Culture - Editoriaux - Polémiques - 18 juin 2019

Fête de la Musique à l’Élysée : cette année, c’est 100 % de femmes !

Lorsque le fringant Macron entra à l’Élysée, en mai 2017, il lui fallait songer aux législatives. Ça lui laissa peu de temps pour organiser la fête de la Musique. Il s’est rattrapé en 2018.

Ce 21 juin 2018, donc, le couple présidentiel ouvrait la cour de l’Élysée au bon peuple. Les manants allaient pouvoir se trémousser sous les fenêtres du monarque… C’était bal à Versailles, en quelque sorte. Et pour bien marquer ce grand moment de partage mornarchisto-républicain, on décida en haut lieu de faire la part belle à la diversité.

Invités d’honneur : les DJ stars de l’électro. De 20 heures à minuit, défilé de Black bien musclés en shorts cloutés et hauts de résille noire à larges mailles, sauf le DJ Kiddy Smile qui avait, pour l’occasion, enfilé un T-shirt floqué « Fils d’immigré, noir et pédé ».

Plus qu’un programme, une carte de visite.

Paris Match, le poids des mots, le choc des photos, a immortalisé la scène. Un cliché nous montre ainsi le couple présidentiel en ses appartements, le Président dans son fauteuil, Madame à ses genoux, tout autour, des représentants de minorités sombres et viriles, lunettes noires greffées sur le nez. On sent d’ici la sueur perler sous le « marcel » en résille noire… Sexy en diable !

Il en est tout ravi, notre Président, dans son joli costume. Il faut dire que, quelques semaines plus tard, sur l’île de Saint-Martin cette fois-ci, il goûtera à nouveau aux jeunes corps bobybuildés en zonzon. Le Président, gringalet tout sourire, posera entre deux jeunes gens torse nu. Deux p’tits gars pleins d’avenir, très bien sous tous rapports. L’un met les doigts en fourche pour signer sa victoire, l’autre fait un doigt d’honneur. Explicite. Orienté. Il n’y a pas à s’y tromper : il désigne, sans doute possible, M. Emmanuel Macron, président en exercice de la République française.

Cette année, l’élyséenne fête de la Musique sera plus sage, bien que réservée elle aussi à une catégorie discriminée : les femmes.

La programmation de ce 21 juin 2019 est, néanmoins, tout aussi révolutionnaire puisque 100 % féminine. Pas de mélange des genres : « MeToo » et « Balance ton porc » sont passés par là, ça va donc swinguer en chromosomes X. Au programme : le groupe Brigitte, Iris Gold, Pongo ou Saint Sister.

On espère Marlène Schiappa en guest star. Enfin, moi je l’espère. Un karaoké bien calé, ça aurait de la gueule, non ? Et une petite chorale des femmes du gouvernement dansant un madison, ça serait pas sympa ? Je m’égare…

Finalement, à bien y réfléchir, il se peut que tout cela soit un effet de la simplification administrative que nous appelons tous de nos vœux. C’est vrai, la mixité est un casse-tête : il faut ménager les susceptibilités, respecter les quotas… on n’en sort pas. Alors, programmer de façon strictement discriminante apparaît comme la solution idéale. Bon sang, mais c’est bien sûr : hier les DJ black, aujourd’hui les groupes de femmes, l’année prochaine les obèses, en 2021 les transgenres, 2022…

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