France TV : nouvelle sanction en peau de lapin administrée par l’Arcom

Alors que CNews subit de lourdes sanctions, l’audiovisuel public s’en tire avec de petites tapes sur les doigts.
Capture d'écran © France TV
Capture d'écran © France TV

Souvenez-vous : le 11 septembre 2025 sur France 2, l’émission L’Événement, présentée par Caroline Roux, recevait en grande pompe le banquier d’extrême gauche Matthieu Pigasse. Ce dernier avait pu y développer ses théories orientées, sans contraintes. Soit, c’est sa liberté d’expression. Mais un autre aspect de l’interview s’était avéré bien plus problématique et n’avait pas échappé à certains téléspectateurs attentifs : Matthieu Pigasse avait été présenté à l’antenne comme un simple chef d’entreprise, alors qu’il est en réalité très engagé politiquement et qu’il est, par ailleurs, cofondateur de la société Mediawan qui produit un programme de France 5 présenté par la même Caroline Roux ! En clair, cette dernière était en train d’interviewer son patron et l’a caché au grand public. Le manquement à l’éthique était manifeste, sans parler du conflit de loyauté.

Saisie, l’Arcom vient enfin de rendre son verdict. L’autorité de régulation admet que la présentation faite ce soir-là sur France 2 « ne satisfaisait pas pleinement aux exigences d’honnêteté et de rigueur de l’information ». C’est le moins que l’on puisse dire, en effet. Avec quelle sanction à la clef ? Une sanction pécuniaire ? Non. Une mise en demeure, sinon ? Non plus. France 2 a reçu un « rappel » pour toute sanction. « L’Arcom a rappelé à la chaîne la nécessité de donner aux téléspectateurs toute précision utile à la parfaite compréhension de la qualité des intervenants. »

Sur X, de nombreux internautes se sont étonnés d’une telle clémence. « L’Arcom est le bras droit de l’audiovisuel et de LFI, donc ce genre de décision n’étonne même plus », a déploré Léa. « L’ARCOM, notre ministère de la Vérité, sait dispenser avec doigté ses récriminations », a noté un autre internaute. « Servir la soupe à son patron dans une émission de service public et, en plus, escamoter le pedigree dudit monsieur ne choque pas le régulateur outre mesure », observe un troisième, blasé.

Un deux poids deux mesures évident

La mansuétude de l’Arcom est d’autant plus choquante que six petits jours plus tôt, elle s’était montrée autrement plus sévère envers un autre média. Il s’agissait alors de CNews, bien évidemment. L’autorité indépendante avait mis en demeure la chaîne pour deux séquences différentes. Dans la première, il était question du « caractère culturel » des attaques au couteau et du profil ethnique de leurs auteurs, souvent en « lien avec l’islam ». Scandale ! Dans la seconde, des propos avaient été tenus sur les « masses » de migrants, souvent clandestins, qui arrivent actuellement en France et de leur difficulté à « s'acclimater avec nos valeurs, nos mœurs et notre culture ». L’Arcom avait estimé que ces deux séquences étaient de nature à véhiculer « de nombreux stéréotypes particulièrement infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur ensemble » et « à encourager des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur nationalité ou de leur origine ». CNews avait écopé d’une mise en demeure.

Tandis qu’elle morigène du bout des lèvres France TV pour une faute professionnelle aussi grave que manifeste, l’Arcom sort ses griffes pour s’en prendre à CNews au motif d’une analyse politique jugée discriminante. Mais est-elle bien fondée à condamner des paroles qui ne font l'objet d'aucune poursuite judiciaire ? Son rôle n’est-il pas de sanctionner le militantisme de l’audiovisuel public et les malhonnêtetés intellectuelles, plutôt que de faire la police de la pensée sur les chaînes privées ?

Une connivence à démanteler

Dans sa dernière décision, l’Arcom a poussé le vice jusqu’à défendre l’audiovisuel public. Elle a en effet répondu aux plaignants que « le groupe France Télévisions a instauré au mois de septembre 2025 une charte visant à renforcer la transparence concernant les engagements des invités apparaissant dans ses reportages et intervenant sur ses plateaux ». Une façon de justifier l’absence de sanction réelle ?

Une fois de plus se pose la question de la connivence idéologique entre une autorité dite « indépendante », mais présidée par un socialiste, et un groupe audiovisuel public dont l’orientation à gauche a encore été confirmée tout dernièrement par l’affaire Legrand-Cohen ou une étude de l’institut Hexagone. Espérons que la commission d’enquête menée tambour battant par le député UDR Charles Alloncle permette de lever quelques lièvres et de ramener un peu de bon sens dans ce petit monde médiatique qui ne tourne décidément plus tout à fait rond.

