Politique - 6 septembre 2018

Erik Tegnér, une (dernière) chance pour LR ?

Pour les caciques LR, Erik Tegnér, qui brigue la présidence des jeunes du parti et vient de lancer sa campagne dans une péniche parisienne, est une bonne nouvelle.

Il apporte d’abord la preuve vivante qu’il y a encore des jeunes LR – pour un parti n’envoyant guère de rêve depuis des mois, ce n’était pas gagné… -, que ceux-ci sont même nombreux – la péniche ressemblait à un couloir de métro un jour de grève – et assez motivés pour briguer des responsabilités. Notons qu’en sus, Erik Tegnér exerce un certain magnétisme sur la presse (L’Obs, L’Express, Le Huffington Post, Le Figaro…) qui, évoquant “un étrange parcours” et un “extrême-rebelle”, tente laborieusement de lui trouver un environnement familial d’extrême droite mais peine à faire rentrer, même au chausse-pied, dans la petite boîte fachosphère un ancien soutien de Virginie Calmels.

Pourtant, s’il y avait tout le gratin ou presque de la droite dite hors les murs – Jean-Frédéric Poisson, Paul-Marie Coûteaux, Nicolas Dupont-Aignan, Charles Millon, mais aussi Sébastien Chenu ou encore François de Voyer, proche de Marion Maréchal -, la droite dans les murs (la droite dans le mur, disent les mauvaises langues) était restée… claquemurée chez elle. Pas un seul poids lourd LR pour soutenir le jeune poulain.

Il en va sans doute ainsi de toutes les boutiques qui ont eu leur heure de gloire : mais on a toujours fait comme ça ! gémissent les cadres en se grattant le crâne, trop proches de l’âge de la retraite pour se réformer. Casser les codes, s’ouvrir, changer de méthodes, de produits… plutôt mourir !

Sauf qu’on ne fourguera pas des Minitel à la génération MacBook. L’union, la porosité, les alliances, les discussions, les fraternisations dont les barbons ne veulent pas dans les urnes se font déjà dans les bars, comme le décrit la journaliste Pascale Tournier dans son livre Le vieux monde est de retour“Tout le monde pense la même chose mais vote différemment”, lui a lancé Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef de Valeurs actuelles, en boutade. Tout est dit. Le nœud est là. La gauche tombera lorsque cette pensée commune trouvera, grâce à un décloisonnement concret, à s’incarner. La communauté de valeurs deviendra alors communauté de vainqueurs. Et c’est là, peut-être, l’erreur de Sens commun, animé pourtant des meilleures intentions : rester confiné de crainte d’être contaminé. Comme nombre d’hypocondriaques, Sens commun – encore qu’il n’ait peut-être pas dit son dernier mot ? – a fini par mourir du mal que, durant toute sa courte existence, il a redouté : la diabolisation.

Contre toute attente, ce n’est pas en France que le bloc anti-Macron s’est dessiné, fortifié et personnifié, mais à l’étranger : “Salvini contre Macron, la bataille des deux Europe”, titre, aujourd’hui, Courrier international. Qui veut être chef de file de l’opposition en France n’a pas d’autre choix : la salvinification ou la disparition ! Qui sera le Salvini français ? Qui dégainera le premier, qui aura assez de force, de courage et de culot pour tirer l’épée Excalibur ? Erik Tegnér semble vouloir l’offrir à LR sur un plateau d’argent.

Oui, pour les caciques LR, Erik Tegnér est, stratégiquement, une bonne nouvelle. Encore faut-il qu’ils s’en aperçoivent.

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