Immigration irrégulière en France : entrer sans droit, repartir avec une prime
L’Est républicain du 12 juillet retrace une histoire concrète, révélatrice comme toujours des innombrables failles de la politique migratoire française. Une Algérienne est entrée en France avec un visa de tourisme dans l’idée d’obtenir un visa de travail (première entourloupe). Trois ans plus tard, elle est toujours là (deuxième entourloupe) et elle a un enfant. Voyant qu’elle peut obtenir des aides au retour dans son pays d'origine, elle envisage le voyage. Et décide de demander... 5.000 euros pour monter son atelier de couture en Algérie. Sans quoi, elle reste. Un chantage d’autant plus manifeste que l’affaire est médiatisée. Cette situation, la France l'a elle-même créée en offrant ce type d’aides au retour, alors même qu’elle devrait surtout empêcher les arrivées.
« Aide au retour volontaire »
« Vous êtes en situation irrégulière ? Une aide au retour peut vous être accordée si vous quittez la France pour retourner dans votre pays d’origine. Votre retour doit être volontaire. » Ces trois phrases résument à peu près tout de l’incohérence française. Elles sont écrites en gras sur le site etrangers-en-france.interieur.gouv.fr et introduisent un chapitre intitulé « L’aide au retour volontaire » dans lequel il est expliqué aux clandestins comment bénéficier d’une aide financière de la France.
Cette aide s’adresse aux personnes dont la demande d’asile a été rejetée, à celles qui se désistent de leur demande d’asile et aux individus en situation irrégulière - autrement dit, à tous les étrangers qui ne sont pas autorisés à séjourner en France. « L’aide vous est accordée si vous avez une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ou une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) », précise le site.
La France offre une « assistance administrative » pour l’obtention d’un laissez-passer consulaire, l’organisation et le financement du voyage : « Billet d’avion, bagages dans la limite autorisée par la compagnie aérienne, transfert du domicile à l’aéroport de départ (si besoin) et une aide financière remise au moment du départ. »
À ce sujet — [L’INVITÉ] « Nos aides sociales généreuses vont attirer les migrants régularisés par l’Espagne ! »
Paradoxe: inciter à venir… et à partir
Résumons : monsieur X et madame Y sont en France clandestinement. S’ils sont gentils et qu’ils acceptent de rentrer chez eux de leur propre chef, la France les y aide. Le montant de la prime dépend du pays d’origine, du nombre de personnes composant une même famille quittant la France et de la durée écoulée entre la notification de l'OQTF et la date de validation de la demande d'aide formulée auprès de l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration). Elle peut aller de 0 euro à 2.500 euros, voire 3.500 euros en cas de régime dérogatoire. L’aide se veut incitative.
Pour l’être encore davantage, elle peut être complétée par une « aide à la réinsertion » pour les ressortissants de plus de vingt pays. « Un maximum de 400 euros par adulte et 300 euros par enfant mineur à charge » peuvent être versés dans le cadre d’une simple réinsertion sociale, mais cela peut être bien plus pour une formation dans le pays d’origine (jusqu’à 4.000 euros), et encore plus si la personne retournant dans son pays veut créer une entreprise. La France lui offre alors « entre 2.450 euros et 5.000 euros en moyenne », selon la page Web dédiée à l’aide. Le site Zoom Algérie avance, lui, des chiffres encore plus élevés pour les Algériens, du fait des accords bilatéraux entre les deux pays : « Cette aide à la réinsertion peut atteindre 7.000 à 10.000 euros. »
Coût moyen : 2.500 à 4.000 euros
La France est généreuse, très généreuse. Si l’on en croit un rapport de 2019 signé de l'actuel ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, ces aides seraient également économiques, car « le coût moyen d’un éloignement forcé est estimé aux environs de 14.000 euros », tandis que « le coût moyen d’un retour aidé est estimé entre 2.500 euros et 4.000 euros ». Une fourchette qui, a priori, ne prend pas en compte l’aide à la réinsertion et réduit donc fortement et artificiellement l’écart de coût entre départ forcé et départ volontaire.
Et quand bien même l’économie serait substantielle, le jeu en vaut-il la chandelle ? En matière d'immigration, la France n’a décidément pas le sens des priorités. Pas plus qu'en matière d'aide, d'ailleurs, puisqu'aucun dispositif similaire n'est proposé aux Français souhaitant créer une entreprise... sur le sol de France.
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51 commentaires
Ben voyons….
C’est hallucinant ….!
Le sujet mérite d’être abordé sur les programmes que les candidats à la présidentielle présenteront aux électeurs !!! CHICHE
Qui aura le courage , le mensonge et la lâcheté étant les qualités premières de nombres de ces personnages.
Folie pure
Le jour où on renverra fermement et systématiquement tous ceux qui viennent sans en avoir le droit, tous comprendront que ce n’est pas la peine de faire un tel effort pour rien. Le flux et les dépenses se tariront automatiquement ; on pourra alors étudier tranquillement au sein des consulats, cas par cas, les vœux d’immigration, et autoriser l’arrivée de ceux qui auront toutes les chances de réussir leur intégration. On pourra les accueillir correctement, les aider à s’adapter et à se forger un avenir ici.
Utopie ! Car nos dirigeants n’en ont ni l’envie ni le pouvoir.
Cette Algérienne connait bien la loi française et elle aurait tort de ne pas l’utiliser à son profit. C’est l’état français qui est bête. Raccompagner d’office un clandestin frappé d’OQTF aux frais de l’Etat, soit, car on n’a pas le choix ; si on veut qu’il quitte le territoire, il faut lui payer son billet d’avion, et éventuellement l’équivalent de deux ou trois journées de nourriture et de deux ou trois nuits d’hôtel bon marché dans son pays (pour rester « humain »). Mais ne lui donnons pas en plus un pactole, au risque de le voir revenir.