Hongrie : « Ils se couvrent de ridicule ». L’aveuglement européen face à Magyar
Mettre fin aux permis de travail pour les migrants non européens. S’attaquer aux médias publics. Confier l’Éducation à une figure catholique. À Budapest, les annonces de Péter Magyar lors de sa première conférence de presse ne laissent guère de place au doute. Fermeté migratoire, marqueurs conservateurs, reprise en main politique : une ligne qui, sur bien des points, s’inscrit dans le paysage hongrois des dernières années.
🚨 🇭🇺 ÉNORME : Le nouveau Premier ministre hongrois a annoncé qu’à partir du 1er juin, il METTRA FIN à tous les permis de travail temporaire pour les MIGRANTS NON EUROPÉENS
« Leur arrivée sera réduite à zéro. Nous voulons travailler au retour à la maison des Hongrois ethniques… pic.twitter.com/CKnwIgQL7n
— Wolf 🐺 (@PsyGuy007) April 16, 2026
Et pourtant, à Bruxelles comme à Paris, c’est un tout autre récit qui s’était imposé. « Ce soir, le cœur de l’Europe bat plus fort en Hongrie », s’était enthousiasmée Ursula von der Leyen. Pour Nathalie Loiseau, la défaite de Viktor Orbán prouvait même qu’« il n’y a pas une vague irrépressible de l’extrême droite ». Jusqu’aux États-Unis, où Barack Obama saluait un tournant.
En quelques heures, l’élection devenait une victoire idéologique. Quitte à mal regarder celui qui vient de gagner, comme le décryptait déjà BV, au lendemain des résultats.
Dans ce concert d’enthousiasme, une voix tranchait déjà. Celle d'Éric Zemmour qui, sur X, déclarait, à propos de Péter Magyar : « Il n’est ni de gauche ni centriste. Tous ceux qui en France essaient de le récupérer se couvrent de ridicule. »
Certains invitaient déjà à regarder au-delà du récit.
Battre Orbán, mais comprendre qui le remplace
Car l’enthousiasme européen semble d’abord répondre à une logique simple : Viktor Orbán a été battu. Le reste - le profil de son successeur, sa trajectoire, sa ligne - passe au second plan. Or, Péter Magyar n’est pas un opposant venu d’ailleurs. Il est issu du Fidesz, le parti d’Orbán. Il en connaît les rouages, les équilibres, les réflexes. Une configuration que Thibaud Gibelin, professeur au Mathias Corvinus Collegium (MCC) à Budapest et spécialiste de la Hongrie et de Viktor Orbán, résume à Boulevard Voltaire d’une formule : « Ce sont des frères fâchés. »
Les premières annonces viennent précisément rappeler cette réalité. En Hongrie, l’opinion est massivement opposée à l’immigration extra-européenne. Même la gauche locale s’y est adaptée. Impossible, dans ces conditions, de gouverner autrement. Ce que certains ont présenté comme une alternance apparaît donc, sur place, comme une recomposition interne. Thibaud Gibelin le souligne : « Un conservatisme en remplace un autre. »
Pour lui, le malentendu est profond : loin de marquer une rupture nette, les annonces faites dans la foulée de son élection semblent inscrire Péter Magyar dans le prolongement politique de Viktor Orbán.
Bruxelles, le nerf de la guerre
Pour comprendre pleinement la séquence, il faut regarder du côté de Bruxelles. Depuis plusieurs années, l’Union européenne gèle des milliards d’euros de fonds destinés à la Hongrie. Une pression majeure sur une économie fragilisée, que Thibaud Gibelin qualifie de « strangulation économique ».
Dans ce contexte, la priorité du nouveau pouvoir est claire : rétablir les flux financiers. Interrogé par BV, Rodrigo Ballester, directeur du Centre d’études européennes à Budapest et commissaire ministériel hongrois à l'Éducation, estime ainsi que Bruxelles pourrait « débloquer tous les fonds ». Et que les concessions attendues seront « probablement des choses qu’il [Péter Magyar] sera ravi de mettre en œuvre ».
I had an important call with @vonderleyen, president of the European Commission. We agreed that unlocking the EU funds earmarked for the Hungarian people, but frozen due to the previous government’s corruption, is the top priority.
The new government will take the key political… pic.twitter.com/iiRWc3m8Nd
— Magyar Péter (Ne féljetek) (@magyarpeterMP) April 14, 2026
Même logique sur le prêt européen de 90 milliards d’euros à l’Ukraine : là où Orbán freinait, Budapest pourrait désormais s’aligner. Mais une question demeure.
Et si ces gages donnés aux capitales européennes n’étaient, au fond, que des signaux habilement calibrés ? Une manière de rassurer Bruxelles, le temps de débloquer les financements, sans que cela ne préjuge réellement de la ligne politique à venir.
Entre discours et stratégie
C’est ici que l’analyse de Thibaud Gibelin prend tout son sens. Péter Magyar « promet simplement la quadrature du cercle, et tout ce que les gens veulent entendre ». Une logique que confirme Rodrigo Ballester : le nouveau dirigeant hongrois cherche avant tout à « plaire un peu à toute sa coalition ». À Budapest, des annonces fermes, en phase avec l’opinion. À Bruxelles, des signaux d’ouverture, compatibles avec les attentes européennes. Une ligne qui ne tranche pas mais qui s’ajuste.
🇭🇺 Péter Magyar n’est pas pro-UE, mais pro financement de l’UE. Rappelons que, contrairement à la France, la Hongrie est bénéficiaire nette. Il est aussi plus dur qu’Orbán sur l’immigration. Le réveil des européistes bien-pensants risque d'être douloureux. https://t.co/xAOCAeWXfD
— Guillaume Bigot (@Guillaume_Bigot) April 13, 2026
En quelques jours, le récit s’est fissuré. Ce qui devait être une victoire idéologique apparaît comme une lecture précipitée. Ce qui était présenté comme une rupture ressemble déjà à un ajustement. Comme le rappelle Thibaud Gibelin, « les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient ».
Reste alors une question, désormais centrale. Et si Péter Magyar n’était pas tant l’anti-Orbán que certains ont voulu voir… mais une version capable de composer avec Bruxelles sans rompre avec les fondamentaux hongrois ? Des fondamentaux hongrois auxquels Magyar semble attaché. Ce 17 avril, n'a-t-il pas posté une photo de lui en prière devant la couronne de saint Étienne, le premier roi des Magyars ? Une couronne qui symbolise tout à la fois les racines chrétiennes et la souveraineté de la Hongrie...
Isten engem úgy segéljen!❤️🤍💚 pic.twitter.com/l1sKsf2frP
— Magyar Péter (Ne féljetek) (@magyarpeterMP) April 17, 2026
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67 commentaires
Passation de pouvoirs ? Eh bien tant mieux pour les Hongrois . mais l’ Europe de von der leyen ne bouge pas d’un yota, elle.
Pour l’U.E. c’est l’arroseur arrosé. L’orbanisation s’est implantée en Hongrie et maintenant la volte face à laquelle VDL , le cauchemar des nations, ne s’attendait pas.
Ne pas crier victoire trop vite…
Attendons, attendons, pas trop vite, la « Politique » c’est comme la girouette dans le vent ! Je vais relire « l’art de la guerre » pour m’assurer de la meilleure méthode pour éliminer l’ennemi !
En fin de compte, c’est quoi « l’Europe » ? : « Tu payes et tu te tais ! Et on verra si on rend ton argent… Que tes paysans crèvent sous les importations d’Amérique du Sud, on s’en fout, que tu n’ai plus de pétrole, on s’en fout, que tu sois submergé de migrants qui ne respectent rien, veulent t’imposer leurs coutumes et faire primer leur lois sur celle du pays qui les accueille, on s’en fout, et si tu ne marches pas, on va tout faire pour te pourrir la vie… ». Très belle invention.
Je rigolerais que Magyar profite de son « état de grâce » et quee si Bruxelles reste aussi intransigeante qu’elle l’a été avec Orban, il décide de quitter l’Europe : Hongrexit… Cela ouvrirait une brèche ett risquerait d’en entraîner d’autres à franchir le pas.
J’attends de voir la tronche d’UVDL quand Magyar va resserrer les boulons après avoir récupéré les 17 Mds que l’UE doit à la Hongrie.
On va bien rire !
Oui
Moi ca me fait pas rire parceque c’est exactement le montant de la contribution de la france sur les 90 que l’europe va donner a l’ukraine des que maygard aura levé le veto hongrois..
