Editoriaux - Santé - 18 mai 2019

Et maintenant, ils déremboursent l’homéopathie !

L’écologie humaine est en danger.

Depuis longtemps déjà, le débat passionne autour de ces minuscules billes de sucre aux doses infinitésimales. La Haute Autorité de santé missionnée par Agnès Buzyn pour donner son avis sur le déremboursement de l’homéopathie vient de faire tomber le couperet présentant un « service médical insuffisant ».

Nous voici revenus au temps des médecins de Molière : même les bien portants se trouvent en danger. Remboursement de l’avortement de confort, mort programmée de Vincent Lambert, déremboursement annoncé, aujourd’hui, de l’homéopathie : les docteurs hypocrites plutôt qu’Hippocrate font tomber leurs verdicts comme autant de couperets.

Pourquoi s’attaquer à une médecine économique et naturelle tandis que 77 % de Français y ont déjà eu recours ? Comment soignera-t-on les femmes enceintes tandis que la majorité des traitements allopathiques est déconseillée en cas de grossesse ? Les nourrissons seront initiés à la médecine chimique par une avalanche de vaccins, qu’importent les effets secondaires, il y aura toujours une nouvelle molécule pour les soigner. Qui n’a jamais donné d’arnica à son enfant après une chute ?

L’homéopathie se distingue comme la médecine des maladies chroniques. « Pour un médecin allopathe, toute maladie aiguë tient du hasard. Le médecin homéopathe y verra à l’inverse l’émergence d’une maladie chronique sous-jacente, ayant pour but d’améliorer le terrain, et devant donc être canalisée, mais pas forcément évitée. C’est la grande différence de conception, fondamentale, de la vision de la maladie par ces deux médecines », explique le Dr Tisserand. En somme, l’homéopathie prendra en considération l’unité du corps et de l’esprit, tandis que l’allopathie s’attachera à soigner l’organe, n’observant que le symptôme. Comme l’on répare ou change une pièce mécanique. Un détail qui n’en est pas un et fait toute la différence dans une société de plus en plus désincarnée.

Premier procès, son effet placebo. Nos autorités peinent, en effet, à croire ce qu’elles ne voient pas. Et pourtant, l’homéopathie est bien affaire de message – maladie ou remède – qui trouvera un écho selon le terrain où il agit. Ni plus ni moins que comme l’inexplicable onde que les smartphones vissés à nos oreilles transforment en voix. Si elle ne sait pas observer la source du remède, que la Haute Autorité en observe au moins les effets : admettons que ce ne sont pas les patients qui font, aujourd’hui, le procès en charlatanisme, mais bien cette assemblée qui, quand on lui demande de montrer la Lune, regarde son doigt !

Second procès, l’homéopathie coûterait trop cher. En cause, les 130 millions de soins homéopathiques remboursés par la Sécurité sociale chaque année, goutte d’eau dans les près de 20 milliards remboursés au total. Quitte à réaliser des économies, la Haute Autorité ne pourrait-elle pas poursuivre son enquête ? Combien pour les 200.000 avortements par an ? Combien pour les chirurgies génitales entièrement remboursées par l’assurance maladie ? Combien pour les scandales sanitaires des firmes pharmaceutiques ? Combien pour le recours exponentiel aux antidépresseurs, signe que la France d’aujourd’hui peine à apporter quelque solution à nos maux contemporains ? N’y a-t-il pas là assez de matière à comité d’experts et à déremboursement ?

Le Dr Tisserand de conclure : « L’homéopathie n’a jamais prétendu être la médecine universelle. Elle est surtout une médecine de première intention, familiale, non toxique, permettant de régler de nombreux problèmes psychologiques. » En déremboursant l’homéopathie, faut-il s’attaquer au pouvoir d’achat des Français et, par conséquent, à leur liberté de se soigner comme ils l’entendent ? Dans un climat social déjà plus que tendu, est-ce vraiment nécessaire ?

Laissons-lui une chance, Messieurs les bourreaux, et souvenons-nous de ce mot de Péguy, dans sa première Jeanne d’Arc, invitation au sursaut de nous-mêmes et aux anticorps intérieurs. Il nous donnait un peu la devise de l’homéopathie : « Le secours de la France, il est en France ! »

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