Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 2 octobre 2019

François de Voyer : « Convention de la droite : un député RN et un député LR, la symbolique est là ! »

Ouverture d’une enquête judiciaire contre Éric Zemmour, polémique qui n’en finit pas, annonce de Marion Maréchal déclarant qu’elle ne sera pas candidate en 2022… Y a-t-il un autre bilan à tirer de cette Convention de la droite qui, samedi dernier à Paris, a réuni une trentaine d’intervenants et une salle comble ?

Réponse de l’un des organisateurs, François de Voyer, au micro de Boulevard Voltaire.

Une Convention de la droite avec 2.000 personnes pour que, au final, Zemmour fasse l’objet de poursuites judiciaires et que Marion Maréchal annonce qu’elle ne sera pas candidate à la présidentielle de 2022… Cette convention valait-elle la peine ?

Le tableau que vous présentez est un peu sombre… Oui, bien sûr qu’il fallait la faire, cette Convention. Tout d’abord, les gens qui y ont participé étaient très heureux. Nous avons reçu énormément de messages de félicitations. Notre équipe de bénévoles est déjà motivée pour l’an prochain. Je vous rappelle que c’était une première édition. Nous nous inscrivons dans le temps long. Nous sommes donc très heureux de cette journée, de l’organisation et de la qualité des débats. Je vous rappelle qu’il y avait plus de trente intervenants. On se focalise sur deux ou trois, mais le public avait bien d’autres choses à se mettre sous la dent.
Pour vous répondre, néanmoins, concernant Marion Maréchal, un article du Figaro était sorti avant la Convention pour dire qu’elle prendrait du recul. En réalité, il n’y a rien de nouveau. La Convention n’a absolument pas déclenché le tweet de ce matin qui disait : « Je n’ai pas l’intention de me présenter en 2022. » C’était simplement une clarification. Elle reste sur la même position qu’en 2017. Elle avait dit qu’elle ne s’interdisait rien, elle n’a pas dit non plus qu’elle ne se présenterait plus du tout. Le contexte actuel reste compliqué. Donc, elle préfère prendre du recul. C’est normal ! Je rappelle que c’était aussi un message envoyé aux lieutenants et petits sous-fifres du Rassemblement national qui ne cessaient de lui envoyer des piques sur la base de fantasmes paranoïaques pour justifier leurs attaques. Là, au moins, les choses sont claires. J’espère qu’elle ne subira plus d’attaque dans tout ce qu’elle va construire dans les années à venir. Car, oui, elle va continuer à construire, et nous avec.
Au sujet de Zemmour, c’est une polémique en partie justifiée, puisque son discours était un constat assez dur. Je pense que ça fait du bien de l’entendre. Il est, en revanche, dommage que les gens n’aient pas forcément eu l’occasion, puisque c’était la perception des médias, d’entendre toutes les solutions et les motifs d’espoir qui ont été proposés à la suite de cette journée.

Le nom de « Convention de la droite » n’était-il pas un peu prétentieux dans la mesure où il n’y avait qu’une seule figure majeure du Rassemblement national et un seul représentant du parti Les Républicains ? Cela ne fait-il pas un peu léger, pour rassembler les droites ?

Concernant les intervenants, il y avait en fait deux représentants du parti Les Républicains. Et dans l’assemblée, il y avait énormément de Républicains. Il y avait, d’ailleurs, une tribune de 150 jeunes Républicains dans Valeurs actuelles qui témoignaient qu’ils iraient à cette Convention.
Côté Rassemblement national, c’était en effet un peu plus décevant. Il devait y en avoir certainement, mais ils devaient se cacher… C’est un peu dommage, car le nombre de sympathisants du Rassemblement national qui étaient intéressés par cette démarche était énorme, sans compter ceux qui sont venus en baissant la tête en espérant qu’il n’y ait pas un espion envoyé par quelques sous-fifres du parti. Je ne parle évidemment pas de Louis Aliot ou de Nicolas Bay, mais bien de sous-fifres qui servent d’éponges à parano de ce parti. Ce point est un peu dommage, mais j’espère que, maintenant, ils n’auront plus de grain à moudre et qu’ils ne seront plus écoutés nulle part, puisque les choses sont très claires.
Je pense que nous avons prouvé que nous n’avions pas d’intentions cachées. C’est bien un lieu de débat et de rassemblement que nous organisons annuellement. J’espère que, l’an prochain, maintenant que les doutes sont levés, davantage de représentants de ces formations politiques viendront désormais.
Mais attention, c’est déjà une révolution que d’avoir eu un député du Rassemblement national qui prenne la parole aux côtés d’un député des Républicains. C’est déjà une grande première ! On l’oublie, car tout cela se fait par petites étapes. Comme toujours, quand on a franchi une étape on se dit que c’était très facile. En réalité, cela s’est fait à la force du poignet. Il a fallu ce dîner en juin. Il a fallu travailler très longtemps, ce fut très compliqué à obtenir. La symbolique est là. Nous avions des représentants de ces deux partis. Nous avions des intellectuels qui étaient prêts à prendre la parole aux côtés de représentants de ce parti, en l’occurrence Gilbert Collard, et Marion Maréchal qui fut députée de ce parti. C’est déjà une grande première !
Le chemin commence, c’est une première édition. Je vous promets que nous aurons plus de gens pour représenter ces partis dans les années à venir.
Je rappelle, également, que l’intérêt de ces réunions est de se détacher du côté partisan. Lorsque l’on organise une rentrée politique, on n’invite pas un opposant comme Enthoven, et on ne risque pas le débat, on ne prend pas le risque, par exemple, d’avoir Robert Ménard qui vous en envoie plein la figure. Tout cela est délibéré. Nous savions ce qui allait se passer ou, en tout cas, que nous aurions des surprises. Nous le voulions ainsi, car il s’agit d’un format différent des rentrées politiques habituelles et que nous sommes hors des appareils partisans.

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