Cet homme est trop dangereux. S’il conserve le pouvoir, il va procéder à un nettoyage de la bureaucratie – sanitaire, judiciaire, militaire – comme de la médiacratie ou de la ploutocratie de Wall Street, sans oublier la lobbycratie. S’il perd, il faudra le mettre en cabane, car il risque d’être encore plus puissant : il serait bel et bien capable de convertir ses sectaires en un nouveau business médiatique, voire un nouveau parti. Gagnant-gagnant.

Pourquoi tant de haine ?

Depuis quelques cycles électoraux, les partis « faisaient semblant de s’opposer » en un univers mondialisé où les classes moyennes s’appauvrissaient cependant que les titans s’enrichissaient sans vergogne. Ces titans oligarques avaient trouvé la recette : enflammer les luttes intestines de l’intersectionnalité. Pendant que le peuple s’entre-déchirait sur des critères culturels, religieux ou raciaux, l’argent allait à l’argent, encore et encore. C’est ainsi que, depuis l’ère Bill Clinton, les classes populaires et moyennes s’appauvrissaient radicalement et que près du quart de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté.

Jusqu’à l’élection de , qui inversa la vapeur en transformant le pays en puissance pétrolière autosuffisante, en renégociant les accords internationaux, en déréglementant. Trump, brutalement, révélait à la population une simple réalité : ce qui divise le pays, c’est la lutte des classes et non pas la lutte des races, des religions ou des genres. Il ouvrait, par ailleurs, les yeux du public sur la , stratégique fille de Sun Tzu. Puis sur l’ignorante cupidité de cette oligarchie qui croyait contrôler les Chinois et leurs trésors. Tout récemment, le journal Politico (pourtant hostile à Trump) résumait, ainsi, assez bien la situation : « Beijing est convaincue que les États-Unis sont désormais entrés en phase terminale et qu’elle peut manipuler Washington via Wall Street. »

Effectivement.

Trump, intuitu personae, fondamentalement représente pour les oligarques et leurs courroies de transmission un danger existentiel. Il est l’hydre dont les têtes repoussent. Le public a, ainsi, été convaincu que Trump ne voudra pas céder le pouvoir et qu’il fomentera une révolution avec ses partisans. Incroyable inversion accusatoire, illustrée par la crainte récente des commerçants des villes démocrates qui couvrent leurs devantures de planches comme dans l’attente d’un nouvel ouragan antifa et . C’est dans cet esprit « conciliateur » que Zuckerberg a récemment déclaré ses inquiétudes sur les risques de violences de la rue et rassuré l’opinion sur son intention de veiller à ne pas propager le phénomène sur sa plate-forme. Censure au grand cœur, merci, Facebook !

Nous avions, récemment, en ces colonnes osé une question : Trump va-t-il gagner puis perdre ? L’idée dépendait, bien sûr, du fait que les résultats ne soient pas clairs, qu’ils soient contestés à n’en plus finir, jusqu’au jour d’une impossible intronisation officielle forçant le pays à emprunter différentes voies, toutes hostiles à Trump, de sa sortie manu militari à l’escamotage constitutionnel : nomination d’un(e) président(e) intérimaire. Mais alors, si Trump perdait légalement ? Le site The Hill estime, ce 2 novembre, que bien des démocrates voudront multiplier les enquêtes sur Trump et son entourage. Parlementaires, fiscales, ou pénales.

Trump, en ce 3 novembre, n’aura pour seule option que de naviguer entre Charybde et Scylla.

Anahita et la vipère des sables

2 novembre 2020

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