José Maria Ballester : « Pedro Sánchez est un formidable stratège mais Vox sera décisif dans certaines régions »

Retour sur les élections en Espagne où on votait aussi pour des municipales et des régionales, avec une analyse des cas particuliers de Madrid et Barcelone, avec le cas Valls.

Les élections européennes ont été marquées en Europe par une vague identitaire. Certains pays ont néanmoins résisté, notamment l’Espagne. Le parti de Pedro Sánchez semble s’en être très bien sorti.

Il s’en est très bien sorti aux Européennes. L’écart est très large par rapport au parti populaire, qui est deuxième et par rapport à Ciudadanos. En revanche, Vox n’a que trois élus. Les élections régionales et municipales ont eu lieu dans toutes les communes et dans la plupart des régions d’Espagne.
Même si le parti socialiste a aussi gagné ces deux rendez-vous électoraux, il n’est pas sûr de gouverner dans toutes les régions et dans beaucoup de grandes communes. Je pense notamment à Madrid, région et ville.

Madrid reste-t-elle aux mains de la droite ?

C’est plus compliqué que cela. L’addition des sièges obtenus par le parti populaire, Ciudadanos et Vox est supérieure à celle de la coalition de gauche.
Est-ce que Ciudadanos acceptera que le candidat du parti populaire soit maire de Madrid ou inclinera-t-il vers une coalition avec des socialistes, avec l’abstention d’une partie de la gauche ? On ne sait jamais. Ciudadanos est la girouette assurée.

Quand Pedro Sánchez a été élu Premier ministre, on s’attendait à ce que son “règne” soit court. Néanmoins, il semblerait qu’il s’installe durablement dans le paysage politique espagnol.

Il a démontré qu’il était un formidable stratège. Personne ne le conteste.
D’une part, les affaires de corruption et les années Rajoy ont contribué à l’effondrement du parti populaire aux élections législatives.
D’autre part, un retour d’électeurs de Vox a eu lieu vers le parti populaire aux élections régionales et municipales. Vox pourra quand même être décisif lorsqu’il s’agira d’élire des présidents de région et des maires. En Espagne, toutes les élections ont lieu à la proportionnelle. En France, les municipales ont un 2e tour et la liste gagnante emporte la majorité absolue, quel que soit le résultat.

La défaite d’Emmanuel Valls aux municipales de Barcelone intéresse beaucoup la France.
Pour la première fois, Barcelone s’est dotée d’un maire officiellement est totalement indépendantiste.

Le maire n’est pas encore élu. Les jeux sont ouverts. Il pourrait y avoir une coalition entre les socialistes et la maire sortante, qui est très à gauche, mais qui officiellement n’est pas indépendantiste. Les conseils municipaux nouvellement élus se réuniront dans deux semaines.
Un maire doit bien connaître la ville et doit être proche de ses administrés. Valls est né il y a 57 ans à Barcelone, mais il est arrivé ici il y a seulement un an.
En France, en Angleterre ou en Allemagne, l’élection municipale est une élection de proximité. Monsieur Valls a fait une longue carrière politique en France, il ne connaît pas encore la ville de Barcelone de bout en bout et encore moins les codes de la politique locale espagnole.

Comment expliquer le relatif échec de Vox à ces nombreuses élections alors qu’il suscitait beaucoup d’espoir à droite ?

C’était surtout un vote de protestation. C’est d’ailleurs comme cela que ça s’est passé aux élections andalouses de décembre dernier et aux élections législatives du 28 avril. Cela dit, vu l’ampleur de la défaite du parti populaire, beaucoup d’électeurs de Vox sont revenus à la droite modérée, au parti populaire. Une opposition aussi faible face à monsieur Sánchez présentait un gros risque.
Vox va néanmoins être décisif dans plusieurs régions, notamment à Madrid et dans les communes très importantes. Il est temps pour Vox de disposer d’une équipe capable de prendre des décisions et de gouverner de façon raisonnable.

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