Ce jeudi 16 septembre marque un immense échec pour la France : l’Australie, qui avait signé en 2016 un contrat impliquant l’acquisition de 12 sous-marins Attack de Naval Group, a annoncé la rupture de cet accord. Le montant du contrat était estimé à 50 milliards d’euros.

Canberra a préféré se tourner vers les États-Unis et le Royaume-Uni, se liant avec eux par un nouveau pacte baptisé AUKUS. Le député européen Jérôme Rivière réagit au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

 

Un contrat à 60 milliards vient de passer sous le nez de la France. La France devait livrer des sous-marins à l’Australie et finalement cette dernière a préféré se tourner vers l’Angleterre et les États-Unis. Quel était précisément ce contrat et quels en étaient les enjeux ?

C’est absolument terrible parce que ce contrat a été signé il y a cinq ans. Il portait sur douze sous-marins. Ce chantier était la colonne vertébrale de la vision Indo-Pacifique de la France. Les ambitions chinoises sont compliquées et viennent peser sur l’ensemble de la planète. Nous avons des intérêts importants en jeu dans cette région Indo-Pacifique. C’est un immense échec pour Emmanuel Macron.

Les Australiens ont préféré se tourner vers les Anglais et les Américains. Qu’est-ce que cela dit de la relation qu’a la France avec nos « alliés » américains et nos « alliés »  anglais ?

Nous sommes dans une concurrence mondiale. On n’a pas d’alliés, mais des concurrents en matière de politique de vente de matériels d’armement. C’est une double mauvaise gestion politique et une terrible gestion industrielle, alors que pour l’Australie c’est un contrat essentiel. Aujourd’hui Naval Group se retrouve quasiment sans capacité de remporter des contrats. Il y a des projets de sous-marins en Indonésie et aux Philippines. On voit bien que ce ne sont plus les Français de Naval Group qui seraient en position d’avoir un leadership industriel là-bas.

Par ailleurs, ce contrat va poser des problèmes à l’industriel qui va devoir les penser. 15 000 personnes travaillent sur ce chantier et il n’y a aucun contrat export. Il n’y a plus de contrats avec la marine nationale. Les chantiers de Brest, de Cherbourg et de Lorient seront fortement impactés. On peut craindre des milliers de pertes d’emplois.

Lorsqu’on lit le communiqué du ministère des Armées, on s’aperçoit que les mots employés sont notamment «  on regrette ». D’un point de vue extérieur, on ne se révolte pas plus que cela.

Encore une fois c’est échec diplomatique est terrible. C’est la politique d’Emmanuel Macron donnant des leçons à la terre entière et refusant d’entrer dans les relations serrées permettant de partager une vision. Nous aurions pu trouver un meilleur accord avec les Américains pour leur expliquer que nous avions des échanges à faire avec eux et qu’ils pouvaient compter sur nous face à cette menace chinoise grandissante. Mais nous avons préféré rester soumis dans une OTAN qui nous réduit à des faire-valoir concentrés exclusivement sur les théâtres européens et africains. C’est un très grand échec qui mérite une double réflexion industrielle et repenser notre stratégie diplomatique.

Vous êtes député européen. Peut-on attendre une réaction de soutien de la part de l’Union européenne vis-à-vis de la France ?

 

Je n’attends rien de l’Union européenne. Madame Von der Leyen n’a aucune stratégie industrielle particulière. Pour eux, c’est la loi du marché donc finalement ils se réjouissent que le marché fonctionne. Il ne faut pas se tourner vers l’Union européenne surtout en matière de défense. Ce qui sera proposé par Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle sera de retrouver la totalité de notre souveraineté. Plus précisément, retisser des liens français avec un certain nombre de pays de cette région Indo-Pacifique.

16 septembre 2021

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