Editoriaux - Société - 2 juin 2019

Ici Londres, ici Londres : John Cleese et Morrissey parlent aux Anglais (et à nous !)

Des appels de 18 juin ne se feront plus depuis Londres, car Londres, comme Paris, Bruxelles, Stockholm et bien d’autres encore, Londres est tombé. Des discours comme celui de Winston Churchill du 13 mai 1940, « Du sang, de la sueur et des larmes », probablement non plus. Les appels viendront sans doute de Budapest, Prague, Varsovie, Vienne, voire de Moscou. Londres est certes tombé, mais avant d’en pleurer, essayons peut-être d’en rire.

Dans le marasme multiculturel et contemporain des choses, les Monthy Python, armés de leur humour bien plus british que celui de nos banlieues festives et colorées, auraient peut-être poussé la chansonnette en fredonnant leur célèbre « Always Look on the Bright Side of Life », chanson culte issue de la dernière scène du non moins culte film Life of Brian.

Prenez toujours la vie du bon côté, donc, aurait peut-être dû dire John Cleese, membre fondateur des Python sur l’état actuel de la capitale britannique. Cleese osa le blasphème suprême : « Il y a quelques années, j’ai compris que Londres n’était plus vraiment une ville anglaise. Depuis lors, pratiquement tous mes amis étrangers ont confirmé mon observation. Il doit donc y avoir une part de vérité. » Et d’enfoncer le clou : « Je note également que Londres était la ville britannique qui a le plus voté pour rester dans l’UE. » “London is no longer an English city”, de la bouche de ce Brexiter immunisé au politiquement correct, « tellement déçu de tant de choses sur ce pays, en particulier de la presse et du niveau de débat au référendum de 2016 sur l’UE ». « Je soupçonne que je devrais m’excuser pour mon affection pour l’anglicité de mon éducation, mais à certains égards, je l’ai trouvée plus calme, plus polie, plus humoristique […] que celle qui la remplace », a-t-il écrit. « Je pense qu’il est légitime de préférer une culture à une autre. Par exemple, je préfère les cultures qui ne tolèrent pas les mutilations génitales féminines. »

La semonce ne tarda pas à venir, notamment de Sadiq Khan, maire copain copine avec notre cosmopolite Anne Hidalgo, tous deux ramadan friendly : « Les Londoniens savent que notre diversité est notre plus grande force. Nous sommes fiers d’être la capitale anglaise, une ville européenne et une plaque tournante mondiale. » Une ode au multiculturalisme que les milliers de victimes de Telford et de Cologne se hâteront d’apprécier et peut-être, même, que Benoît Hamon, en grand gastronome oisif, aura le loisir de consoler avec un kebab sauce béarnaise, vivre ensemble culinaire oblige.

Autre accusé récent du tribunal diversitaire de Her Royal Majesty, Morrissey, qui voit son dernier opus boycotté par la propagande officielle. Pour cause, lors de la présentation de celui-ci, le chanteur emblématique du groupe pop rock The Smiths arborait un pin’s à l’effigie de For Britain. For Britain est un parti politique islamo-dubitatif fondé en 2017 qui appelle à la « fin de l’islamisation du Royaume-Uni ». Dans le passé, Morrissey, soutien de Nigel Farage et de Tommy Robinson, s’était attaqué au multiculturalisme imposé par Angela Merkel, l’accusant de détruire l’identité européenne. « Si vous essayez de tout faire multiculturel, vous n’aurez aucune culture à la fin », déclarait-il au Spiegel. « Je pense que chaque pays doit préserver son identité. Des millions de personnes sont mortes pour l’identité allemande. Si vous pensez qu’ils méritent le respect, vous devez protéger leur pays. Je veux que l’Allemagne soit allemande. Je veux que la France soit française. » Résultat des courses : annulation de concerts et promotion artistique décapitée.

« Girlfriend in a Coma » est un titre des Smiths des années 80. Titre possiblement prémonitoire, la girlfriend en question pouvant très bien être cette Europe multiculturelle.

À lire aussi

Don du sang : Marlène Schiappa porte les couleurs LGBT

Mon corps m'appartient. Mon corps, mon choix, mon droit. Peut-être serait-il souhaitable, …