« Ils ne se rendent pas compte de ce que nous avons préparé, c’est-à-dire nos enfants… » dixit Yassine Belattar

« Ils ne se rendent pas compte de ce que nous avons préparé, c’est-à-dire nos enfants », dixit Belattar aux musulmans de France. Comme cette phrase en dit long.

Yassine Belattar s’enfonce, une nouvelle fois, dans l’outrance : après avoir déconseillé, sur RFI, le 22 octobre, au ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer de « mettre les pieds dans le 93 » – le ministre s’était simplement contenté de défendre une position républicaine, autrement dit neutre, sur le voile islamique –, l’humoriste a tenu des propos peu amènes à l’endroit des Français d’origine, à l’occasion du dernier rassemblement parisien contre l’islamophobie, organisé le dimanche 27 octobre.

D’abord, il n’a pas hésité à proclamer devant ses coreligionnaires : « Nous ne sommes pas dans un projet d’assimilation […] La France doit s’habituer au fait que nous restons […] Mon grand-père a défendu ce pays, mon père l’a bâti et moi je le revendique […] Ils ne se rendent pas compte de ce que nous avons préparé, c’est-à-dire nos enfants » (cf. article paru sur le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le 28 octobre). Un discours clairement sécessionniste. Cette fois-ci, qui attise les haines ?

De manière subreptice, encore, l’ancien conseiller présidentiel des villes de la Macronie (nommé en 2018 et démissionnaire via une lettre ouverte parue dans le quotidien Libération, le 17 octobre) renvoie dos à dos la gauche sociale et la droite nationale, reprochant à la première son égalitarisme et, à la seconde, son identitarisme. Pour autant, il se garde bien de cibler l’extrême centre de son ami le président de la République, l’idéologie ultralibérale qui use à souhait de l’immigration de masse pour peser à la baisse sur les salaires. Par ailleurs, selon une enquête de Mediapart, l’ancien animateur de Radio Nova serait un multirécidiviste en matière d’injures et de menaces, tout en faisant de ses origines arabo-musulmanes un socle devant déterminer ses actes. In fine, les idées antiracistes étant devenues folles, il est donné à n’importe quel enfant de l’immigration de se prendre pour le Malcolm X de sa communauté.

Enfin, en ce jour de gloire pour lui, Belattar devait conclure ainsi : « Il n’y a que des médecins et des ingénieurs qui arrivent. » Seulement, pourquoi l’ascension sociale, émanant de quelque personne de ce soit, ne serait-elle pas louable ? Puis n’y aurait-il pas, d’abord, beaucoup trop de médecins étrangers dans les hôpitaux publics (d’après Éric Favereau, pour Libération, « Hôpital : le tabou des médecins aux diplômes étrangers », le 28 décembre 2017) ? Et la plupart de ces « ingénieurs » ne sont-ils pas, pour le moment, des individus de faible niveau socioculturel, obligés de se cantonner dans les services ? En définitive, Belattar et le reste de la gauche sociétale haïssent la nation, le seul bien des pauvres. Surtout, l’unique terreau des Lumières et des anti-Lumières : le lieu de tous les conflits.

À lire aussi

Réforme des retraites : Macron face à Bercy 

De façon définitive, la carrière n’est plus unilatérale, puisque nomadisée par les circons…