Face aux agriculteurs, Sandrine Rousseau se dit « économiste » !

À Couthures-sur-Garonne, les agriculteurs l'ont accueillie avec une banderole : « Pour sauver un agriculteur, mangez un vegan ! »
Capture d'écran 
LCP - Assemblée nationale.
Capture d'écran LCP - Assemblée nationale.

Le Festival international du journalisme de Couthures-sur-Garonne, c’est un peu l’Internationale de la presse de gauche : un entre-soi médiatique et éminemment politique.

« Pour sauver un agriculteur, mangez un vegan »

Lors de l’édition 2026, qui s’est déroulée du 10 au 12 juillet, Sandrine Rousseau était l’invitée de ses amis du quotidien Le Monde et de l’hebdomadaire Le Nouvel Obs, organisateurs de l’événement. Cette présence n’a pas échappé à un groupe d’agriculteurs et de chasseurs locaux qui sont convenus d’organiser, le 11 juillet, un barbecue aussi festif que contestataire à l’endroit de l’écolo féministe. « Pour sauver un agriculteur, mangez un vegan », proposait une banderole, en réponse aux sorties volontairement provocatrices de l’élue parisienne (députée Les Écologistes de la 9e circonscription), opposée au barbecue érigé en symbole ultime de la viande et du patriarcat masculiniste.

« On va manger tout ce qu’elle déteste. On est là pour lui dire qu’elle arrête de toucher à nos traditions », expliquait, au quotidien Sud-Ouest, la présidente Coordination rurale de la chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, Karine Duc. Quand d’autres auraient ignoré l’invitation, Sandrine Rousseau s’est empressée d’y répondre, toujours à l’affût d’un « buzz ». Avec elle, on n’est jamais déçu. Au-delà de la polémique sur le barbecue, qui ne fait finalement qu’illustrer le fossé culturel entre l’écolo-parisianisme et une France enracinée et le profond mépris du premier envers la seconde, c’est sur le modèle économique agricole que s’est engagé le débat, à quelques mètres des saucisses frétillant sur le barbecue improvisé.

Il fallait vider une querelle datant d’un an déjà, lorsque Sandrine Rousseau, en plein débat sur la loi Duplomb, expliquait, au sujet des agriculteurs, qu’elle n’avait « rien à péter de leur rentabilité ». À l’époque, son propos visait surtout à délégitimer l’emploi de toute chimie, même raisonnée, pour favoriser la pousse et la protéger des attaques nuisibles, quitte à créer des situations de concurrence faussée avec des pays n’étant pas soumis aux mêmes contraintes.

Un revenu minimum agricole ?

Mais le 11 juillet, Sandrine Rousseau, interpellée à nouveau sur cette question de rentabilité, a confirmé que son propos allait bien au-delà de questions relatives aux engrais et pesticides. Un agriculteur présent se présente comme « quelqu’un qui, depuis quatre ans, n’a pas sorti un sou de son exploitation » et s’indigne qu’elle puisse déclarer qu’elle n’en a « rien à péter » : l’élue écologiste précise alors sa pensée. « La quête de rentabilité est en train de vous faire crever. Et c’est ça, mon sujet : que vous ayez un revenu minimum qui vous donne de la dignité. »

Un autre s’énerve de sa tendance à donner des leçons et constate : « Vous n’êtes pas agricultrice et vous savez mieux que nous comment il faut faire » ! Sandrine Rousseau s’amuse alors à en rajouter dans la suffisance méprisante. « Non, mais je suis économiste », lâche-t-elle, face à des interlocuteurs indignés.

Estimant, sans doute, qu’ayant déclenché le « buzz » recherché, il était prudent de ne pas approfondir, l’écologiste a alors tourné les talons, non sans une dernière attaque face aux journalistes présents. Elle se dit surprise « qu’en période de canicule, quand leurs récoltes, leurs revenus, leurs exploitations sont en danger, la priorité soit de venir faire un barbecue ». Allez donc bosser, les gueux…

Au-delà du style de l’intéressée, entre morgue et mépris, son propos est révélateur d’une vision en rupture totale avec le monde paysan. Ce qu’a immédiatement perçu la co-présidente de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR 47), Katerine Duc : « Elle est contre les traditions, elle est contre l'agriculture, elle est contre tout. Contre tout ce qui, finalement, fait vivre nos territoires ruraux. »

« De l'assistanat, tout ce qu'on dénonce »

