Emmanuel Macron ou l’État mendiant

À la tête de l'État mendiant, il faut un Président-guichetier.
Capture d'écran
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Oui, bien sûr, on va dire qu’il n’est pas temps de polémiquer, alors que des dizaines de milliers d’hectares de forêts et de bois partent en fumée, des centaines de maisons ravagées, que des milliers de sapeurs-pompiers et secouristes, professionnels et volontaires, civils et militaires, sont sur la brèche, que des centaines de milliers de nos compatriotes ont dû quitter leur domicile dans la précipitation en laissant tout sur place, comme aux pires heures de notre Histoire, que le feu, ce dimanche soir, n'est plus qu'à quinze kilomètres de la métropole bordelaise. Mais tout de même, il faut bien avouer que cet été 2026 – le dernier, normalement, sous le règne chaotique d’Emmanuel Macron – prend des couleurs apocalyptiques. Certains y verront comme un signe du Ciel qui sait rappeler aux hommes, et en tout premier lieu à ceux qui pensent être issus de la cuisse de Jupiter, que leur rêve prométhéen peut tourner au cauchemar.

Macron imperator

Sans aller jusque-là, comment ne pas être frappé par le contraste de deux images à seulement quelques jours de distance. La première image, le 14 juillet – le dernier, normalement, sous le règne cataclysmique d’Emmanuel Macron –, dans la tribune présidentielle s’entassait une ribambelle de chefs d’État et de gouvernement venus à l’invitation, pour ne pas dire à la convocation, du co-initiateur de cette fameuse « coalition des volontaires » qui devrait intervenir en Ukraine, lorsque le cessez-le-feu aura été signé - c’est-à-dire pas demain. L’illusion, le temps d’un défilé militaire impeccable, que la France menait la danse. Macron imperator distribuait les accolades, les embrassades, se prenait pour le roi en faisant le baise-main à sa dame, tel le bourgeois gentilhomme qui n’en peut plus.

Actualité de la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat

La seconde image, c’est celle d’une France en flammes. Image terrible. Terrible image, aussi, que celle d’un Emmanuel Macron obligé d’en appeler à la solidarité européenne. Certes, les circonstances sont plus qu’exceptionnelles – du moins, on l’espère – et l’orgueil mal placé serait irresponsable. Mais tout de même ! Vendredi 24 juillet, pile poil dix jours après ce grandiose 14 Juillet, Emmanuel Macron postait un long message, sur X, dans lequel il déclarait notamment : « La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque. » La septième puissance mondiale, dit-on, en appelle à la petite Croatie, aux modestes Républiques tchèque et slovaque, au discret Portugal. Jamais la fable de La Fontaine Le Lion et le Rat n’a été autant d’actualité : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi. » Mais Macron l’Européen y voit sans doute l’occasion de démontrer que rien, désormais, ne peut se faire sans l’Union européenne. Ce qui, en l’occurrence, n’est pas tout à fait vrai, car si ce « mécanisme de protection civile » est labellisé « Union européenne », il s’agit bien de moyens nationaux – croates, tchèques, slovaques, portugais – qui interviennent à notre profit.

« À votre bon cœur ! »

L’État français, historiquement protecteur de ses citoyens, de son territoire, de sa souveraineté, s’est, au fil du temps, transformé en État nounou avec, en corollaire, son incapacité à protéger ses citoyens, ses frontières, et son lâche et paresseux abandon de pans entiers de souveraineté à Bruxelles. Nous sommes désormais dans la troisième phase - d’aucuns diront phase terminale – où l’État français devient l'État mendiant. Une mendicité qui ne s’arrête pas à la demande de renforts à nos amis européens. En effet, le 16 juillet dernier, alors qu’il était à Fontainebleau après l’incendie qui a dévasté plus de 2.000 hectares, Emmanuel Macron annonçait la mise en place d’« un guichet unique » afin de collecter des fonds pour la forêt de Fontainebleau. À la tête de l'État mendiant, il faut un Président-guichetier. Certes, la solidarité des Français joue à plein et c’est une bonne et belle chose. Mais comment ne pas voir là le naufrage de l’État régalien ? On pense à Colbert, qui lança une véritable politique de plantation de forêts, non pas pour sauver la planète mais plus modestement la France, afin de construire les bateaux de guerre de notre Royale. L’impôt pourvoyait à cette politique visionnaire et de longue haleine. Aujourd’hui, c’est « à votre bon cœur » ! Triste fin.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

130 commentaires

  1. Le Roi nu préfère faire le malin en UKraine, en Algérie . Vite écartez le de ma vue. Bravo a nos vrais hommes venant de partout car lui ce n’est pas un homme mais une omelette qui a cassé tous nos oeufs.

  2. Etat mendiant? Prix d’un rafale, 68 millions et 78 millions d’euros hors taxes pour sa version nue de production, mais s’élève de 140 à plus de 200 millions d’euros par appareil lors d’un achat à l’export incluant les armements, la formation et la maintenance. 35 millions c’est le prix d’un canadair. Faites le calcul.

    • Ce ne sont pas les RAFALE qui posent problème. La gabegie elle est ailleurs. Les RAFALE c’est pour la France. Mais la gabegie elle est pour les copains, pour Zelenski, pour l’idéologie, pour Ursula, pour les envahisseurs. Et j’en passe. 200 milliards/an au total.

