Une jeune femme de mon entourage, de retour d’un voyage professionnel à Amsterdam, dans l’une des succursales de son entreprise, m’a rapporté récemment sa stupéfaction devant les procédures mises en place là-bas pour « lutter contre la pandémie » : des bracelets de couleur pour indiquer ce que chacun est prêt à accepter ou non de la part de ses collègues de travail.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Il ne s’agit pas d’éviter la drague lourdingue du mâle blanc qui s’aviserait de féliciter les porteuses d’utérus pour leurs boucles d’oreilles ou leur nouvelle coiffure ; non, beaucoup plus prosaïquement, c’est signifier aux autres ce que l’on accepte ou pas en matière de « distanciation sociale » : se serrer la main ou pas, faire un “« check » du coude ou du poignet, se saluer de loin, s’éloigner de deux mètres avant de parler, garder son en toute circonstance, déjeuner ou non en compagnie des collègues, etc.

La chose, on s’en douterait, vient d’outre-Atlantique. Le HuffPost, reprenant un article du Wall Street Journal, en parlait déjà en juin dernier (11/6/21), annonçant que « le code couleur Covid-19 se généralise dans le monde du travail ». Toutefois ne semblait-il alors réservé qu’aux événements type colloques, soirées festives, etc. Parvenue sur le Vieux Continent, l’opération s’est perfectionnée et les couleurs se sont multipliées. Du rouge – interdiction d’approcher – au vert – tous est permis –, les nuances de l’arc-en-ciel se sont invitées sous forme de bracelet, voire d’autocollant à placer sur la poitrine.

Il s’agit, disent les Américains inventeurs de ce beau concept, d’indiquer aux autres « son rapport aux gestes de socialisation ». Comme les vaches avec une clôture électrique, c’est en fait éloigner les importuns dans une démarche que l’on pourrait intituler « plus jamais avec mes semblables ». Car, au fond, c’est bien cela qui se met en place : la suppression de tout contact avec ses semblables, devenus en l’espace de deux ans un facteur de nuisance et une espèce à éviter.

L’idée fait son chemin, déjà intégrée par des millions d’individus qui hurlent contre « l’atteinte aux droits de l’humain » en Chine mais ne demandent qu’à renoncer au peu de liberté qui leur reste.

Les entreprises qui ont déjà instauré ce système assurent le faire « pour le bien-être et le respect des personnes travaillant en présentiel ». De même, des particuliers utilisent le code couleur pour « des occasions plus festives, des mariages par exemple ».

Voilà donc ce qui nous attend demain, quand on aura reçu 3, 4, 5 ou 6 doses de vaccin. Où qu’on aille, même et surtout au travail pour les inconscients qui voudraient encore mettre le nez dehors, il faudra présenter son à l’entrée, puis sa pièce d’ pour prouver qu’il n’est pas usurpé, puis mettre son bracelet de couleur avant de passer devant la machine à café condamnée par du scotch rouge et blanc (une scène de crime en puissance). Fini les bureaux ouverts dont on vantait hier la convivialité ; tout le monde retournera dans son bocal avec prière d’apposer sur la porte le macaron de couleur qui éloignera les pestiférés.

Sur CNews, ce jeudi, à midi, Laurent Toubiana, chercheur à l’INSERM, spécialiste depuis trente ans de l’épidémiologie transmissible - il est vrai contesté par beaucoup -, donnait les chiffres suivants. Très officiels, ils émanent du réseau Sentinelles et de SOS Médecins : le premier a recensé 40 malades du Covid en une semaine pour 100.000 habitants, le second 33. Toujours sur une semaine et pour 100.000 habitants, les hospitalisations sont de 12,8 malades et les admissions en soins critiques… 2,8 ! Précision utile : on compte, en France, de 5 à 7.000 lits d’hôpital pour 100.000 habitants.

 

 

23 décembre 2021

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