Il y a encore loin de la défense de l’Europe à l’Europe de la défense !

Emmanuel Macron tente de poursuivre ses efforts pour installer une défense continentale quasi autonome. C’est sans compter avec les atermoiements, voire virements de bord de notre grande alliée allemande.

Trump l’inconstant et imprévisible, qui menaçait de réduire le soutien des États-Unis à l’OTAN, et en particulier la participation financière, avait fait naître, un temps, une positive complicité de circonstance entre la chancelière allemande et notre Président sur cet important sujet de la sécurité commune.

C’est ainsi qu’au début de l’année, Angela Merkel était dans la posture d’« envisager une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires » et prête « à participer à la force de dissuasion nucléaire avec ses propres capacités et moyens ».

Mais voici qu’un nouveau président des États-Unis s’annonce, pragmatique et traditionaliste, prêt à maintenir le parapluie américain sur la vieille Europe.

N’en fallait pas plus pour des déclarations de Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre de la Défense allemande – celle qui a remplacé Ursula von der Leyen, actuellement présidente de la Commission de Bruxelles -, singulièrement éloignées des options antérieures.

« Sans les capacités nucléaires et conventionnelles de l’Amérique, l’Allemagne et l’Europe ne peuvent se protéger. C’est un fait », a-t-elle proclamé. Elle appuie sa profession de foi en l’Amérique en rappelant que celle-ci assume 75 % des capacités de l’OTAN, 100 % des capacités de défense balistique, et que 76.000 soldats américains servent sur le Vieux Continent. « Compenser tout cela prendrait des décennies », conclut-elle. Elle pense sûrement à son budget…

Et ce ne sont pas les pays européens de l’Est qui la contrediront, en particulier la Pologne, résolument attachée à la protection transatlantique.

Le concept d’autonomie stratégique défendu par Macron subit un revers – erleidet einen Rückschlag –, lequel critique cette nouvelle position comme un « contresens de l’Histoire » alors que des discussions ont eu lieu, ces derniers jours, entre les ministres de la Défense et des Affaires étrangères dans un certain silence des médias.

Ce à quoi la ministre allemande rétorque, ayant le dernier mot : « L’idée d’une autonomie stratégique indépendante des États-Unis est fausse ! »

Le couple franco-allemand n’est pas en instance de divorce, il n’a jamais été vraiment marié…

21 novembre 2020

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