Editoriaux - Polémiques - Politique - 10 octobre 2019

Hadama Traoré en garde à vue : prise de conscience des autorités ou opportunisme ?

Il en a fallu, du temps, pour que le préfet du Val-d’Oise se décide à interdire une manifestation de soutien à Mickaël Harpon ! Sur des plateaux de télévision, quelques commentateurs lucides ont crié au scandale, des parlementaires ont protesté, Christophe Castaner lui-même, métamorphosé en héraut de la lutte contre « l’hydre islamiste », a demandé que « les propos odieux tenus par [l’] organisateur [de cette manifestation] soient dénoncés au procureur de la République ». Finalement, Hadama Traoré a été placé en garde à vue en Seine-Saint-Denis.

Il en est encore qui s’étonnent de cette atteinte à la liberté de manifestation ! On a pu entendre des « représentants » du culte musulman, soi-disant modérés, contester les enquêtes qui montrent l’influence grandissante de l’islamisme, comme L’Archipel français, de Jérôme Fourquet. Il ne serait pas vrai qu’un pourcentage non négligeable de musulmans font asser la charia avant les lois de la République ! Jusqu’où ira cette déliquescence de la réflexion, ce formatage des esprits, cette lâcheté intellectuelle qui nie les évidences ?

Hadama Traoré avait pris ses précautions en précisant que l’objet déclaré de la manifestation était de « rendre hommage aux policiers assassinés à la préfecture de police, de dénoncer la désinformation médiatique et politique ».

Mais sur les réseaux sociaux, il dévoilait ses véritables intentions : « J’ai la haine. La personne qui ose dire que Mickaël Harpon est un terroriste animé de revendications religieuses, je lui traite sa mère et je lui crache à la gueule », ajoutant : « On a le bras long ! Toutes les communautés persécutées, on va faire la guerre ensemble, aux politiques et aux médias. Et on commence ce jeudi. ». Il a également déclaré au Figaro que Mickaël Harpon « était discriminé parce qu’il était sourd […] Tous les faits que [les médias] donnent pour justifier son côté extrémiste auraient pu concerner les dix millions de Français de confession musulmane. »

Qui peut nier, quelle que soit l’audience de cet activiste, que l’organisation de cette manifestation était une provocation, s’apparentant à un appel à la révolte contre la République ? S’il se permet de tels propos, s’il encourage tous les musulmans à se considérer comme des victimes, c’est qu’il connaît bien les faiblesses de nos institutions. Ce n’est pas la première fois qu’il sévit. Aux dernières élections européennes, il s’est proclamé « le candidat des banlieues », « le porte-voix de la minorité silencieuse ». Le 15 février 2018, selon France 3 et Le Figaro, il a déclaré, devant le siège du syndicat Alliance : « Les policiers, ils nous tuent, ils nous violent, ils nous frappent ! Qui nous protège ? » Tout lui est bon pour entretenir la haine, pour essayer de susciter la scission de la République, en jouant sur la victimisation et en s’abritant derrière le rempart d’une prétendue discrimination.

C’est ainsi que des imams proches du salafisme ou des Frères musulmans, des associations communautaristes ou indigénistes, des politiciens autoproclamés peuvent impunément s’attaquer aux fondements de nos institutions. Ils trouvent des soutiens, actifs ou passifs, chez des élus, soucieux d’assurer leur réélection, chez des islamo-gauchistes prêts à faire feu de tout bois pour atteindre leurs objectifs révolutionnaires, chez des dirigeants adeptes du « pas de vague ». Cette manifestation a été interdite, son initiateur arrêté sous la pression de l’opinion. Fort bien ! Mais qu’en sera-t-il demain ?

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