À notre époque, malheureusement peu de personnes sont passionnées par l’Histoire mais, pire, dans notre société, peu de personnes s’intéressent à l’Histoire de France, préférant se contenter de gober des théories très souvent colportées par une certaine élite bien-pensante.

Ce qui s’est passé en Martinique, le dimanche 26 juillet, avec le déboulonnage et même la destruction de la statue de à Fort-de-France, au nom du mouvement #BlackLivesMatter, confirme qu’une partie de nos concitoyens sont soit totalement incultes soit magnifiquement manipulés par le système.

Remettons l’église au centre du village.

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie est née en Martinique dans une famille installée sur l’île depuis déjà plus d’un demi-siècle. Elle a, très tôt, été en contact avec les populations amérindiennes et noires, notamment employées par sa famille et ses proches dans leurs plantations.

Comme tous les békés, elle fut confrontée aux réalités de l’esclavage, sans pouvoir changer un système en place.

Marie Josèphe Rose Tascher de la Pagerie épouse, en 1779, Alexandre François Marie, vicomte de Beauharnais, militaire né également en Martinique, descendant d’une famille dont la fortune découle beaucoup de l’esclavage. Elle devient alors la vicomtesse Alexandre de Beauharnais. C’est sous ce statut que le monde va découvrir celle qui deviendra l’amante de , puis l’impératrice Joséphine.

L’Empereur aimait éperdument Joséphine, c’est incontestable ; certains de leurs contemporains, relayés par des historiens, affirment même que Napoléon était sous l’emprise morale de son épouse : c’est possible, mais ça remet en question le génie du stratège et, sur ce point, on est en droit d’émettre des doutes puisque, l’impératrice étant détestée du clan Bonaparte, les rumeurs les plus folles pouvaient être lancées afin de la décrédibiliser.

Dans Le Mémorial de Sainte-Hélène, récit dans lequel Emmanuel de Las Cases recueille les mémoires de Napoléon, l’Empereur, voulant se justifier d’avoir rétabli l’esclavage, accuse les colons esclavagistes et son ex-épouse, Joséphine, d’avoir fait pression sur lui. Alors sur ce point, faisons un focus sur la Martinique. L’île est occupée par les Anglais de 1794 à 1802 : l’esclavage ayant été aboli par la France en 1794 mais pas par l’Angleterre, cette abolition n’a jamais été appliquée en Martinique. La France récupère l’île en mars 1802 et la loi rétablissant l’esclavage dans les colonies est signée par Napoléon en mai 1802… Ce sont donc les Anglais qui ont empêché à la Martinique de profiter de l’abolition de l’esclavage en France, votée en 1794 à l’initiative de l’abbé Grégoire.

Joséphine de Beauharnais n’a certainement pas été la plus fervente des anti-esclavagistes, mais puisqu’on en est au stade des mystifications, rappelons que Barras, dans ses Mémoires, prête à Joséphine « des rapports avec des nègres », d’où serait même issue une fille : pour une raciste, une esclavagiste, on est loin du pedigree de certains caciques de la traite négrière.

Joséphine de Beauharnais, la jolie béké, a donné à la Martinique une impératrice et il était tout à fait normal qu’une statue soit érigée en son honneur sur son île natale.

Déboulonner aujourd’hui ce monument sous couvert de lutte mémorielle contre les esclavagistes, c’est ne point savoir lire l’Histoire. Mais, pire, où sont les autorités ? Pourquoi le préfet a-t-il laissé faire ?

Ils peuvent déboulonner et détruire la statue de Joséphine de Beauharnais, ils ne pourront jamais effacer son histoire : elle est martiniquaise, elle est et restera la fierté de l’île, n’en déplaise aux racialistes et décoloniaux.

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