Il est établi que la rentrée scolaire sera sur la base du volontariat à partir du 11 mai prochain, mais quel est le danger pour nos enfants à l’heure du déconfinement ? Même dans les familles où l’enfant est roi, ce sont les parents inquiets qui devront assumer la responsabilité du choix.

La première crainte est que son enfant attrape davantage qu’un rhume en allant à l’école. Décuplée par le flot d’émotions déversé par les écrans, cette peur naturelle sera probablement démesurée par rapport au risque réel. L’immense majorité des infections enfantines par le Covid-19 sont bénignes, voire asymptomatiques. Il y a probablement plus de risque pour l’enfant d’arriver en réanimation suite à un accident domestique ou écrasé par une voiture que terrassé par le virus. On pensera aussi à la crainte que, même s’il va toujours bien, l’enfant déconfiné devienne porteur du virus et contamine sa famille. Ce risque sanitaire parait bien plus grand que celui encouru par l’enfant. Si son papa est obèse ou malade, il peut être plus raisonnable que le petit enfant ne rentre pas à l’école pour ne pas devenir prématurément orphelin.

Ces risques du déconfinement sont à mettre en balance avec ceux du statu quo : décrochage scolaire, tensions familiales, conséquences économiques. Il paraît donc judicieux d’évaluer le rapport bénéfice risque pour chaque enfant, plutôt que de décider la même rentrée pour toutes et tous. Mais cette évaluation est délicate et l’économie risque souvent de primer : des enfants seront “désignés volontaires” car, du fait du déconfinement du reste de la famille et du danger de laisser un jeune enfant seul, il sera plus aisé de les scolariser.

Mais le danger actuel pour nos enfants n’est-il pas surtout mental ? Les enfants ont besoin de repères. Comment font-ils actuellement pour les trouver alors que les adultes sont eux même perdus ? J’imagine des questions d’enfants à leurs parents ;  « Dis maman qu’est ce qui se passe dans le masque à 4 heure pour qu’on soit obligés de le changer ? Dis papa pourquoi on ne met pas tous une combinaison entière comme j’ai vu à la télé ? Pourquoi autorise-t-on un rassemblement de 5000 personnes mais pas 5001 ? » Les enfants ont souvent de « bonnes questions » et les adultes des réponses gênées. Comme nos gouvernants, certains avouent ne pas savoir, d’autres inventent ou mentent selon les circonstances.

Les plus jeunes semblent avoir moins besoin d’armes que les vieux dans la « guerre » contre le Covid-19 . Mais ils sont particulièrement vulnérables dans la lutte contre le mensonge. Ils ont entendu qu’on était en guerre et qu’il était héroïque de rester confinés car cela sauvait des vies. Ne risquent-ils pas de réclamer bientôt une retraite au titre d’anciens combattants ? Ou verront-ils, comme les masques inutiles devenir obligatoires, les héros du premier acte, devenir au deuxième acte les lâches qui refusent de sortir travailler ?

« Ne pas subir » disait le Maréchal de Lattre. N’est ce pas un spectacle de soumission que nous donnons à nos enfants ? Ne faudrait-il pas leur enseigner ce que sont véritablement la guerre et les braves ? Si nous étions vraiment en guerre, un exemple héroïque actuel serait celui de jeunes volontaires qui se regrouperaient pendant un ou deux mois en « colonies de vacances » pour s’immuniser contre le virus. A défaut de vaccin, ils protégeraient, au péril de leur vie, leurs faibles aînés, en contribuant  activement au  développement de l’immunité collective indispensable à l’arrêt de l’épidémie ennemie. Le peuple français n’attend il pas bien passivement? Quand sera fixée la date pour la présentation des excuses publiques de nos dirigeants pour leurs fautes et mensonges ?

29 avril 2020

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