Interrogée par BV, l’ancienne présidente nationale de la CR, Véronique Le Floch, ne mâche pas ses mots : « En fait, Sandrine Rousseau, je la trouve ridicule » car « son discours méconnaît le fait que le revenu et la rentabilité sont liés ». Or, poursuit-elle, « si son idée, c'est de donner aux agriculteurs, à ceux qui travaillent, un revenu, quelle que soit la quantité de travail fourni, ça s'appelle de l'assistanat. C'est tout ce qu'on dénonce. » Au bout du compte, constate Véronique Le Floch, « ce qu'elle veut, c'est une déproduction et une désagriculturation suivie d'une délocalisation ». Quant au salaire minimum auquel fait allusion Sandrine Rousseau, n’est-il pas finalement que la traduction agricole du salaire universel ? Pour Véronique Le Floch, « tant qu'il n'y a pas cette politique d'obligation de résultat, chacun entretient un système théorique idéal et brasse du vent ».

L’écologisme agricole de Sandrine Rousseau, loin de s’opposer au libéralisme agricole qui débouche sur des accords de type Mercosur, favorise au contraire ces derniers. Les agriculteurs s'estiment pour beaucoup coincés entre deux systèmes mortels, l'écologie et la production à échelle industrielle. Pour l’ancienne patronne de la CR, « ce qui est défendu par la FNSEA, c'est une autre fuite en avant. Ils se savent sans solution par rapport à la situation actuelle et ne veulent pas aller vers la déproduction. Alors, ils ne trouvent pas d'autre solution que celle de la finance et d’une adaptation de l’agriculture aux schémas ultralibéraux », explique-t-elle. « Mais là où les écologistes et les ultralibéraux se rejoignent, c'est qu'on va, dans l'un et l'autre cas, dans une forme d'esclavagisme. » L’un, soutenu par Sandrine Rousseau et la Confédération paysanne, de type collectiviste, où « le capital est détenu par des structures comme Terre de Liens, financées par nos impôts, où le producteur est déresponsabilisé ». L’autre, défendu « par la FNSEA, où le même producteur est exploité cette fois-ci par des intervenants privés dont il dépend : industriels et financiers, grosses coopératives, banques, assureurs… »

Entre les deux, une troisième voie d’indépendance et de pérennité par la rentabilité, proposée par la CR, rencontre un fort écho chez les paysans, mais se heurte toujours à un mur au sein du monde politique, comme le prouvent les sorties systématiquement houleuses d’un Emmanuel Macron ou d’une Sandrine Rousseau face au monde agricole.

Vos commentaires

70 commentaires

  1. Avec Md Sandrine ROUSSEAU on change de langage, Pour elle on ne dit plus un STEAK mais un CADAVRE D ‘ANIMAL surtout dans les restaurants. Par exemple on ne dit plus une, Députée Ecolo Stupide, on dit maintenant une Sandrine ROUSSEAU, également on ne dit plus maintenant ,une soi disant économiste qui ne connait pas le mot rentabilité, on dit maintenant une Sandrine ROUSSEAU.
    Mais dans ce monde triste de la politique, soyons indulgents avec Sandrine ROUSSEAU car elle nous fait bien rire, en effet nous avons eu peur pour elle ,si, si , surtout quand elle nous a fait part sur les reseaux qu’elle avait été menaçée lors d’un des ses meetings par des membres de l’OAS …incroyable !! dont le dernier membre a été arrêté en 1965…Alors qu’elle est née en 1972; Les journalistes en rient encore ..
    Heureusement chez Sandrine Rousseau, il y a parfois du positif.La meilleure preuve en quittant son poste de prof d’économiste à l’Université, elle a évité à ses étudiants d’être aussi nulles qu’elle , en connaissant vraiment le mot rentabilté, terme inconnu d’elle ,comme bon nombre d’universitaires qui touchent leurs salaires depuis des années sans la moindre contrainte de rentabilité.
    Les gueux, comme les paysans, eux n’ont pas de salaires qui tombent automatiquement , expliquez donc à Md ROUSSEAU ce terme mystérieux, pour ellle ( rentabilité), qui ne connait que le mot sécurité de l’emploi.

  2. Si elle veut recevoir une leçon d’écologie et d’économie liée à la conservation de notre héritage commun que sont notre agriculture et nos paysages, je crois que le contact avec le monde agricole lui soit indispensable. Mais comme dispensateur de vérités, elle n’écoutera vraisemblablement pas. Elle est là pour donner des leçons pas pour en recevoir. Elle est de ces écologistes qui iraient planter une plante en pot dans une forêt vierge !

