Robert Schuman, « le père de l’Europe », doit se retourner dans sa tombe !

Depuis que le a décidé de divorcer de l’Europe, on n’a jamais autant multi-dialogué en anglais du côté de Bruxelles. Le paradoxe vient d’être concrétisé par l’exacerbation de l’ambassadeur de auprès de l’Union européenne, Philippe Léglise-Costa, qui a claqué la porte d’une réunion du Conseil, ce mercredi 25 avril, car les travaux s’y tenaient en anglais, pour vraisemblablement réduire les contraintes de traduction.

Rappelons le poids du casse-tête linguistique de l’Union. 24, oui, 24 langues officielles occupent une armée de 1.500 interprètes – plus que le bataillon de commandement de la brigade franco-allemande – pour couvrir 552 combinaisons possibles de traductions simultanées ! C’est pire que le Loto…

Cependant, trois langues sont des outils de travail, ou « langues relais », au sein des institutions, qui sont le français, l’allemand et l’anglais. On pourrait admettre et comprendre qu’avec la désertion d’Albion, sa langue se fasse oublier au profit des deux autres, celles de la naissance de la Communauté européenne, celles de et d’Adenauer.

Notons, pour les béotiens, que l’irlandais est l’une des 24 langues et que seul Malte restera officiellement anglophone après l’avènement du « brexit ». Very surprising, isn’t it?

Paradoxe encore plus exaspérant, c’est précisément lors d’une réunion sur les budgets du post-brexit que notre ambassadeur a, avec raison, pété les plombs ! On le comprend…

24 langues sont donc officielles pour 28 pays membres de l’Union. Quels sont donc les cumulards ? Le français pour le Luxembourg et la , outre la France évidemment, et le grec pour la et Chypre.

, il est grand temps de rallier Bruxelles !

Des esprits chagrins objecteront que notre Président ne s’encombre pas de traducteurs et s’est adressé directement en anglais lors de sa récente visite officielle aux États-Unis. Là, je dis “stop and start” sans renier mon attachement exacerbé à la locution nationale. L’adresse à des instances publiques ou associatives dans la langue de l’hôte témoigne d’une belle élégance et d’une politesse dont n’étaient pas capables beaucoup de ses prédécesseurs. Et que le président américain, admirateur des pompes militaires tricolores et ami très proche de son visiteur a dû apprécier. Et puis, les mots chaleureux ou reconnaissants susurrés à l’oreille l’étaient peut-être en français. Qui sait…

29 avril 2018

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.