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

83 commentaires

  1. L’ARCOM est malheureusement une officine de plus gouvernée par une gauche minoritaire dans notre pays, mais qui a su s’imposer partout où ils peuvent faire valoir leur moraline. Ce ne sont que des censeurs au service d’une idéologie. Mais pourquoi se gêneraient ils tandis que le Président continue de nommer des socialistes dans tous les rouages de l’état.
    Ça doit être amusant de se tirer une balle dans le pied, mais peut-être est il comme Jacques Chirac, un radical socialiste, sous couverture?

  2. « infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur ensemble »
    de la broderie ou l’art de brasser de l’air. Evidemment que les immigrés sont des personnes.

    « discriminatoires à leur égard en raison de leur nationalité »
    alors le droit de vote est « discriminatoire » puisque réservé aux cartes d’identité françaises; à moins que Gayssot et Arcom souhaitent accorder ce droit à la planète entière?

    « Avec quelle sanction à la clef ? Une sanction pécuniaire ? »
    Qu’est ce que ce délire : tous les contribuables devraient payer pour les délires de quelques bourges?
    Caroline Roux d’accord, mais pas TOUS les contribuables!

  3. N’oublions pas que c’est le CSA (ex-Arcom) qui a installé une femme (Ernotte) au pouvoir de la télé publique (des hommes étaient plus aptes qu’elle pour ce poste mais ils ont fait de la discrimination positive). Ils ne vont pas maintenant lui chercher des poux dans la tête.

  4. Depuis des mois on me censure quand je dis que nous sommes face à une bande d’escrocs à col blanc voir pire encore. Mais dans tout cela il faut considérer qu’ils assistent la majorité des Républicains qui se complaisent dans le système en commençant par tout ce qui relève du public vous savez, les charges d’un pays, nécessaires, utiles ou inutiles mais qui tous sont mieux lotis en termes de revenus, d’avantages et de vacances que ceux qui triment dans le privé pour les payer. Pourquoi croyez-vous que cette République Gauchiste à endetté la France à un niveau jamais connu et devenu irrécupérable sauf à entrainer la France et le restant du monde dans un nouveau conflit mondial pour remettre les compteurs à zéro. Et que fait Macron ?!!

    • Il continue à faire son cinéma, que plus personne ( ou presque) ne regarde.. Mais il est encore là, l’arcom c’est pareil, il est encore là, pour les mêmes films… Ras le bol de tous ces gens qui tremblent à l’idée de perdre leurs privilèges… C’est humain.. voyons

  5. Les décisions/sanctions de l’Arcom, ce « machin-qui-ne-sert-à-rien », au moins dans cet état…
    Est tellement énorme, qu’il serait presque serait rigolo, s’il n’était pas aussi grossier !

  6. Au diable l’ARCOM et tous les censeurs qui ne supportent pas que la vérité soit dite aux Français. Ils oublient que la Vérité est une et indivisible tout comme la République.

  7. On peut ajouter que Matthieu Pigasse est aussi propriétaire de radio Nova, sur laquelle récemment un animateur affirmait que « La police, c’est Daech avec la sécurité de l’emploi » suite au viol d’une femme retenue par deux policiers. Aux dernières nouvelles, aucune sanction. Par contre, si avait été mentionnée l’origine des policiers en question…

  8. Après élections et droite au pouvoir, fermer définitivement l’arcom et privatisation de l’audiovisuel public.

  9. Pour info .
    Une pétition en ligne sur le site de l’assemblée nationale pour la suppression de cette officine gauchiste l’arcom existe

  10. Qu’attendre de plus d’un organisme d’état charger de surveiller l’audiovisuel , dont les membres sont totalement a gauche.

  11. Bah oui. Et ? Tu parles d’une surprise ! La gauche a la main-mise sur tous les pouvoirs et outils du pouvoir. C.C., C.E, aCour des comptes, justice, enseignement, médias publics et privés sauf exception. Ils vont se battre jusqu’au bout ( et même après si vous voulez mon avis ). Tous les coups sont permis. Mauvaise foi, mensonges, falsifications, dissimulations, ils n’ont peur de rien.

    • Vrai Volente, et bien dit, mais il faut changer les lois, la constitution, ce n’est pas normal qu’un parti puisse être aux manettes de tous ces organismes qui gèrent la France. Mais encore une fois, nous avons les dirigeants que l’on mérite, et les français ont voté. ……2 FOIS;

  12. L’ Arcom est à l’image de l’autruche qui voulant se mettre à l’abri des risques enfouit sa tête dans le sable , d’ailleurs l’expression française « faire l’autruche » est bien à propos , mais est prompte à menacer de son bec aiguisé le congénère plus coriace. Espérons que cette commission d’enquête parlementaire sur le service public puisse aboutir face à cette nomenklatura dévoyée.

  13. La solution est toute simple ! Si l’arcom ne sanctionne pas, que les téléspectateurs se chargent de le faire : ne plus regarder ces chaînes, ce qui est déjà largement commencé puisque la chaîne CNews est de plus en plus appréciée.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L’enfance et la vieillesse payent l’incurie migratoire et sécuritaire
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois