Gendarmes embourbés : mais où est passée la 7e compagnie ?

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Devant son ballot de paille, Gabriel Attal a montré la voie. Les gendarmes ont reçu le message 5 sur 5. Retour à la terre. Simplicité, ruralité et... embourbé. Souhaitant, sans doute, entamer une course-poursuite avec des agriculteurs qui ont coupé à travers champ, la voiture de gendarmerie s'est enlisée dans les sillons du terroir de Lot-et-Garonne. Adieu veau, vache, Macron z'et Darmanin. Les trois occupants se tiennent aux abords de leur bolide immobilisé. Au loin, une dépanneuse tente de venir à leur secours. En vain. Au Q.G. de commandement des opérations, l'adjudant interroge ses hommes : « Mais où est passée la 7e compagnie ? »

Passant par là, quelques rebelles en route pour le Nord aperçoivent, du haut de leur tracteur, les naufragés involontaires. Tout militant anti-bassine qui se respecte les eût caillassés, grillés, hachés menu. Servis sur un plateau, ceux-ci eurent été matraqués, leur voiture enflammée et autres sévices... Il n'en sera rien. La détresse de ceux qui venaient pour entraver le mouvement de protestation a touché les manifestants de passage. Bonhomie de la campagne. On ne laisse pas trois ballots plantés en plein champs. Quelques réflexions ironiques et la voiture est remorquée par l'engin agricole. Le bâton pour se faire battre est ramené sur la route. Trop de violence pour les uns, trop de gentillesse pour les autres. Deux mondes que rien ne réunit.

Même ambiance bon enfant à proximité de Rungis. Face aux forces de police en tenue de Dark Vador, les envahisseurs venus de province revendiquent de ne pas ressembler aux casseurs de banlieue. « On n'est pas les mêmes que dans le 93 ! » lance un des agriculteurs. Et tous de lever les mains en signe de non-violence. Peine perdue. Les ordres sont les ordres. Le dialogue d'homme à homme n'est pas de mise en de telles circonstances. La posture de Bouddha affichée par Darmanin durant les premiers jours tend à se fissurer. Ses nerfs lâchent, les gardes à vue s'enchaînent. Au terme de cette sagesse électoraliste, une violente répression pourrait entrer en action. Ils ne sont pas les mêmes que dans le 93. Tout est dit.

Jany Leroy
Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

50 commentaires

  1. La prochaine fois, il faut que les agriculteurs fassent les « fermes-bloque ». Habillés et masqués de noir.

  2. Bref, tout n’est pas perdu puisque pas mal de scrutins décisifs pointent à l’horizon ! Sachons, au lieu de gesticuler stérilement dans le désert , saisir ces opportunités…

  3. Les « émeutiers » n’employaient pas leur révolte à piller les magasins de sport…ils ne « refusaient pas d’obtempérer » et surtout, à priori, il ne « s’ennuyaient » pas au printemps…

  4. Remarquons que tous ces blocages et ces manifestations énormes ont eu lieu, et sans combats de rue avec les gendarmes et policiers, pas de jets de pavés ni de mortiers, aucune confrontation. Il n’y a pas eu de vitrine brisée ni de mobilier urbain cassé, pas de feu de poubelles ou de voitures. Il semblerait bien que les éternels black blocs et autres gauchistes, ni aucun délinquant issu des quartiers habituels n’aient été se mêler avec les paysans en colère. En gros, les agriculteurs manifestant n’ont pas besoin du service d’ordre de la CGT ni des autres syndicats. A méditer.

  5. N’oublions pas que les gendarmes et les policiers sont aux ordres. Maintenant de là à embourber leur véhicule dans un champ, même si l’ordre est de poursuivre, on est tous équipés d’une cervelle et s’en servir n’est pas interdit.

  6. Heureusement pour eux que nos écolos bobos ne trainent pas dans les champs. De plus il devait être trop tôt pour que des émeutiers soient réveillés.
    Une journée de chance.

  7. Les paysans comme nombre de ceux qui souffrent ne sont pas violents alors on est féroce avec eux. Faible avec les forts, mais forts avec les faibles, c’est la constante des psychopathes auquel on peut ajouter le mensonge et la volonté d’humilier. Mais ce que ne comprennent pas les psychopathes c’est qu’un jour la masse l’emporte. Et l’adhésion au mouvement des agriculteurs est un signe fort qui prouve que ce jour est pour bientôt. Courage à nos agriculteurs, à nos artisans et à tous ceux travailleurs ou retraités qui souffrent des usurpateurs qui nous dirigent.

  8. Un beau pied de nez à ces journalistes, à ces chroniqueurs qui prétendent que toutes les manifestations se terminent sur des violences, à croire qu’ils les souhaitent (Cnews en pointe le 31/01 à 19h) . Les agriculteurs ne sont pas de ces écolos qui détruisent des bassines nécessaires aux récoltes. Des casseurs dispensés de garde à vue, eux. Des casseurs qui détruisent les engins des forces de l’ordre. Mais des casseurs absouts, faute de preuve, bien sûr, cela ne se voit pas !

  9. C’est avec ce genre de branquignols qu’on va être sauvés. La 7e compagnie au clair de lune, avec moi ils seraient bien rester dedans.

  10. Les agriculteurs auraient dû les laisser embourbés dans la boue, que les petits soldats comprennent que leur maître les laissera patauger dans les marécages une fois utilisés, n’ayant aucune considération pour eux et que mépris.

  11. Un agriculteur ne serait jamais entré dans le champ avec une voiture, à chacun ses compétences…

    • La différence est que pour être agriculteur, il faut avoir du bon sens! Ces forces de l’ordre sont habituées à em…r les automobilistes sur les routes et autoroutes et ne doivent pas savoir ce qu’est un champs.

  12. Nos agro culivateurs, nos petits paysans ont été encore une fois bluffés Il se sont laissés tromper et seront vite ruinés Les beaux discours trop sympathiques, emphatiques et faux, sont irréalisables pour un gouvernement qui n’a pas les moyens de ses promesses fallacieuses. Il faut qu’ils soient assurés qu’ils n’ont rien gagné. Ils ont perdu ils devront payer cher leur colère. L’Europe les saignera encore davantage sur le billot de l’industrialisation de leurs terres et surtout pour la gloire des financiers et de leurs profits… Pleurez dans les chaumières l’égoïste et cupide grand capital frappe à vos portes

    • Vous avez parfaitement résumé la situation.
      Une lisiérisation de l’Elysées aurait pu la sauver.
      L’humiliation aide à la réflexion.

    • Entièrement d’accord avec vous ! Ils ont été une énième fois roulés dans la farine de leur blé !

    • Triste réalité d’une capitulation de braves gens abusés, une fois de plus, par Tartuffe… Une fois de trop. Terrible et décevante image que celle de ces tracteurs battant retraite, penaud retour au bercail dans l’attente de mesures qui ne viendront vraisemblablement jamais!

  13. Il vaut mieux être une racaille de banlieue qu’un agriculteur en France par les temps qui courent, le traitement n’est pas le même !! Souhaitons que les français se réveillent aux élections de juin prochain ! Mais ce n’est pas garanti, un troupeau de moutons n’est pas une troupe de lions ……

  14. Et après avoir sortis les gendarmes du bourbier, ces sympathiques paysans ont quand même fini en garde à vue.

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