Dimanche dernier, sur fond de crise de coronavirus, la liste d’union du général de La Chesnais est arrivée en deuxième position à Carpentras (Vaucluse). C’est une triangulaire qui départagera les candidats lors du second tour des élections municipales. Mais pour la tête de liste sans étiquette, soutenue par le Rassemblement national, le Parti chrétien-démocrate et La Droite populaire, l’épidémie change la donne puisque la vie politique est suspendue. Explications au micro de Boulevard Voltaire.


À l’issue de ce premier tour des élections municipales perturbées par l’épidémie de coronavirus, vous êtes arrivé deuxième.
Comment jugez-vous cette campagne et les résultats ?

J’ai beaucoup de mal à porter un diagnostic sur le résultat, compte tenu du contexte qui a perturbé à la fois les pronostics et les électeurs et vient apporter une touche très bizarre à la fin de cette campagne. Elle a été passionnante et intéressante et m’a laissé croire les plus beaux espoirs. Ce qui me touche c’est de voir qu’il y a eu uniquement 39 % de votants à Carpentras. Cela veut dire qu’il y a eu 61 % d’abstention, dont beaucoup de personnes âgées et de personnes fragiles.
Compte tenu du contexte, les gens se sont probablement et tout naturellement tournés vers la municipalité en place pour jouer la continuité dans la crise.


La campagne continue, puisqu’aura lieu une triangulaire entre le maire sortant socialiste-La République En Marche, vous-même et le candidat des Républicains. Comment voyez-vous le second tour en admettant qu’il se tienne ? Quel sera l’enjeu à l’issue de ce second tour ?

J’ai quand même une place importante dans le dispositif. Je viens derrière le maire. Dès le soir même, j’ai appelé tous les électeurs qui ont voté pour les trois autres listes qui ne se reconnaissent pas dans le maire sortant, à la fois dans sa gestion des difficultés sociales que rencontre la ville, mais aussi dans la gestion environnementale de la circulation, etc.
Je pense que si les Carpentrassiens veulent prendre leur destin en main, ils n’ont qu’une question à se poser. Veulent-ils le changement ? La seule liste qui peut leur apporter le changement c’est la liste que j’ai l’honneur de conduire à Carpentras. Nous sommes en train d’imaginer et de discuter avec la liste de Claude Melquior pour voir s’il n’y a pas moyen de trouver un terrain d’entente, de telle sorte qu’on arrête enfin cette division de la droite qui pollue la vie de Carpentras depuis 2008.

Vous avez proposé votre aide et votre expérience au maire sortant pour l’aider à résoudre la crise du coronavirus hors toutes oppositions politiques. Avez-vous eu une réponse ? Comment un opposant peut se rendre utile dans la gestion de cette crise ?

La crise du coronavirus s’impose à nous tous. On devine qu’elle va être très importante et que nous allons tous être impactés individuellement. Nous avons du mal à en mesurer les effets, mais on sait que tout le monde va être touché par ce virus et en particulier les plus fragiles. Tout le monde se prépare à cette épidémie en essayant d’appliquer les consignes que le gouvernement nous a données.
Bien que cela suive les questions précédentes d’ordre politique, je ne veux absolument pas mélanger ma proposition avec le débat politique. Nous avons deux mois devant nous où il faut absolument mettre en parenthèse la politique et se mettre au service de nos concitoyens.
Je suis général donc encore en disponibilité. C’est pourquoi tout naturellement j’ai offert mes services au préfet et surtout au maire de Carpentras, qui me connaît et connaît mes antécédents. Je peux comme beaucoup d’officiers montrer que mon expérience de conduite des opérations qui s’appliquent parfaitement à la gestion de crise, peut peut-être l’aider pour coordonner les services de l’État, mais aussi les services d’associations, d’individus comme moi qui ont probablement des talents . Beaucoup de personnes pourraient faire valoir leur expérience. Je pense que le maire est le mieux à même de pouvoir rassembler pour pouvoir utiliser ces compétences. Je me propose tout naturellement dans un esprit de service, celui qui m’a toujours guidé dans ma vie.

17 mars 2020