Editoriaux - Justice - 28 janvier 2019

Jeudi, va-t-on rentrer dans le mur… des cons ?

Il tombait à pic pour certains, le mouvement des gilets jaunes. Surtout pour ceux qui ne voudraient pas voir leurs affaires trop médiatisées. Ainsi, début décembre, pendant que les commentateurs dissertaient longuement sur la vandalisation de l’Arc de Triomphe, le procès du Syndicat de la magistrature, afficheur du mur des cons, s’ouvrait dans la plus grande discrétion médiatique. Cinq ans d’instruction pour une mini-vidéo butinée par un journaliste (par ailleurs seul puni à ce jour) : à cette aune, Nordahl Lelandais sera mort de vieillesse avant son procès !

On se souvient que sur le mur de ce local syndical étaient épinglées les photos de diverses personnalités de droite, celles du Front national bien évidemment, mais aussi de Sarkozy et d’une bonne partie de son gouvernement, des journalistes, etc. Mais, plus gênant, celles, aussi, de parents de victimes, dont le père d’Anne-Lorraine Schmitt, assassinée de 34 coups de couteau pour avoir protégé sa vertu dans le RER face à un violeur récidiviste.

Le Monde a relaté l’échange entre la présidente du tribunal et celle du Syndicat à l’époque des faits :
“Avez-vous fait une enquête pour savoir qui l’avait mis là et pourquoi ?
– Ça n’avait pas de sens de chercher à le savoir.
– Alors personne, au Syndicat de la magistrature, ne peut dire à M. Schmitt pourquoi il est sur ce mur ?
– Il avait des positions sur la justice que nous contestions.
– Lesquelles ?
– Il était membre de l’Institut pour la justice, qui avait des positions de droite dure.
– Alors, ces personnes ont été épinglées parce qu’elles sont de droite, c’est ça ?
– Nous menions un combat politique.
– Mais M. Schmitt n’est pas un homme politique !
– Ce n’est pas sa personne qui est visée…
– Mais c’est sa photo, assène la présidente.”

Les médecins et les avocats ont été formés à défendre les intérêts de leurs patients/clients comme s’ils étaient leurs proches parents, quelles que soient leurs opinions. Le même scrupule est-il bien martelé à l’École nationale de la magistrature ?

Après 1968, des générations d’élèves y ont appris leur métier sous la houlette d’un directeur de l’ENM qui pouvait sans crainte enseigner qu’il fallait, “en se basant sur une véritable analyse en termes de lutte des classes, trouver sur le terrain judiciaire les modes d’expression de celle-ci, participer à la création de contre-valeurs qui permettent aux juges de rendre des décisions dans un sens socialiste”. Et la liste serait longue de ces déjections trotskistes, conséquences de l’abandon d’une mission régalienne de l’État à une corporation administrative incontrôlée, où le coup de pied au cul ascensionnel dans la hiérarchie tient généralement lieu de punition majeure.

Et il y a encore des gens pour affirmer “Je fais confiance à la justice de mon pays”…

Rappelons que la relaxe a été requise par le procureur et que le jugement a été mis en délibéré le 31 janvier : ce jeudi…

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