  3. La bêtise c’est comme le chiendent : cela ne se cultive pas et cela pousse tout seul. Bien le bonjour, Madame Rousseau.

  4. Quant à Macron son objectif est de donner l agriculture et ses revenus à ses petits copains. Conforme à la définition du banquier dans les mots croisés : le renard argenté.

  5. Il serait intéressant de savoir si Madame Rousseau est toujours rémunérée en tant qu’enseignante et si elle cumule ce salaire avec ses émoluments de députée. Elle devrait avoir honte de se moquer de la situation financière de nos agriculteurs

  6. IL arrive qu’avec certains élus , la bêtise humaine se surpasse et devienne aussi vulgaire que dangereuse. Sandrine Rousseau présente bien des traits communs avec Jean-Jacques dont on sait combien il était détesté par Les français voltairiens . Dommage que l’idiotie ne se dissolve pas avec le temps .

  7. Sandrine Rousseau est prof d’économie, c’est là tout le problème et ça explique pourquoi notre pays en est là.

  8. Dans les années 72 j’ai fait ma coopération militaire en Algérie.
    Suite à sa révolution « sociale » le ministère de l’Agriculture avec confisqué la totalité des terres pour donner des consignes nationales sur les plantations… 
    On tolérait que les paysans pour leurs besoins personnels se réservent un lopin de terre qui faisait l’objet de toutes les attentions méticuleuses…
    Les marchés n’exposaient que des montagnes impressionnantes de pastèques qui ne se vendaient pas bien sûr et que les habitants contemplaient avec consternation !
    Il y avait souvent dans un coin un petit étal d’un producteur de fruits et légumes devant lequel se formait une impressionnante file d’attente…
    Lorsqu’un régime communiste veut imposer sa planification « économique » ça se transforme en désastre !
    Une fois de plus « il y a ceux qui savent et qui font et ceux qui enseignent » certains ajoutent malicieusement : « ceux qui sont incapables d’enseigner font de la politique (à l’image de S Rousseau) !
    Pour la politique on touche vraiment le bas du fond de la déchéance.

  9. S. Rousseau est à l’économie ce que les Pasdaran sont à la sécurité sociale. On a compris qu’en fait d’ « économiste », on a en réalité affaire à une étudiante attardée biberonnée aux théories marxistes (qui ont brillamment prouvé leur ineptie). Comment décorreller rentabilité et revenu ? Fastoche ! Se faire élire sur une liste LFI, faire semblant de travailler en passant son temps à faire de l’agitation à l’Assemblée nationale et débiter des imbécillités à l’extérieur. Activité totalement non rentable mais qui vous assure un haut revenu ! Il ne reste plus qu’à transposer ce modèle aux exploitations agricoles, évidemment ! Sauf que…Ah ben mince, ça ne marche pas, trop bête !

  10. C’est comme dans toutes les professions. Des économistes il y en a des bons et des très mauvais.e.s. (Suivez mon regard).
    L’inconvénient est qu’elle a inculqué ses théories fumeuses à des étudiants.
    Mais rien qu’au son de sa voix, je me serais barré avant la fin du premier cours.

    • Comme je le signale « Il y a ceux qui savent et qui font… et il y a ceux qui enseignent  »
      C’est grâce à ses « bons économistes » que la France se retrouve au dessous du niveau ce la mer !
      Pour parler d’une profession il faut la connaitre !

  11. Le modèle économique « rousseauiste » est de revenir aux méthodes de culture de mon grand père, j’ai plus de 80 ans. Pourquoi pas … mais alors il faut éliminer au moins 30 millions de français car son système ne permettrait de nourrir que 35 millions d’habitants et pas tous les ans. Chaque famille aura sa petite ferme et élèvera poules lapins, cochons, vaches à lait ou de traction …. Dans ce systèmes d’autarcie seuls les plus forts résistent à la dureté de la situation. Les véganes meurent les premiers et je ne donne pas cher de ceux qui refuseraient de tuer le cochon à la ferme.

    • Il semblerait hélas qu’elle veuille instaurer un système dictatorial communiste qui impose le choix et les méthodes de cultures tout en reversant un petit revenu fixe au actifs !
      La martingale parfaite pour tuer ce secteur qui ne vit que de la passion de ceux qui pratiquent en en faisant des fonctionnaires démotivés (pléonasme je sais !)

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