« Justice pour Lola » : des militants en garde à vue pour avoir critiqué l’immigration

Après avoir rendu hommage à Lola, quatre jeunes Parisiens ont été réveillés par la police et placés en garde à vue.
G71sguHWEAEmEpy

Face aux militants patriotes, le bras de l’État ne tremble pas. Ce mercredi 10 décembre, au petit matin, quatre membres du collectif identitaire Les Natifs ont été tirés du lit par la police et placés en garde à vue, tandis que leurs domiciles étaient perquisitionnés. Leur détention a duré pas moins de treize heures. Le motif ? On leur reproche d’avoir affiché des banderoles et d’avoir écrit des slogans sur la voie publique, devant la grille de la cour d’appel de Paris, lors du procès de Dahbia Benkired, en octobre dernier. Cette Algérienne sous OQTF a été reconnue coupable du meurtre (avec actes de torture et de barbarie) et du viol de la petite Lola Daviet, commis trois ans plus tôt.

Les slogans en question ? « Justice pour Lola », « L’immigration tue »« Clandestins dehors », « Aujourd’hui, des Algériens tuent des Français »… Ces mots ont eu l’heur de choquer la Justice, qui a décidé de poursuivre les jeunes militants pour « provocation publique à la haine ou à la discrimination » et « injure publique aggravée ».

Certains de ces militants avaient déjà été perquisitionnés puis placés en garde à vue, trois semaines plus tôt, pour un autre hommage, rendu cette fois aux victimes du Bataclan. « Bataclan, 10 ans après, l’ennemi est toujours là », pouvait-on lire sur leur banderole disposée au Trocadéro. Les slogans « Islam hors d’Europe » et « L’islamisme fait des morts sur le territoire » avaient également été utilisés dans une vidéo de la manifestation, publiée le 13 novembre sur les réseaux sociaux. Des expressions qui avaient déjà valu au collectif d’être poursuivi pour « provocation publique à la haine ou à la discrimination »… L’audience se tiendra le 28 janvier 2026.

Contactée par BV, l’Association de soutien aux lanceurs d'alerte (ASLA), qui a accepté de prendre en charge la défense des jeunes militants mis en cause, prend l’affaire très au sérieux. « Les risques théoriques sont importants : de la prison et des amendes, nous a ainsi confié son porte-parole, Pierre Larti. Nous faisons le choix de mener cette bataille judiciaire avec des arguments juridiques imparables, des avocats compétents et des militants déterminés à faire valoir leur bon droit et leur liberté d'expression. »

Un « harcèlement judiciaire »

Sur X, Stanislas, un des jeunes militants interpellés, a pris la parole. Ce nouveau placement en garde à vue, accompagné d’une perquisition, confirme, à ses yeux, la corruption morale du système en place. « Ça fait deux fois en trois semaines, c’est un rythme effréné !, s’indigne-t-il. C’est une Justice qui est politique et qui refuse que des militants patriotes se mobilisent pour la défense des leurs. Rassurez-vous, nous n’allons rien lâcher… »

Opposée à ce « harcèlement judiciaire », l’ASLA pointe du doigt le rôle trouble joué par Laurent Nuñez. « Il est clair qu'il y a une instrumentalisation politique du droit : le ministre de l'Intérieur se sert de la Justice pour mettre à terre les structures patriotes et identitaires contestatrices des politiques migratoires catastrophiques assumées depuis plusieurs années. C'est cela, la réalité de ces procédures : intimider celles et ceux qui s'opposent aux politiques d'immigrations, déclare Pierre Larti, à BV. M. Nuñez n'en est d'ailleurs pas à son galop d'essai : c'est lui, par exemple qui, en qualité de préfet de Paris, avait interdit des rassemblements en hommage au jeune Thomas de Crépol, tué par une bande de racailles, ou encore interdit préventivement un colloque de l'Institut Illiade sur la civilisation européenne. À chaque fois, l'ASLA a contesté ces interdictions devant les tribunaux et a eu gain de cause. »

Le totem sacré de l’immigration

Dans un contexte de laxisme judiciaire généralisé, l’extraordinaire sévérité des autorités envers les militants patriotes a de quoi étonner. Leurs banderoles méritaient-elles vraiment pareille dépense de temps et de moyens d’institutions publiques qu’on dit par ailleurs débordées et exsangues ? On a souvenir d’affiches et de slogans autrement plus violents ou injurieux, aperçus notamment lors de manifestations pro-palestiniennes, qui n’ont pas été suivis de poursuites. « Il est plus facile, pour M. Nuñez, d'étayer son bilan en arrêtant des jeunes gens avec une conscience politique et insérés dans la société que les narcotrafiquants, les délinquants ou l'entrisme islamiste », déplore Pierre Larti.

