Tandis que la France a besoin de redresser son économie en ces temps de « dé-confinement » en rassemblant toutes les énergies, on assiste de façon ubuesque à des arrêts d’usine, des fermetures d’écoles, des préavis de grève fallacieux dans les transports ou autres, bref, à toutes sortes de blocages, particulièrement de la CGT, visant à poursuivre la « lutte syndicale », à n’importe quel prix.

Ce n’est plus envisageable. D’autant que l’immense majorité de ces centrales syndicales médiatisées profitent « à fond du système ». Appartenant « au système » qui les nantit de subventions et de châteaux (voir l’affaire du refus de prêt de l’un de ceux-ci par la CGT pour héberger les Français revenus de ), ils sont « du système » et ne vivent pas dans la « vraie vie ». Et si, encore, ils dénonçaient les grands problèmes économiques et sociaux ! Mais jamais on ne les entend sur l’immigration massive qui tire les salaires vers le bas ou sur l’Union européenne qui détruit des pans entiers de nos filières. On ne les entend jamais sur la désindustrialisation ou la destruction de l’agriculture et de la ruralité. En fait, le monde du travail, des entreprises et des salariés ne les intéresse pas en soi !

Et nos concitoyens ne s’y trompent pas, puisque le taux de syndicalisation de la France est inférieur à 7 %, ce qui nous place dernier pays européen en la matière ! Ce manque énorme de confiance pour les syndicats est logique mais grave car il empêche, de fait, toute réforme en profondeur. Alors, bien loin de considérer qu’il faut essayer de « faire sans » les syndicats, comme jadis Sarkozy, il faut, au contraire, libérer le pour qu’il y ait « plus » de syndicats avec beaucoup plus d’adhérents ! À ce moment-là, les syndicats commenceront à défendre le véritable bien commun économique et social et non plus les seuls intérêts catégoriels, voire corporatistes.

La réforme Fillon du 20 août 2008 se proposait d’aller dans ce sens et de supprimer l’« apartheid syndical », qui existait depuis plus de cinquante ans, à savoir une représentativité syndicale biaisée et ficelée. C’est ainsi que la loi du 11 février 1950 et l’arrêté du 31 mars 1966 avaient désigné les cinq confédérations CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC comme seules représentatives et obéissant au fameux cinquième critère, dit de présomption irréfragable de représentativité. Rappelons que cette représentativité ouvre de nombreux droits et avantages : participation juteuse à la gestion d’organismes paritaires, subventions multiples, possibilité de signer des accords collectifs, de désigner un délégué syndical dans n’importe quelle entreprise et de présenter des candidats aux élections de délégués du personnel et des comités d’entreprise dès le premier tour, indépendamment de l’audience réelle du syndicat.

La loi Fillon s’est alors proposé de supprimer ce « 5e critère » pour le remplacer par un critère dit de l’audience (calculé sur le suffrage obtenu aux élections professionnelles de référence, par exemple les élections prud’homales). Mais suite au lobbying de la CGT soutenue par le MEDEF (!), le seuil minimal d’audience permettant d’être déclaré « représentatif » a été fixé à 10 % ! Ce qui, d’emblée, écartait l’apparition de tout nouveaux syndicats. On voit donc que la loi Fillon, qui se proposait de libérer le syndicalisme l’a, au contraire, verrouillé encore plus ! Et nous en sommes toujours là aujourd’hui.

Alors il est clair que la toute première mesure d’un gouvernement responsable pour établir un dialogue social constructif et obtenir des centrales syndicales authentiquement représentatives de l’ensemble des salariés, cadres et patrons de tous les secteurs et de tous les types d’entreprises, consistera, en début de mandat, à ramener de façon très simple ce seuil minimal d’audience à 3 %. L’objectif sera de permettre l’apparition de nouveaux syndicats et, également, de rétablir la confiance des Françaises et des Français en leurs syndicats. Parallèlement, il faudra en profiter pour rénover, simplifier et moderniser les branches professionnelles – qui sont, indirectement, une émanation des syndicats de salariés, cadres et patrons – de façon à ce qu’un véritable État-stratège désireux enfin d’initier la réindustrialisation et le renouveau de l’agriculture dispose d’interlocuteurs valables du monde du travail, de l’entreprise et de l’ensemble des filières !

15 mai 2020

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