C’est un fait : l’ultra-violence se répand en France comme une traînée de poudre. Les zones de non-droit font, en effet, montre d’une sauvagerie exponentielle : règlement de comptes en plein jour à Nice (le 20 juillet), lynchage d’une femme à Lille-Moulins (le 18 juillet), sans oublier le tabassage à mort d’un chauffeur de bus à Bayonne (le 6 juillet) et la bataille rangée entre Maghrébins et Tchétchènes à Dijon (dès le 15 juin, et durant plusieurs jours). En attendant, les coups de menton ne s’usent guère, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin ayant déclaré qu’il voulait faire « plier ceux qui veulent faire plier la République », le 23 juillet. De la rhétorique à bon compte, mais qui ne solde rien, si ce n’est la foi en la politique. Ou des pudeurs pour ne pas dire que des territoires menacent la France en tant que telle.

Art du « en même temps » oblige, la Macronie ne peut que se contredire :
1) Le nouveau garde des Sceaux, l’avocat Éric Dupond-Moretti, prend le parti des criminels en citant pompeusement Victor Hugo (le 13 juillet) et n’hésite pas à se faire acclamer par les prisonniers de Fresnes (le 7 juillet), autrement dit des chimères qui font de la pauvreté la seule cause de la délinquance.
2) Le candidat Macron de 2016-2017 encourageait la « jeunesse » à devenir milliardaire, ceci laissant entendre que le bonheur ne peut qu’être matériel et que tous les moyens seraient bons pour s’enrichir.
3) Son socle électoral, largement sociétaliste, milite pour la légalisation de la consommation « récréative » du cannabis, ou plutôt de sa résine associée à des substances durablement toxiques, notamment à de la colle, de la cire, terre, henné, laque, sable, talc, hydrocarbures aromatiques, pollen, microbilles de verre, sable, microbilles de silice, voire à du plomb, selon le site Stop-cannabis.

En somme, seul l’ordre libéral-libertaire assoit son autorité (morale) dans le pays depuis les années 70, cette idéologie qui « interdit d’interdire » et qui s’appuie, bien maladroitement, sur la thèse foucaldienne selon laquelle « la prison ne peut pas manquer de fabriquer des délinquants », dans Surveiller et punir. Naissance de la prison. Voilà, donc, un anticarcéralisme qui va de pair avec le festivisme frénétique, à l’instar de la récente complaisance affichée à l’endroit de la rave party clandestine du 13 juillet, dans la Nièvre, et ce, en dépit de la constante virulence du Covid-19.

Pourtant, l’Histoire n’a-t-elle pas enseigné qu’une nation tout entière peut se retrouver brisée par la toxicomanie ? En l’occurrence, les Anglais n’avaient-ils pas affaibli la en y inoculant massivement l’opium via son Inde britannique, principalement de 1839 à 1860, cela faisant de l’empire du Milieu « le malade de l’Asie » ?

Dans cette perspective, l’État français est, à présent, à la croisée des chemins : soit rétablir l’ordre, “quoiqu’il en coûte”, pour reprendre une formule présidentielle, sur les territoires dits de “reconquête républicaine”, soit continuer d’acheter la paix sociale, à l’image des habitants des centres-villes qui se fournissent chez les guetteurs des banlieues.

Ainsi, dans une civilisation où toute consommation vaut micro-action, le client-zombie de ces caïds n’est définitivement pas Charlie et constitue la cause ultime de la déliquescence de notre patrie. Entre concordance des temps et incohérence des êtres…

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