  3. depuis 1981 tous les gouvernements ont bradé la France au nom de l’Europe nos belles entreprises et l’Europe continue a ce servir avec le président actuel qui facilite la demande au nom de l’Europe et attention actuellement ce sont nos barrages et encore EDF et l’armement que les français paient le prix fort mais notre président orgueilleux continu son cocorico en parlant du nucléaire a partager au nom de l’Europe pour défendre ceux qui ne l’on pas et la dépouille continue sans le consentement des français ! il espère peut être en devenir le président aux prochaines élections ?

  4. Quand BV précise « le dernier été..normalement » et le « dernier 14 juillet normalement » de macron. » j’ai anormalement peur !

  5. Les milliards déversés en ukraine auraient été plus utiles chez nous. Les 12 canadairs promis en 2017, ne sont toujours pas arrivés, les leçons passées, n’ont pas servis, les propriétaires forestier et l’onf, ne commencent que maintenant à recréer des layons coupe-feu, les abords des routes commencent enfin à être débroussaillées, les pièces pour les canadair en panne ont été enfin commandé. La macronie est la digne descendante de ces gouvernements qui avaient une guerre de retard, elle dépense des milliards chez les autres, veut guerroyer contre les russes, mais laisse notre pays en proie aux incendiaires. La famille macron ont plus urgent à faire en ce moment, préparer une petite fête avec les ministres et leurs familles

  6. Le temps est venue et parvenue que ça change en France et pour cela il faut que ce malfaisant parte et que les français vote comme il se doit

  7. C’est la photo que je commenterai. Derrière le roi, de jolis galons dorés, même une fourragère fantoche aux couleurs de la VM. Sur toutes les poitrines, le ruban rouge de la LH. A croire qu’ils la perçoivent dans le paquetage à la sortie de leur école.

  8. Qu’ajouter de plus, nous avons affaire à un homme imprenable, de quelque côté qu’on le prenne, un « Jupître-hère », sorti non de la cuisse ou de l’aile mais de pire. A qui s’en prendre sinon à nous-même ?L’Elysée aux mains d’un enfant aux grâces sournoises et narcissiques, enfant-soldat sans plomb dans la tête, courant ici ou là en globe-trotter impénitent, la peur au ventre mou de ses idées à reculons, reprises le jour d’après à l’envers. On l’a vu volontaire après le 7 octobre, voulant engager le monde avec lui, puis le lendemain vélléitaire, coiffant le Hamas, reconnu, d’une bannière. A Ormuz il voulait déminer, mais laissant le sale boulot à d’autres ; en Ukraine il voulait y aller, mais après la bataille dernière. Fanfaron sans fin, claqué de part et d’autres, il a tenu dix ans, ceux de notre lâcheté à le laisser faire, lui, l’abuseur de notre démocratie qu’il a vendue à sa peur. La banlieue racaille nos villes, le feu est dans notre patrie. Et maintenant la forêt en cendres, les chênes de nos mats réduits à l’état de poussière. Il n’a vu ni l’avenir ni la patrie, sa marche est solitaire, le paon a embouché le péan à l’envers, devenu une trompette funéraire. La France, septième merveille du monde, par lui, est devenue un Etat du ttiers-monde. Hélas.

  9. Le rapprochement entre le Macron imperator du 14 Juillet et celui du Macron mendiant des secours aux autres pays est saisissant.

    C’est à l’image de ce Président qui n’a fait que mentir, faire de l’esbroufe et du vent.

    L’image de la Gironde restera comme celle de la France après le passage de Macron à la tête de l’État : un paysage de désolation, une ruine calcinée, un pays dévasté.

    Face à ce traître à notre pays, il y a la France, la vraie, celle des pompiers courageux, des paysans qui quittent maison et travail pour venir en renfort, celle de tous ces gens solidaires qui portent des boissons aux pompiers, qui hébergent les évacués, qui font un petit quelque chose en fonction de leurs moyens.

  10. J’ai fait le calcul: avec les derniers incapables qui nous gouvernent, notre dette a grimpé a 3700 000 000 . Divisé par 65 000 000 de français ça fait qu’ils nous ont endetté de 56 923 par tête.
    Ceci étant une moyenne on devra vendre tout ce qu’on a pour rembourser notre dette.
    Pendant ce temps là, eux se gavent, font les beaux, font les généreux avec l’ukraine, avec l’UERSS, dépensent a gogo, on est tellement riche qu’il faut accueillir toute la misère du monde.

  11. Neron chantait et avait fait mettre le feu à Rome. Macron parle, récite et veut faire éteindre le feu par les voisins qu’il appelle son Europe dont il nous gave les tympans depuis bientôt 10 ans. Au lieu d’établir des plans pour savoir qui sera ministre avec lui, au lieu de se pavaner à l’étranger pour distribuer l’argent des contribuables français, il aurait mieux fait de s’inquiéter du pays qu’il est censé diriger et qu’il ne dirige plus et de gérer en anticipant de telles situations de catastrophes. Ses mots sont des maux qui ne guérissent personne. Le temps de sont départ est plus qu’ urgent.

  12. Combien a coûté l’invitation des pique assiettes le 14 juillet ? Sans doute le prix d’un canadair. Et là je ne parle que de cette date, car quand on fait le total de tous les dîners de celui qui se prend pour le roi, on est carrément écoeuré. Mais pour la France et les Français, il n’y a pas d’argent. C’est vrai le homard bleu coûte cher alors il faut revoir les priorités..

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