Depuis que Trump a rétrogradé son directeur de campagne, il y a quelques semaines, il semble que les choses se passent mieux pour lui. Et que son message ressemble davantage à celui de sa campagne de 2016. Les sondages des grands médias se resserrent, et ceux qui ne se trompèrent pas en 2016 en utilisant des méthodologies différentes, comme Rasmussen (taux de satisfaction quotidiens de la moyenne des trente jours précédents), observent une forte remontée.

Il semble que Trump ait compris que la psychose collective orchestrée par les médias sur la pandémie, couplée avec les désordres de la rue dans les villes et États tenus par les démocrates, avait cassé quelque chose dans les comportements politiques : les classes moyennes, affolées, ne voulaient plus entendre les messages de grandeur et d’effort. En fait, le peuple, tenaillé par la peur de mourir, se repliait dans le « socialisme ». De plus, la population avait également peur de mourir de faim, une bonne partie des électeurs pauvres étant soudain privés de travail, tant du fait des mesures restrictives sanitaires que des destructions de nombreux commerces lors de troubles urbains qui n’en finissaient pas.

L’effet en a été de déprimer et démoraliser les électeurs de Trump, tout en galvanisant ceux de Biden en jetant de l’huile sur le feu racial ou sociétal, agit-prop oblige. Il s’agissait aussi de faire peur au bourgeois, en créant l’association d’idée « Trump = désordres violents, donc-votons-Biden ». Mais l’adhésion sans réserve des démocrates aux « paisibles manifestations » a eu un double effet : jeter 50 % des Latinos dans les bras de Trump (irrités du racolage politique auprès des Afro-Américains) et – du fait du retour à la criminalité galopante – doubler le soutien des Afro-Américains à Trump, qui atteint désormais environ 25 % ! Cette simple bascule suffirait à faire élire Trump.

Une campagne lancée par les anti-Trump de tous bords s’est alors dessinée : convaincre l’opinion que Trump, dictateur en herbe, ne va pas lâcher le pouvoir s’il n’est pas réélu. Autrement dit, et en l’occurrence, préparer les esprits à un dégagement manu militari de l’occupant de la Maison-Blanche. Auquel cas, faute de président clairement élu, le pouvoir serait constitutionnellement confié à la Speaker Nancy Pelosi, le temps d’y voir clair dans les résultats. Ceci explique le titre de cet article.

Le « vote par correspondance », jusqu’ici d’exception (les deux partis s’en étaient toujours méfiés) est ainsi devenu la « norme » : réduction du nombre de bureaux de vote, envoi aux électeurs, non sollicité, de bulletins dit « par correspondance », possibilité de les faire collecter par les partis. Des dizaines de millions de votes vont donc circuler, qu’il faudra éplucher, de sorte que le résultat de l’élection du 3 novembre ne sera pas connu le jour même, dans l’attente d’un dépouillement « final » pouvant durer des semaines, ou des mois, en cas de litige. Charge à la Cour suprême de trancher.

La juge Ginsburg venant de décéder, de nouvelles perspectives s’ouvrent : ou bien la droite sénatoriale cédera aux pressions et le Sénat ne votera pas avant l’élection le remplacement de Ginsburg, ou bien il procédera à sa nomination, ce qui entraînerait des violences de rue de type proto-révolutionnaire. Tel est le prix à payer pour disposer de cinq voix sur neuf à la Cour suprême… et neutraliser les manœuvres procédurières visant à entacher le verdict populaire du 3 novembre.

André Archimbaud vient de publier Anahita et la vipère des sables.

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