Il faut croire que la critique de l’immigration, fût-elle étayée et dénuée d’insultes, constitue en soi un impardonnable péché. « Il y a un choix de politique judiciaire de criminaliser ce genre de propos », a déclaré, de son côté, Me Mathieu Sassi, l’avocat des prévenus. Un constat partagé à l’ASLA : « La question de l'immigration est la ligne de rupture du XXIe siècle. Toute personne ou mouvement qui s'y oppose est immédiatement nazifié, harcelé, agressé voire déféré devant la Justice. Mais c'est un coup d'épée dans l'eau : tant les sondages d'opinion que les résultats aux élections placent la question d'un tour de vis sur la politique d'immigration au centre des préoccupations des Français. Et les prochains mois pourraient encore confirmer cette tendance. » Rendez-vous en 2026, donc.

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

93 commentaires

  1. Et ça continue encore et encore, cette justice (si on peut encore appeler ça comme ça…) à deux vitesses. Quel empressement ces juges mettent-ils à punir des Français qui disent la vérité, tout simplement. « Le jeune homme a dit la vérité, il doit être exécuté ». Si seulement ils étaient aussi rapides et sévères pour les violeurs et les assassins. Vœu pieux…

  2. Il ne semble pas que l’on ait fait preuve de la même sévérité envers ceux qui demandent justice pour Adama.

  3. L’ultra macroniste Laurent Nunez a le titre de ministre de l’intérieur mais se comporte en patron de la garde prétorienne de macron! Il envoie les blindés Centaure contre les agriculteurs, il fait mettre en garde à vue des militants qui rappellent des méfaits concernant certains immigrés, mais quand il s' »agit de lutter contre les narco-traficants, il fait de la com à 3 sous! Depuis qu’il a pris la suite de Bruno Retailleau, combien d’OQTF ont été exécutées? Quel est l’actuel taux d’exécution des OQTF? Du temps de Darmanin, le taux des OQTF exécutées était de 7%….

    • Ce n’est pas nouveau, il a commencé avec les gilets jaunes ensuite le covid et macron qui voulait , »emmerder » les non vaccinés et aujourd’hui les agriculteurs. Avec macron au pouvoir la France s’enfonce dans une dictature chaque jour plus liberticide.

  4. « provocation publique à la haine ou à la discrimination » ???? La discrimination ??? Dire qu’une OQTF qui n’avait rien à faire en France et qui a massacré de manière atroce une petite fille, ce serait de la « discrimination » pour ce BIP BIP de Nunez et ces BIP BIP BIP de magistrats, cela montre l’effondrement moral absolu de ceux qui sont chargés de faire respecter la loi.
    Nunez envoie des hélicoptères (sic) et des blindés (resic) pour mater des agriculteurs désespérés mais n’utilise pas les mêmes moyens pour rétablir l’ordre dans des quartiers « difficiles » euphémisme pour quartiers totalement « islamisés » ou les Frères Musulmans, la DZ Mafia et autres bienfaiteurs du genre Humain sévissent impunément. Mais il est vrai qu’il y a peu, ce même Nunez se refusait de faire le lien entre immigration et islamisme alors que les chiffres de son propre ministère prouvaient le contraire. Bref ce servile personnage est un parfait macroniste.
    Enfin ces jeunes militants renvoient au pouvoir socialo-macroniste et à l’état profond les résultats concrets catastrophiques provoqués par leur idéologie wokiste et tiers-mondiste. Et ça ils ne le supporte pas. Alors on embastille des jeunes gens bien élevés et on cherche à créer un label pour faire taire les médias d’opposition.
    PU…. encore 18 mois !!!!!

  5. Justice a 2 vitesse .
    On pénalise pour avoir dit la vérité.
    Espérons la relaxe .
    Comme ceux qui avait dénoncé le viol avec torture , a Cherbourg de claire par un africain.
    La cour les avaient relaxés .
    Tout comme yona de Nemesis qui avait affiché une pancarte lors d’une manifestation a Besançon.
    Deux maires de gauche qui attaquerent des identitaires

  6. En revanche, quand il s’agit d’un mouvement pour « Justice pour Naël », pas de problème, ça glisse comme dans le beurre..

  7. Bientôt, on sera traité de « fasciste » si on ose aller porter plainte après une agression commise par un non-français….Plus les conséquences de l’immigration vont dégrader la société, plus la censure et la répression contre ceux qui le dénoncent vont devenir folles….

  8. L’idée n’est pas de contrôler la parole de la droite, l’idée est de ne permettre aucune organisation de droite patriote d’exister.
    Pourquoi les black-blocks continue alors qu’à Crépol, suite à la mort de Thomas, les manifestants immédiatement qualifiés d' »Ultra droite » (merci pour une définition juridique) se sont fait défoncés ?
    La gauche est sous contrôle apparemment, a moins que ce ne fut le même parti politique.

  9. “Le totem sacré de l’immigration”. Intimider celles et ceux qui s’opposent aux politiques d’immigration, telle est la doctrine de Nunez qui ferait mieux de s’occuper de la vraie délinquance qui sévit dans les zones de non droit de plus en plus nombreuses.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois