La France ressemble de plus en plus à un navire dont le commandant et les officiers s’obstinent à suivre un cap suicidaire, droit sur les récifs, et font régner à bord une discipline de plus en plus sévère et absurde tandis que les passagers se partagent entre soumission et révolte, mais toujours sans penser au bateau, mais uniquement à leurs peurs intimes et à leurs intérêts personnels. Notre pays continue à ouvrir ses portes à une immigration dont on pèse désormais le coût, non seulement sur la dépense publique, sociale, médicale, et sécuritaire, mais aussi, et surtout, de manière plus qualitative sur la dégradation de notre cohésion nationale. La gestion lamentable de la crise sanitaire alors que l’on présentait notre système de santé comme un phare mondial devrait signaler à nos dirigeants que notre déclin bascule en zone d’alerte maximale.

Or, le gouvernement ne cultive avec insistance qu’une angoisse : celle du Covid-19. Celle-ci est distillée chaque jour et amplifiée par des mots et des chiffres que les médias reprennent en chœur : tests positifs, taux d’incidence, hospitalisations, réanimations, décès, qui conduisent à diffuser la préoccupation, l’inquiétude, le risque imminent d’un basculement d’une région en zone d’alerte « rouge » et celui, inéluctable, d’une seconde vague du virus. On observera que la létalité due au Covid-19 demeure modeste et ciblée, que les chiffres d’hospitalisation n’ont rien à voir avec ceux du printemps, que l’usage qui est fait des tests les rend inefficaces en raison des délais d’analyse, et plus encore parce qu’ils amènent à confondre positivité, contamination et contagiosité. Enfin, la mortalité dans le pays a été peu modifiée par cette épidémie qui tue moins que d’autres maladies curieusement oubliées. Mais cette peur collective entretenue, loin de renforcer la solidarité de manière dynamique, distend les liens sociaux en même temps qu’elle augmente les contraintes sous peine de sanctions. Elle transforme une nation en troupeau, soumis à un berger liberticide, heureux de réduire les rassemblements et la contestation.

Si nous devons être vraiment inquiets, c’est de la sournoise combinaison qui se produit entre ce contrôle de la population et la réduction de la liberté d’expression. C’est ainsi qu’une fois de plus, Éric Zemmour est la cible de l’inquisition de gauche qui règne dans le pays. On peut, certes, lui reprocher une généralisation abusive au cours d’une improvisation, qu’il a corrigée par la suite. Mais la vigueur et le nombre des commissaires politiques qui réclament sa condamnation nous rappellent que la liberté de pensée ne cesse de reculer dans notre pays depuis des lustres. Doublement plus grave : le « ministre » de la Justice Dupond-Moretti le traite de « multirécidiviste de la haine », et il le fait sur une chaîne du service public (France 5). Il est clair que, pour l’avocat, la délinquance verbale est au moins aussi grave, sinon plus, que la violence physique. Or, c’est cette dernière qui révoltait le journaliste après l’attentat commis près des anciens locaux de Charlie Hebdo par un faux mineur pakistanais.

Sur une autre chaîne du service public (France Inter) intervenait un « sociologue » d’extrême gauche, Geoffroy de Lagasnerie, venu promouvoir son bouquin en même temps que son refus du débat, la censure de la droite et, bien sûr, la légitimité de l’aide à l’immigration illégale. M. Macron peut parler du séparatisme sans l’attaquer à la source, c’est-à-dire dans notre folle politique migratoire. Il peut aussi interdire que l’on accuse cette source grâce à la complicité des médias et de la Justice. En cela, il conduit le vaisseau France à une catastrophe – une vraie, cette fois.

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