Douche froide sur la commission Européenne. Elle croyait à un revirement politique de la Hongrie. En fait elle découvre une main de fer dans un gang de velours. La Hongrie était dirigée par un « bougre ». Elle le devient par un habile diplomate. Le réveil est pénible. C’est ce que laisse entendre le texte qui nous est présenté. Qui vivra verra. Reste à confirmer.
La gauche s’est réjouie trop vite . Espérons que Magyar (quel beau nom ! ) tiendra ses promesses .
Le successeur de Viktor Orbán, « l’affreux dictateur » qui a immédiatement félicité son adversaire, a un nom prédestiné à poursuivre la politique de son prédécesseur
UvDL et tous les européistes, qui sablaient le champagne le soir du scrutin, doivent manger leur chapeau.
Je croyais que le hongrois allait se coucher devant VDL. Je suis extrêmement surpris par ses premières sorties. S’il confirme qu’il est un Orban + et qu’il résiste à l’UE alors il peut entraîner d’autres peuples européens à faire de même chez eux. On y verra plus clair dans 6 mois/1an. sur la Hongrie. Il faut absolument casser l’UE totalitaire qui se met en place.
Il a regardé, examine le parcours de Meloni avec l’Europe et à compris que pour réussir. Il ne faut pas crier frexit, frémit mais .. offrir un beau discours de campagne , à la manière de Macron, puis ensuite privilégier son pays . A la manière de Meloni.. il a eu raison.. nous en France on a comme perspective un Philippe, un Atral, un Hollande qui se rêve de revenir…
Les 90 milliards ne lui coutent pas un kopeck,si en échange vol lui débloque son « dû », un gouffre de plus ouvert dans les finances et qwid de Poutine et son gaz?
Finalement les médias, les politiques et même le peuple ne se renseignent pas ou ne savent rien. Magyar est plus extrême qu’orban mais il a été largement félicité par l’Europe et les français centro-islamo-gauchistes! Il serait temps que le président, le gouvernement et que la France soit patriotes, ça élevera de façon fulgurante l’intelligence et les débats.
J’espère que ceux qui croient que Peter Magyar est un Victor Orban moins trapu et qu’il va rouler Von der Leyen est le soviet suprême de Bruxelles dans la farine vont avoir raison et qu’ils ne déchanteront pas… Honnêtement, peut-on raisonnablement penser que Von der Leyen va délier les cordons de la bourse bruxelloise sans la moindre « contre partie » du pouvoir hongrois? Notamment sur les questions sociétales et sur la soumission à la politique aberrante d’immigration massive imposée par Bruxelles? J’ai du mal à l’imaginer… A titre perso je demande à voir et ne prends pas pour argent comptant l’optimisme de ceux qui voient en magyar un clone d’Orban en plus svelte. Cela dit, si mon propos devait avoir été d’un pessimisme infondé, j’en serai ravi. Je n’aurai aucune amertume en m’tant trompé.
vous avez tout à fait raison
C’est plutôt une bonne nouvelle, et je pense que monsieur Magyar sera tout simplement plus fin que son prédécesseur Orban et peut-être plus efficace pour l’obtention de résultats sur sa politique de continuité.Et puis de vous à moi,de voir l’extrême-centre, la gauche et tous les pro-européens vantant l’immigration se taper le derrière par terre de rage après leur déception suite à ces annonces me réchauffe le cœur.Il semblerait que les mouches sont en train de changer d’âne.
@Souverainiste67 je vous rejoins… Pour moi ça me paraît un peu trop gros que l’UE soit dupe, il faut arrêter de prendre tous ces gens haut placés pour des imbéciles, ils sont fous mais loins d’être stupides, ce qui les rend encore plus dangereux. VDL ne lâchera pas les sous dans garanties/engagements écrits. Quand à Magyar il joue le jeu de qui? Ce n’est pas clair, comme Meloni. Alors ce n’est pas comme ça que cette UE totalitaire disparaîtra…
Une question: acceptera-t-il de recevoir « sa » part d’immigrés imposés par Bruxelles, ou, comme Orban, préferera-t-il payer une amende ?
Il a déjà dit non… 0 immigré extra européen !
Dans ce cas en toute logique vdl ne débloquera pas les fonds pour la Hongrie. À suivre …
Rajouter le doublement des aides a la natalité.
Peter Magyar veut relancer le programme orban.
Comme quoi les sondages se sont encore trompés ??et les « »nommés » europeens se réjouissent quelle blague ridicule.