Editoriaux - Politique - 4 mai 2019

Européennes : ces élections de tous les records pour la gauche comme pour la droite

Depuis vendredi soir, nous savons le record battu : il y aura 33 listes (de 79 candidats chacune) pour les élections européennes de la fin du mois. 33 listes ! Vous me direz qu’il y en avait 198 en 2014, mais le scrutin avait été régionalisé, ce qui revenait, en fait, à 24. La dernière fois que l’on vota pour des listes nationales, comme cette année, en 1999, il y en eut 20. Donc, record battu.

On vous passera l’énumération des petits partis pour retenir la présence de trois listes gilets jaunes. L’impression qui domine est celle d’un éclatement : celui des gilets jaunes, donc, partagés entre ces trois listes, et la présence de certains leaders sur d’autres listes, comme Benjamin Cauchy sur la liste de Nicolas Dupont-Aignan. Mais l’émiettement vaut surtout pour la gauche : entre PC, La France insoumise, la liste Hamon, Glucksmann, Force ouvrière, Europe Écologie Les Verts, Urgence écologie, et la gauche ralliée à Macron, on n’aurait jamais cru qu’il y avait autant de chapelles dans cette ZAD …

À droite, les choses sont plus simples, mais guère plus réjouissantes : le Rassemblement national veut reproduire son coup d’éclat de 2014 : 25 % des voix, Nicolas Dupont-Aignan veut enfoncer la barre des 5 %, et Les Républicains veulent éviter leur irrésistible déclin, avec la figure et les convictions de Bellamy destinées à effacer des décennies d’absence de convictions. Paris difficiles pour les trois, qui risquent de se retrouver à la fin du mois avec les mêmes défis devant eux, la même « guerre à droite » à continuer.

D’autant que, même s’ils parviennent à atteindre leurs objectifs (25 %, 5 % et 15 %), ce ne seront que des succès très très relatifs. D’abord car l’abstention s’annonce très forte, comme d’habitude, à plus de 50, voire 55 %, ce qui fausse les extrapolations du scrutin. Ensuite car le total des trois droites ne sera, au mieux, que de 40 %, bien inférieur à celui de 2014 ou même de la présidentielle de 2017, avec un enkystement des divisions, qui plus est. Enfin, on sait que le succès du FN en 2014 n’aboutit qu’à la contre-performance de Marine Le Pen en 2017, avec un petit 21 %. Tout ça pour ça, peut légitimement penser l’électeur en allant déposer son bulletin « Bardella », qui n’est pour lui qu’une anagramme de « Non à Macron ». La droite est peut-être en passe de battre, elle aussi, ses records, mais pas les bons.

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