C'était au tribunal de Rennes, le 7 juillet dernier, mais le site Fdesouche ne s'en est fait l'écho que tout dernièrement. Un Algérien, condamné pour vol, ainsi que pour sur conjoint et mineur (ce qui signifie, dans la langue vernaculaire du justiciable, qu'il a frappé sa femme et ses enfants), avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en juillet 2020, puis à nouveau en septembre 2021. Condamné en octobre 2021 à 8 mois de prison et 5 ans d'interdiction du territoire français, il est, vous vous en doutez, toujours là. « Toujours vivant, rassurez-vous », comme dirait Renaud.

Des histoires comme celle-là, il y en a des centaines tous les jours, dans des tribunaux engorgés qui rendent la justice aussi vite et bien que possible. Vous connaissez tous un tribunal de province : bâtiments gris et laids, en verre et métal, déjà obsolètes ; poussière en suspension, lino par terre, couloirs peints en jaune ; moquette sur les murs de la salle d'audience Simone-Veil dans laquelle des bancs en pin Ikea™ et des tableaux abstraits rappellent les plus belles heures du concile Vatican II. Au fond de la salle, en demi-cercle, se déploie la cour : une demi-douzaine de femmes ; une gynécocratie à la fois prétentieuse et terrifiée par le réel, protégée de la foule par des lunettes de gros calibre, des sentences définitives et d'épais dossiers couleur pastel. À la fin des débats, des sermons lénifiants, des peines de sursis dont tout se fiche : bref, la justice.

Eh bien, il faut imaginer le même contexte au palais de justice de Rennes, quand on lit, dans le style imitation Napoléon III qui caractérise la prose juridique, les délibérations de la cour à l'endroit de ce sympathique visiteur, venu du soleil pour nous apporter la joie qui manque à notre décor. Voyez : « Il résulte des pièces du dossier que M. N. J. a été condamné pour des faits de vol et violences sur conjoint et mineur, a refusé volontairement de quitter le territoire et déclaré en audition : "L’époque où la France baise l’Algérie est révolue. Maintenant, c’est l’Algérie qui baise la France ; l’intelligence de l’Algérie est de venir en France et de la coloniser, se marier et se multiplier pour convertir le pays à l’islam, la France peut me refouler, je reviendrai avec 18 personnes." »

Ce n'est pas très poli, en effet, mais est-ce fondamentalement faux ? Oui pour une part, car la façon dont la France a « baisé » l'Algérie de 1830 à 1962 est quantifiable : 70.000 km de routes, 4.300 de voies ferrées, 4 ports internationaux, plus de dix aérodromes, 1 lit d'hôpital pour 300 habitants, une politique d'alphabétisation remarquable et… un programme de lutte contre la stérilité et d'encouragement à la natalité dont nous n'avons pas fini de nous mordre les doigts (sources : Goinard, Algérie, l'œuvre française, Paris, 1986).

Non pour l'autre part, car ce prophète involontaire a dévoilé, non pas la stratégie structurelle de l'Algérie (je ne suis pas complotiste), mais les résultats réels de cinquante ans de laxisme, de regroupement familial, de gallophobie des élites et d'ethnomasochisme du peuple français : invasion, islamisation, mépris de la France qu'il s'agit de « baiser ».

Il est surprenant d'entendre un Algérien tenir des propos « grand-remplacistes » dans une enceinte judiciaire, mais à lui, on ne lui tiendra pas rigueur. Imaginez un instant que ces propos aient été tenus par ou Bernard Lugan…

Merci à ce monsieur N.J., en tous les cas. Si l'on se fie à la jurisprudence, il n'est pas près de nous quitter et pourra encore nous délivrer quelques oracles. C'est tant mieux.

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31 juillet 2022

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