Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, annonce qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de , pour porter un projet « conservateur ».

Il explique les raisons de cette candidature au micro de Boulevard Voltaire.

 

Dans Valeurs Actuelles, vous avez annoncé votre candidature à l’élection présidentielle en 2022. Pourquoi vous lancer dans cette grande aventure ?

Je pense que la France est dans un état tel que le silence n’est pas possible et que la contestation et le déroulement du projet politique d’Emmanuel Macron n’est pas possible. La passivité face à l’incapacité des formations dites d’opposition à présenter un projet uni et suffisamment conservateur et réformateur à la fois pour rassembler les Français n’existe pas.
Devant ces différentes carences, considérant que j’étais capable de constituer ces projets conservateurs et réformateurs, que je ne voulais pas rester dans le silence et la passivité et que je voulais contribuer au redressement de mon pays, j’ai décidé de me porter candidat.

Vous ne voyez personne ni chez Les Républicains ni Marine Le Pen ni Nicolas Dupont-Aignan pour porter un tel projet…

La priorité est l’attachement à ce qui fait le patrimoine de la France, la culture, ses frontières et son territoire. Il y a aussi les aspects nouveaux. La société souffre aujourd’hui d’un délitement moral. On ne va pas se le cacher. C’est vrai pour la morale civique, mais aussi pour la morale des responsables politiques et la morale quotidienne. C’est la raison pour laquelle, on ne peut pas être souverainiste tout court. Cela ne veut rien dire. Il faut être souverainiste, mais il faut être à la fois conservateur et réformateur. Non, je ne vois personne qui assume cette synthèse et qui soit prêt à la porter devant les Français.

Qui sont ceux à qui vous voulez parler ?

Je veux parler à tous les Français par définition. Les présidentielles s’adressent à tous les Français. Ceux qui votent et également ceux qui vivent en France. Je pense que les Français sont beaucoup plus conservateurs que ce que l’on pense. Je crois que personne n’est satisfait de voir qu’à 100 mètres de chez lui, il peut se faire trucider ou agresser. Le mouvement des Gilets jaunes est profondément conservateur. Les gens ont envie de garder leur maison, leur mode vie. Ils ont envie de vivre comme ils l’entendent et ne veulent pas se faire imposer un mode de pensée ni des rapports politiques différents de ce qu’ils veulent. Il y a beaucoup plus de conservateurs dans la France d’aujourd’hui.

Sur les réseaux sociaux, en voyant le potentiel nombre de candidats à droite, certains appellent à la création d’une « primaire » un peu dans l’idée de ce qu’avait proposé Nicolas Dupont-Aignan il y a quelques mois. Seriez-vous prêt à passer par une primaire ?

Clairement non ! Il fallait aller à la primaire en 2016, quand il fallait battre François Hollande et empêcher d’autres candidats d’émerger. J’ai joué le jeu en 2017, car je considérais que la situation était suffisamment grave pour le faire. Je ne regrette pas de l’avoir fait. Je constate que tous ceux qui veulent des primaires aujourd’hui parce que ça les arrange n’y sont pas allés en 2017 parce que ça les arrangeait. Ceux qui veulent faire des primaires qu’ils le fassent. Je considère que je n’ai pas besoin de cela, et je n’ai pas besoin de passer par cette case pour aller à l’élection présidentielle. S’ils décident une primaire, je regarderais les résultats avec attention.

17 juillet 2020

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