Lundi, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord annonçait avoir secouru 83 migrants perdus dans la Manche entre Calais et Dunkerque. Avec femmes et enfants. Des migrants qui ont voulu affronter cette mer la plus encombrée du monde, où à chaque instant leurs frêles embarcations risquent d’être retournées par un cargo ou un ferry. Des migrants mettant en danger la vie de leurs femmes et de leurs enfants pour rejoindre le Royaume-Uni, leur supposé eldorado, qui leur apparaît si proche depuis les côtes françaises de la Manche.

Certains d’entre eux ont peut-être déjà réussi la traversée de la Méditerranée grâce à la complicité d’ONG transformées en passeurs de migrants. D’autres ont parcouru une partie de l’Asie puis l’Europe pour arriver sur une plage entre Boulogne et Dunkerque où d’autres passeurs les attendent, leur offrant un canot pneumatique moyennant une belle liasse de billets. Mais certains migrants tentent aussi la traversée à la nage, et là, il est impossible de savoir combien ont payé de leur vie cette folle tentative. La préfecture maritime annonce seulement deux décès… Au vu des risques encourus, c’est un chiffre qui paraît bien faible puisque, de toutes façons, elle ignore combien, vraiment, quittent la terre ferme.

Depuis le 1er janvier, les autorité françaises ont pu intercepter 1.169 migrants. Le service communication de la préfecture du Pas-de-Calais m’a répondu : « Une fois pris en charge, une mise à l’abri est proposée dans un des centres d’accueil et d’examen des situations du département. Les enfants restent avec leurs parents et sont ainsi systématiquement mis à l’abri, sauf s’il s’agit de mineurs isolés qui relèvent d’une prise en charge spécifique. Un examen de la situation administrative des majeurs est rapidement réalisé. Depuis l’activation du dispositif en 2016, 5.913 migrants en provenance de Calais ont été mis à l’abri dans des conditions dignes. » Autrement dit, ces migrants seront accueillis aux frais de la princesse, ne seront probablement jamais renvoyés dans leur pays d’origine et retenteront une nouvelle traversée.

La plupart d’entre eux viennent d’Irak et d’Iran mais, depuis plusieurs semaines, les ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne ou d’Afghanistan sont candidats à ces traversées périlleuses. Ils sont arrivés dans le Pas-de-Calais soit par la route, en s’introduisant dans les remorques des poids lourds, soit en prenant un bus ou un train.

Ces migrants sont prêts à tout, dans les ignorances des dangers de la Manche, pour atteindre le Royaume-Uni. De nuit, à bord d’embarcations inadaptées, en surnombre et sans la moindre notion de navigation. Les passeurs qui leur ont fourni les canots pneumatiques agissent en toute impunité. Si le migrant trouve le passeur, alors pourquoi la gendarmerie ne peut-elle les repérer et les arrêter, seul moyen évidemment d’interrompre ces traversées ? Des traversées où la mort peut surgir à tout instant. La Manche et la mer du Nord, m’a précisé la préfecture maritime, sont des mers dangereuses. 25 % du trafic maritime mondial s’y trouve, avec des courants et des vents importants. La température de l’eau est très basse. La durée de vie d’une personne tombée à la mer est très courte.

La France a donc mis des moyens logistiques maritimes et aériens très importants : des vedettes et des patrouilleurs de la Marine nationale, de la gendarmerie maritime et des douanes, ainsi que des avions et des hélicoptères de ces mêmes administrations.

Du 1er janvier au 31 août 2020 ont été comptabilisés par la France et la Grande-Bretagne 548 tentatives impliquant 6.200 migrants, alors que, sur toute l’année 2019, il y avait eu 203 tentatives et 2.294 migrants, selon la préfecture maritime. Ce phénomène exponentiel montre combien la politique migratoire de notre pays encourage les migrants de toutes nations à gagner la France car ils savent qu’ils ne seront jamais refoulés. Et ce n’est par notre actuel président de la République qui agira en conséquence…

11 septembre 2020

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