Le coronavirus est une bête sournoise, un sale truc discriminant. D’ailleurs, c’est simple, alors que nos amis québécois l’appellent « LA » Covid-19, nous, Français, persistons à ignorer les recommandations de la Faculté et lui attribuons le genre masculin : « LE » Covid-19. C’est dire s’il est moche, donc mâle, si j’en crois les féministes qui nous gouvernent.

Cette dernière remarque, je le précise, fait référence aux réflexions d’Alice Coffin, conseillère EELV à la mairie de Paris, lesbienne militante aujourd’hui très en froid avec , et qui a déclaré : « Ne pas avoir un mari, ça m’expose plutôt à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée. »

Donc, le Covid-19 est nécessairement masculin. Ce faisant, il est également moche et discriminatoire. Atteint de gérontophobie et de grossophobie. Les études montrent, en effet, qu’il cible majoritairement les mâles en surpoids, sa gourmandise préférée étant l’individu masculin obèse âgé de 70 ans et plus. Pas joli joli… Du coup, le Premier ministre britannique , lui-même atteint de cette triple tare – mâle, en surpoids et « covidé » – a décidé de mettre ses concitoyens en cure d’amaigrissement, et principalement les enfants, dont un sur trois est obèse à la sortie de l’école primaire, soit autour de 10 ou 11 ans.

Il faut dire que la situation, au Royaume-Uni, est plus qu’inquiétante. (Sans doute ne l’est-elle pas moins chez nous, mais on se garde de publier les chiffres.) Selon les données gouvernementales rapportées par Le Figaro : « Le taux de l’obésité infantile a doublé dans le pays en l’espace de trente ans. Près des deux tiers (63 %) des adultes sont également au-dessus d’un poids considéré comme sain, avec 36 % en surpoids et 28 % en obésité. » Selon une estimation du Guardian, l’ensemble des mesures envisagées par le gouvernement pour affiner la silhouette des Grands-Bretons avoisinerait les 10 millions de livres (11 millions d’euros).

Boris Johnson qui, il y a peu, s’apprêtait à abolir la taxe sur les boissons sucrées (entrée en vigueur en avril 2018) au motif qu’il ne voulait pas de « taxes sur nos péchés » et reprochait à l’État sa propension au maternage, est donc parti en croisade. « Perdre du poids est difficile, mais avec quelques petits changements, nous pouvons tous nous sentir plus minces et en bonne santé », dit-il à ses concitoyens. Une conversion due sans nul doute à la maladie qui l’a conduit lui-même en service de soins intensifs et l’a fait fondre de quelques kilos.

Au programme, donc, l’interdiction à la télévision et en ligne de la pub pour la malbouffe avant 21 heures, « quand les enfants sont les plus susceptibles d’y être exposés », dit Boris Johnson. Dans le même ordre d’idée, interdiction est faite aux grandes surfaces de promouvoir les cochonneries en tête de gondole, « comme devant les caisses ou à l’entrée ». Enfin, des campagnes inciteront les gens à faire de l’exercice, soutenus en cela par les médecins généralistes autorisés à « prescrire des sessions de vélo ».

Voilà du concret, au moins. Nous n’en sommes pas là, de ce côté de la Manche. Pour l’instant, on compulse les vingt-deux pages de recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’on s’interroge sur les contradictions qu’il va falloir gérer si jamais la canicule s’installe. J’explique : en cas de canicule, on conseille de fermer fenêtres et volets ; fenêtres et volets qu’on nous conseille d’ouvrir en grand pour aérer et chasser les miasmes « covidiens ». Idem pour les ventilateurs dans les EHPAD : bien pour rafraîchir les vieux mais propagateurs de postillons « virussés ». De même conseille-t-on aux personnes écrasées de chaleur d’entrer dans les lieux clos rafraîchis par la clim… tout ce qu’il faut, justement, éviter pour ne pas attraper le virus.

Quand on vous dit que la bête est sournoise…

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