Editoriaux - Internet - Presse - Radio - Société - Table - 8 avril 2018

“Joey Starr”, révélatrice et repoussante icône

Courant mars, une émoustillée journaliste de “La Parisienne” révéle que Joey Starr, rappeur fondateur du duo “Nique ta mère”, “chanteur à l’image sulfureuse auprès des femmes”, sera le “premier homme en une de Playboy”.

Peu après, cette suffragette-Starr s’extasie de ce que son idole donne spectacle à l’Assemblée nationale, sur invitation de son président, François de Rugy. D’autres élogieux commentaires sur M. Starr parsèment alors une presse où M. Starr est, d’usage, gentiment qualifié de bad boy (en anglais, mauvais garçon).

Or, “image sulfureuse auprès des femmes”… bad boy…” révèlent, en fait, la corruption morale d’une presse “grand public” frelatée et celle des politiciens qu’elle hypnotise et captive. Preuve : que le lecteur cherche “Joey Starr Bad Boy” sur Internet, il lira jusqu’à écœurement les flagorneries émoustillées de sadomasochistes “journalistes”, aplatis devant lui.
Car la vie de M. Starr est une litanie de condamnations : outrages, rébellion, détention d’armes et de stupéfiants – et, sans cesse, graves violences. Le 23 août 2008, Mme Leila D. dépose plainte au commissariat du IVe arrondissement de Paris. Cette activiste antiraciste signale que son époux l’“a frappée au visage, mordue à un doigt [M. Starr mord souvent…] et lui a craché dessus” [M. Starr crache tout autant]. Ce, devant les enfants du couple… La tête de Leila D. cognée contre la baignoire, fracture du nez, hématomes, etc.

Saoul dans divers avions (2009, 2014), M. Starr a déjà agressé des hôtesses de l’air, puis été débarqué pour “comportement inacceptable”. En 1999, six mois de prison ferme pour “coups et blessures sur une ex-compagne”. En 2015, un ex-producteur et ami déplore que M. Starr “ait été incarcéré [six mois] avant une tournée, en raison d’un mouvement incontrôlé avec une machette”.

Ainsi de suite en février et juin 1999, février et mai 2000, 2001, 2002, 2003, 2005, février et juin 2009 (“violences conjugales” ; puis M. Starr délaisse la machette pour le hachoir), 2013 (en Belgique, pour changer), 2014.

Et le copain de M. Starr (acteur d’un de ses clips) Boualem “Boubou” Talata, gros narcotrafiquant de Dreux, abattu le 19 novembre 2000 (deux balles dans la tête, guerre avec le gang des frères Amar, Khaled et Saïd D.).

Et M. Joey Starr, poète de “Quelle gratitude” (je le cite) :

“Quelle gratitude devrais-je avoir pour la France ?
Moi Joey Starr qu’on considère comme un barbare
Donc j’encule tous ces moutons de fonctionnaires
tous ces pédés de militaires…”

(Je dispense les lecteurs des 53 autres vers du “poème” – souvent pires).

Là, une question : M. Starr en une de Playboy… Choyé à l’Assemblée nationale… Face à celui dont les victimes féminines, rossées, mordues et couvertes de crachats, ne se comptent plus, où sont les féministes et ardents partisans du droit des femmes ? Et les activistes LGBT-etc. (“pédés de militaires”) ?

Rien. Silence radio : Osons le féminisme ! n’ose rien, les Chiennes de garde ont perdu leurs crocs ; les LGBT-etc. sont aux abonnés absents.

Ainsi dégénère la société du spectacle, de féminisme bidon en journalistes et politiciens vautrés et complices.

Parfois, l’auteur de ces lignes se confronte à de tels pantins de la société-du-spectacle. Poussés dans leurs retranchements, ils finissent d’usage par bêler “Nous n’avons pas les mêmes valeurs”.

Enfin, une phrase juste !

Eux et moi n’avons pas les mêmes valeurs – ça, non.

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