Armées - Editoriaux - 2 décembre 2019

Ils étaient treize

Ils étaient treize. Treize beaux soldats dont les portraits s’affichent sur l’écran. Certains aux joues encore enfantines, d’autres aux traits burinés. C’étaient des hommes. Courageux, fiers. Là-bas, au milieu de ces pierres rouges, ils nous protégeaient. Ils protégeaient leur France. Notre France.

Le désert rouge où parfois trottaient un chamelon et sa mère. Peut-être des scarabées, des fennecs. Et ces petites vies les enchantaient sûrement, dans les vents de sable, la chaleur, loin des leurs.
Certains avaient peut-être l’accent chantant de nos belles provinces, Gap, Pau, Varces, Saint-Christol… C’était la fraternité sous la tente, la cantine, le courrier, le téléphone.
Des parents, des compagnes, des enfants, des amis.
Ils étaient forts, courageux, admirables, aimant la France et son drapeau. Bleu, blanc, rouge. Ils auraient pu être mes enfants.
Les enfants de la France.

Pensaient-ils parfois aux rivières chantantes comme leurs accents, à leurs montagnes enneigées où les fleurs éclatent au printemps, à leur océan, à ces paysages, ces petits villages, à l’église à girouette, au café du coin, aux croissants du boulanger, à la baguette chaude… Rêvaient-ils des vastes forêts de France où ils faisaient des balades, ces hommes si droits, si fiers, avec cet air magnifique dans l’œil, ce beau pays de France qu’ils chérissaient, protégeaient, défendaient.

Chers parents, compagnes, enfants, amis, votre chagrin est immense.
Le mien aussi, le nôtre aussi.
Au revoir, treize beaux soldats, treize humains de si grande qualité, aux visages si fiers, aux regards si droits. Exemples d’êtres humains magnifiques. Je le vois à vos portraits, à votre engagement, à votre amour du drapeau.
Merci d’avoir été ce que vous étiez, merci d’avoir eu des valeurs, merci de les avoir défendues.
Vous êtes notre exemple. Droits, fiers et magnifiques.
Respect et humilité face à vous. Et immense chagrin.
Toutes mes pensées vont à vos familles.

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