, acte II, ou la destruction des « petits commerces » pour faire passer la santé des Français avant toute chose. En annonçant, ce mercredi 28 octobre, quatre semaines a minima de reconfinement, notre monarque républicain a signé l’arrêt de mort de dizaines de milliers de commerçants qualifiés, dans le jargon technocratique du pouvoir, de « non essentiels ». Salons de coiffure, instituts de beauté, fleuristes, librairies et papeteries, cordonneries, bijouteries, commerces de prêt-à-porter ou de lingerie, cavistes, agences de voyages, etc., ont baissé leur rideau, ce jeudi soir, à minuit. Le rouvriront-ils un jour ?

Cinémas et théâtres, musées et thés dansants, restaurants et bars les accompagneront sur le chemin sacrificiel de leur disparition pour sauver des vies, « quoi qu’il en coûte », nous a réaffirmé, mercredi soir, le monarque élu. Mais pas pour sauver des milliers de travailleurs indépendants. Ces morts-là ne défileront jamais sur les boulevards pour protester. Les jardineries verdoient tandis que se fanent les fleuristes.

Pourquoi ne pas aménager, pour les plus vulnérables d’entre nous, des plages horaires réservées. Chaque jour, les grandes surfaces accueilleraient les plus de 65 ans de 9 h 00 à 10 h 30, puis de 14 h 00 à 16 h 00. Interdit aux autres consommateurs de venir à ces heures « réservées ».

Pour ne pas « tuer le petit commerce », pourquoi ne pas avoir ordonné aux grandes surfaces de fermer, ce jeudi soir, l’accès aux rayons jouets, droguerie, fleurs, papeterie, parapharmacie, linge de maison, vêtements, chaussures, arts de la table, etc. A contrario, tous les commerçants qualifiés de « non essentiels » par l’administration resteraient, eux, ouverts au public.

Je ne crois pas un instant que la contamination du virus se propage plus vite et plus fortement dans un commerce de détail où l’on peut circonscrire l’accueil à deux ou trois personnes et où de lourds investissements pour mettre en œuvre les protocoles sanitaires et les appliquer ont été consentis alors que des milliers de consommateurs se précipitent quotidiennement dans les hypermarchés. Ces mêmes milliers de consommateurs (peut-on leur en vouloir ?) qui achètent des produits à très bas coût, fabriqués le plus souvent hors de France. Il est vrai que nos chers technocrates européistes ont, depuis longtemps, abandonné l’idée de protéger nos intérêts nationaux. Quant aux « commerçants » que sont les Leclerc, Carrefour, Auchan et consorts, ils ne sont là que pour drainer le maximum de consommateurs dans leurs magasins pour vendre le maximum de produits pour gagner le maximum d’argent, crise sanitaire ou pas.

En fin de compte, durant son allocution, le roi élu s’est fait le promoteur du système Amazon. Vautré sur mon canapé et armé de mon téléphone portable, je passe commande de tous les produits de l’univers sans me déplacer. Les marchandises me sont livrées à mon domicile sous quelques heures. Je peux rester confiné des mois !

Fleuristes, cordonniers, esthéticiennes, libraires, coiffeurs, bijoutiers, faites donc la même chose qu’Amazon, vous a dit le Président fossoyeur.

31 octobre 2020

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