Le foot marche sur la tête et ça ne date pas d’aujourd’hui : racisme, insultes, altercations avec les forces de l’ordre, le hooliganisme continue à sévir dans le football. Avec ces  hordes qui ont déferlé pour tout casser, dimanche dernier, sur les Champs-Élysées, et puis, maintenant, cette bronca des clubs qui se disputent un Lionel Messi sur le départ du Barça, nul doute  que nos bling-bling du Mercato feront monter les enchères… avec des salaires qu’un chirurgien sauvant chaque jour des vies humaines n’oserait même pas imaginer.

Quelque chose, décidément – c’est un euphémisme -, ne tourne pas rond au royaume du ballon rond auquel le regretté – rendons lui hommage – avait consacré un texte d’anthologie, « À mort le foot », un pamphlet au vitriol que Desproges  dédiait  à tous ceux qui « subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied […] en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ».

Et cet extrait de Chroniques de la haine ordinaire : À mort le foot se concluait de la plus décapante  des manières : « Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : “Ah, la fille !” ou bien “Tiens, il est malade”, tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades. Pouf, pouf. »

Desproges haïssait le foot, qui le lui rendait bien. Il nous quitta à 49 ans par arrêt de l’arbitre. D’un cancer sans prolongations, non sans un dernier calembour : « Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football », disait encore Pierre Desproges, « les cerveaux aussi ! »

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