La grève dans l’Éducation nationale est très largement suivie. Pour Gilles Ardinat, le mécontentement des enseignants ne porte pas que sur sur le problème des retraites : réforme du bac, baisse du niveau, insécurité, autant de problèmes non résolus.

Explication au micro de Boulevard Voltaire.

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Ce 17 décembre, les opposants à la réforme des retraites proposée par le gouvernement sont encore descendus très nombreux dans la rue. Parmi eux, les enseignants étaient présents. Pourquoi les enseignants sont-ils opposés à la réforme des retraites ?

Cette réforme des retraites n’est que le détonateur d’un mécontentement général. Lors des précédentes grèves, Jean-Michel Blanquer avait réussi à faire illusion. Il y avait très peu de mobilisation dans les salles des professeurs. Cela avait été une série d’échecs.
Pour la première fois, les grèves dans l’Éducation nationale sont très massivement suivies. La réforme du bac est aussi responsable du mécontentement des professeurs. Cette réforme du bac est une véritable usine à gaz. Malgré ses promesses, Jean-Michel Blanquer n’a résolu aucun des problèmes de fond qui touchent l’Éducation nationale, notamment la crise des vocations, les problèmes d’insécurité et la baisse du niveau.
Par conséquent, cette réforme a évidemment fait exploser le mécontentement au sein de l’Éducation nationale.

Que va changer cette réforme pour les enseignants ?

Jean-Michel Blanquer a lui-même reconnu que potentiellement la réforme des retraites pourrait être pénalisante pour les professeurs. Ces derniers font partie des fonctionnaires de catégorie A les moins bien payés comparativement à d’autres professions dans la fonction publique. La retraite par points, plutôt que sur les 6 meilleurs derniers mois de salaire, générerait potentiellement une perte de pouvoir d’achat. Il y a évidemment un front syndical uni contre ce projet, des syndicats de gauche comme le SNEF ou la CGT, mais aussi des syndicats de droite, notamment le SNALC ou Action et Démocratie.
La situation est assez défavorable pour Jean-Michel Blanquer. Il a un front syndical uni et une profession très mobilisée dans les grèves. Jean-Michel Blanquer a un peu perdu de son aura dans l’opinion. Beaucoup de ses effets d’annonce qui lui avaient valu une certaine popularité n’ont pas été suivis d’effet. Les Français sont un peu revenus de la mode et de l’engouement autour de Jean-Michel Blanquer.

Quel est le plan de Jean-Michel Blanquer pour l’École ?

Jean-Michel Blanquer a une vision libérale pour l’École. Elle me paraît complètement décalée par rapport aux besoins du terrain. Il veut plus d’autonomie pour les établissements. Il imagine des chefs d’établissements sur le modèle de manager. Il veut des parcours individualisés pour les élèves. Il veut une rémunération avec une part variable. Tout cela va dans une vision plus libérale. Or, au forum École & Nation, nous sommes au contraire persuadés que l’école a besoin d’un retour aux fondamentaux, notamment d’un retour aux disciplines et de revenir aux méthodes traditionnelles d’enseignement. C’est un problème absolument majeur.
Il y a un peu plus d’un an, le phénomène « Pas de vague », la perte d’autorité et le problème sécuritaire étaient absolument majeurs. Jean-Michel devrait s’atteler aux questions sur la restauration de la verticalité, de l’ordre et de tous les repères et non pas partir dans des projets qui ne correspondent pas au besoin de l’institution. De plus, ces projets sont rejetés massivement par les professeurs et par une grande partie des parents d’élèves. De ce point de vue-là, Jean-Michel Blanquer nous paraît un ministre en décalage complet avec les besoins du terrain.

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