la sauver mais qui l’a définitivement enfoncée.

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