Jusqu’à quand allons-nous supporter cette mascarade ? Jusqu’à quand nos vieux emprisonnés dans leurs EHPAD ? Jusqu’à quand la guignolade du masque en tout temps et en tout lieu ? Jusqu’à quand les commerces fermés ? Jusqu’à quand l’interdiction du sport ? Jusqu’à quand les gamins privés de socialisation ?

Assurément, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Pas de la maladie, non, mais de la peur instillée au quotidien à mesure qu’on nous prive des gestes élémentaires de la vie. La mort économique et sociale d’une France où l’on nous transforme en veaux jour après jour, histoire, sans doute, de donner corps à la prophétie du général dont tout le monde, aujourd’hui, revendique la filiation…

Comme Philippe Douste-Blazy, qui se « désolidarise » du film Hold-up où il apparaît pourtant abondamment, abandonnant tout à coup les attributs du courage qui lui avaient poussé, les Français acceptent sans rechigner les injonctions aussi liberticides que contradictoires. Il y en a bien quelques-uns, audacieux, qui de temps en temps énoncent quelques vérités d’évidence, tel ce docteur barbichu dont j’ai oublié le nom, habitué des plateaux, qui, remisant ses assurances sanitaires au vu des piètres résultats du reconfinement, a osé déclarer, l’autre jour, que « vivre, c’est aussi bon pour la santé ». Grande découverte scientifique !

Qu’importe, le Monsieur Déconfinement ne veut plus déconfiner. Ce qui lui a valu son costume de Premier ministre est, aujourd’hui, le sujet de son mea culpa : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, dit-il, je n’aurais pas dû vous laisser sortir. Alors, il nous prépare au long tunnel de l’hiver, et plus si affinités, afin de donner aux Français une « perspective » jusqu’à « l’été prochain ». Et pourquoi pas 2021, ou 2025, ou jamais ?

« Peut-être que nous avons déconfiné un peu trop », dit Castex, « peut-être, aussi, que le peuple français a cru que cette épidémie était derrière nous et que les gestes barrières n’ont pas été respectés avec suffisamment de zèle ». Il s’emmêle les pinceaux, assure, d’un côté, que la possibilité d’une deuxième vague et d’un reconfinement était « prévue, anticipée » (sic) et, de l’autre, qu’« il était extrêmement difficile d’anticiper la brutale accélération pandémique ». Anticipée par qui, prévue comment ? Par la fabrication de faux positifs en masse via un test dont chacun admet qu’il n’est pas fiable ?

En attendant la Saint-Glinglin et le droit – peut-être – d’aller marcher dans le sable, Français, soyez sages. Augmentez vos doses de tranquillisants et portez le masque, y compris à la maison, même si « on a l’impression que “M. Virus” n’y pénètre pas ».

Hélas, les commerçants seront tous morts avant la Saint-Glinglin, mais les plates-formes de vente en ligne, elles, seront florissantes. Avant un très hypothétique Noël à l’air libre se profile, en effet, le Black Friday (le 27 novembre), « un vendredi noir qui n’a jamais aussi bien porté son nom », comme l’écrit Sophie Coignard, dans Le Point. Mais si « les commerçants privés d’activité n’entendent pas assister en spectateurs à un événement que les plates-formes de vente en ligne préparent avec frénésie et renoncer ainsi à trois jours de forte activité traditionnellement consacrés aux achats de Noël », le Premier ministre n’entend pas céder. Fermés ils sont, fermés ils resteront, foi de Castex !

C’est donc la bagarre au sommet entre Bruno Le Maire, qui annonce, lundi, une réouverture possible des petits commerces, ce 27 novembre, et , qui dément aussitôt car il ne veut pas capituler devant « une opération commerciale », rejoint, dans la foulée, par un tétanisé à l’idée de finir devant les tribunaux si la France se remet à tousser.

Ces gens-là se sont découvert une passion : l’interdiction. Quelque chose me dit que c’est pour longtemps.

18 novembre 2020

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