On se souvient de l’accord de l’ du 21 juillet prévoyant 750 milliards d’euros à injecter dans l’économie des 27 pays membres, accord qualifié d’historique par car il permettait à l’Union européenne d’emprunter sur les marchés. Le président de la République saluait alors avec emphase le grand pas en avant fédéral : la mutualisation de la dette entre tous les pays membres !

Le 22 juillet, je qualifiais ce prétendu accord historique de « Bombe à retardement ». Eh bien, aujourd’hui, il est pire qu’une bombe, c’est devenu une machine infernale qui met à mal la cohésion de l’Union européenne.

La et la subissant les rappels à l’ordre permanents des pays « pères la morale » qui les accusent de démocratie illibérale, en leur enjoignant de respecter les valeurs, les principes démocratiques que tout membre se doit de respecter.

Las d’être vilipendés, ils ont décidé de bloquer le processus d’adoption de l’accord « historique ». Ils ont refusé d’adouber le budget pluriannuel (2021- 2027) et, surtout, bloqué l’autorisation donnée à la Commission par les Parlements nationaux d’emprunter !

Bref, la crise est là, et bien là.

En voulant contraindre et faire passer en force la possibilité d’emprunter par l’Union européenne, par pure idéologie fédérale, alors qu’il était possible d’agir et d’aider les pays atteints par la crise par la voie intergouvernementale, Emmanuel Macron s’est bercé d’illusions sur la réalité européenne !

Pour la diplomatie française pensée – si l’on peut dire – par le locataire de l’Élysée, l’Union européenne est essentiellement le couple franco-allemand, les autres pays devant s’aligner sur ce prodigieux moteur de l’intégration européenne qui incarnerait le sens de l’Histoire – fermez le ban !

C’est ainsi que, pour bien marquer cet axe de fer, on a pu lire avec grand étonnement un appel à pour de nouvelles relations transatlantiques, cosigné dans un journal du soir par le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian et son homologue allemand Heiko Maas. Ces deux ministres feignent de nous faire croire que la France et l’Allemagne ont des vues communes et surtout des intérêts identiques.

Intérêts identiques avec la Russie ? Avec la Turquie ? Avec les États-Unis ? En matière de défense ? En ont-ils parlé à AKK (Annegret Kramp-Karrenbauer) ? Dans la lutte contre les djihadiste au Sahel où la France attend toujours les soldats allemands, comme Godot ?

Ce sont, sans doute, des intérêts virtuels, fantasmés.

Ce pathos du politiquement correct qui n’a de cesse de célébrer l’axe Paris-Berlin est non seulement illusoire mais, surtout, il devient insupportable de naïveté et de contre-vérités.

Alors, comment comprendre les lamentations d’Emmanuel Macron, dans un entretien à la revue Le Grand Continent, rapportées par un journal du soir ? Emmanuel Macron déplore que la France n’ait eu droit qu’à des « condoléances pudiques » lors de l’assassinat de Samuel Paty ?

Comment comprendre qu’Emmanuel Macron découvre seulement aujourd’hui que les Anglo-Saxons n’ont de cesse d’accuser la France d’être un pays hostile aux religions ? Alors que les États-Unis les vénèrent et reconnaissent, par exemple, la Scientologie comme une religion qui est, pour la France, une secte, une pompe à fric !

Sur le plan de la politique intérieure, de la sécurité publique et de la maîtrise des flux migratoires, le refus de réformer l’État de droit qui paralyse, par exemple, l’action du ministre de l’Intérieur pour expulser les délinquants, trafiquants ou terroristes en puissance, est un déni de réalité, aporétique. C’est un total blocage psychologique de la bien-pensance du gouvernement…

Toujours sur le plan de la politique intérieure, la saga réitérée de la formation des imams pour combattre la radicalisation est plus qu’une douce illusion, c’est un déni tragique de réalité car n’importe quel musulman peut s’autoproclamer imam et enseigner la charia, le radicalisme : totale illusion d’un islam à la française alors que le prosélytisme radical prend sa source hors de nos frontières .

Sommes-nous gouvernés par des amateurs et des naïfs ?

Sans doute, car ce florilège d’illusions et de naïvetés coupables est bien l’apanage d’Emmanuel Macron, qui devrait méditer Henry de Montherlant : « Je hais le vice et le crime. Mais au regard de la naïveté je crois que je préfère encore le vice et le crime » (La Reine morte).

21 novembre 2020

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