Editoriaux - Politique - 4 octobre 2018

Gérard Collomb en fuite, Rédoine Faïd arrêté ! C’est la Saint-Gérard !

Après le festival théâtral de ces derniers mois à l’Élysée, à l’Assemblée et au ministère de l’Intérieur, et vingt minutes d’attente sur le perron de son ministère, notre « Gégé » national change de costume et revient à Lyon. Interrogé à son arrivée sur le quai (de la gare de Perrache) aujourd’hui, il répondait au journaliste qui lui demandait « Pourquoi êtes-vous revenu si vite ?”, “Pour être auprès de vous !”
Une telle marque d’affection ne peut que réjouir les Lyonnais, vous en conviendrez.

De nouvelles aventures l’attendent dans « sa » bonne ville de Lyon. Il n’est pourtant pas certain que les habitants de la capitale des Gaules, surtout les édiles, se satisfassent de ce retour. Comme le relève en effet le magazine Lyon Capitale dans sa livraison du 2 octobre, les maires “Synergies” (groupement de trente maires, dont dix ont soutenu Emmanuel Macron durant l’élection présidentielle) renâclent à l’idée de voir le locataire démissionnaire de la Place Beauvau reprendre son costume de Guignol, personnage principal assez ambigu du célèbre théâtre. Ce sont pourtant ces mêmes élus qui l’avaient nommé au poste de président de la métropole de Lyon jusqu’au 10 juillet 2017, quand il devint ministre de l’Intérieur. Il y a peut-être une raison à ce désamour et le futur de Gérard Collomb à Lyon n’est peut-être pas aussi « magnifique » que le ciel de Lyon qu’il encensait à son arrivée à Lyon…

Aujourd’hui, sur le quai de la gare de Perrache, à Lyon, au journaliste qui souhaite savoir ce qu’il va faire à Lyon, « Gégé » de répondre : « Nous allons continuer à travailler à la métamorphose du Grand Lyon, qui n’est pas encore terminée… » Il ne l’a pas commencée, et qui sait s’il la terminera, vu son âge avancé. Même si beaucoup de Lyonnais pensent – à tort – qu’il est à l’origine du formidable renouveau que connaît la ville depuis le début des années 2000, il n’y est pour rien. C’est, en effet, Raymond Barre, maire de Lyon de 1995 à 2001, qui lança ces grands travaux.

S’il revient, c’est surtout parce qu’il sent que son « leadership » lyonnais commence à être sérieusement contesté par l’ensemble des maires du Grand Lyon qui verraient bien un peu de renouveau à la tête de la deuxième grande ville de France. Mais il a la niak, « Gégé », après presque trois mandats à la mairie, il ne veut pas ramasser les miettes à la guillochette [petite lame métallique servant à nettoyer les miettes de pain avant le dessert, NDLR].

Pourtant, vu son âge avancé, il pourrait se contenter de devenir un « homme au foyer à la retraite” ! Mais on a beau être moderne, il y a des limites ! En effet, son épouse, Caroline, cheftaine du Rhône de La République en marche (LREM), qu’il a soigneusement préparée à la magistrature municipale avec l’appui du parti présidentiel, ambitionnait, il y a peu encore, de se goberger place des Terreaux, dans le bureau du maire recouvert de soierie lyonnaise, de panneaux, de boiseries et d’emblèmes impériaux. Une dispute conjugale s’annonce-t-elle ? Comme l’indiquait le magazine Lyon Mag au mois de février 2018, Gérard Collomb la soutenait sans réserve, et depuis qu’elle avait été confirmée par Paris comme « référente » pour le Rhône, madame Collomb ne chômait pas. Rien ne pouvait s’organiser au sein du parti macroniste dans le département sans qu’elle ne s’en mêle et donne son aval. Ce qui eut pour effet, à la longue, d’irriter la classe politique régionale qui s’inquiétait peut-être d’une possible mainmise du couple Collomb sur la politique lyonnaise. Il y a des précédents chez les opposants !

Après une séquence parisienne digne du Grand-Guignol, le jour de la Saint-Gérard et de l’arrestation de Rédoine Faïd – un signe ? -, « Gégé » revient sur sa terre d’élection mais, selon Pascal Blache, maire LR du sixième arrondissement de Lyon, “pour de mauvaises raisons”.

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