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Coronavirus - Editoriaux - Politique - Santé - 31 mars 2020

Épidémie : la médecine de ville oubliée !

« Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle », avait déclaré le conseil scientifique pour justifier sa prolongation, sachant que la mise en quarantaine des personnes contaminées est impossible car nous ne disposons pas de suffisamment de tests pour effectuer un dépistage massif à l’échelle nationale.

Cette prolongation de confinement, bien ou mal acceptée par la population, traduit la volonté des autorités sanitaires de réduire au maximum le nombre de cas pendant le pic épidémique afin d’éviter que les structures sanitaires ne soient submergées par le nombre de patients à prendre en charge simultanément. Si les services hospitaliers (publics et privés) étaient subitement submergés, le taux de mortalité grimperait en flèche car, hélas, les autorités n’ont su proposer que l’hospitalisation, et éventuellement la réanimation, pour tenter d’enrayer cette épidémie.

Malheureusement, notre système hospitalier, mis à mal par plusieurs décennies de politiques de santé irresponsables, est incapable d’absorber tous les malades (nous avons trois fois moins de lits de réanimation que l’Allemagne, ce qui explique peut-être la différence de mortalité entre les deux pays) ; le confinement devrait permettre d’amortir le pic épidémique mais n’aura que peu d’influence sur l’évolution globale de l’épidémie et il faudra attendre encore plusieurs semaines avant d’en voir la fin.

On pare au plus pressé et on fait ce qu’on peut, alors on ne peut qu’encourager et soutenir ceux qui, par leur action, essaient de limiter l’ampleur des dégâts, mais on ne peut cependant pas s’empêcher de poser certaines questions.

Pourquoi ne pas avoir valorisé la prise en charge des malades en amont par la médecine de ville en lui donnant les moyens d’agir efficacement, en se protégeant mieux (on attend toujours les masques !) et en demandant aux médecins généralistes d’essayer, en cas d’infection avérée, lorsqu’il n’y a pas de contre-indications, le traitement associant hydroxychloroquine et azithromycine qui, au pire, peut être inefficace, mais qui semble aussi pouvoir éviter une aggravation, et donc une hospitalisation ? Nous avons tout à y gagner, autant sur le plan humain que sur le plan économique (il faudra, bien sûr, tester la réelle efficacité de ce traitement par des études scientifiquement rigoureuses, mais le temps presse, agissons d’abord et discutons ensuite).

Hélas, ce type de comportement pragmatique n’est apparemment pas celui des fonctionnaires du ministère de la Santé qui élaborent des plans d’action en n’ayant, apparemment, qu’une vision très imparfaite des réalités du terrain et qui considèrent qu’il n’y a de compétences valables qu’en milieu hospitalier. Les ministres passent mais les conseillers, compétents ou pas, demeurent !

Depuis des années, on a voulu faire avec le tissu hospitalier ce que fit la SNCF en favorisant les TGV au détriment de l’entretien du réseau secondaire. Nous avons supprimé les petites structures pour ne valoriser que les pôle d’excellence comme les CHU, et nous en payons maintenant les conséquences.

On peut mettre en scène et diffuser largement, sur les médias, le transport de quelques malades par hélicoptère, et d’autres par train sanitaire, et demander au public d’applaudir tous les soirs à 20 heures nos soignants (qui ont surtout besoin de masques et de revalorisations salariales), cela ne changera rien au problème.

Après la crise, des comptes devront être rendus sur la gestion déplorable de notre système de santé depuis quelques décennies. Le gouvernement actuel paie les conséquences de cette incurie et ne peut être tenu pour seul responsable, bien qu’il soit dans la droite ligne de ses prédécesseurs.

Espérons que les électeurs s’en souviendront lors des prochains votes et qu’ils sauront en tirer les conséquences, car s’ils n’utilisent pas le bulletin de vote, il ne leur restera que la rue.

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