[ÉDITO] Présidentielle : qui sera le roi (ou la reine) du cimetière ?

« S’il y a quinze candidatures à gauche, le roi du cimetière, ce sera Jean-Luc Mélenchon. », a déclaré Marine Tondelier.
Capture d'écran
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Dans sa dernière chronique, Dominique Jamet a sans doute tout dit du « trop-plein » de candidats à l’élection présidentielle, voire de candidats à la candidature, pour les faux modestes ou, tout du moins, ceux qui ont encore le sens du ridicule. Cette élection rend fou, comme le soulignait très justement, la semaine dernière, Stéphane Buffetaut.

LFI : l'astre dominant de la galaxie

À gauche, Marine Tondelier, à qui il arrive de sortir de bons mots, a bien résumé la situation, ce dimanche 26 avril, sur le plateau du Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 : « S’il y a quinze candidatures à gauche, le roi du cimetière, ce sera Jean-Luc Mélenchon. » « Mangez vos morts », comme dirait Danièle Obono. Mais il n’empêche que la réalité est bien là : l’extrême gauche mélenchoniste est l’astre dominant de la galaxie « Gauche française », pas le Parti socialiste, les Verts, Place publique (Glucksmann) et autres météorites saupoudrant l'univers sidérant. La loi de l’attractivité, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, joue en sa faveur : chef charismatique, appareil politique à sa botte, floppée d’élus non sans talent pour beaucoup, programme dément mais cohérent, et surtout un projet de société clair, celui de « la nouvelle France », c’est-à-dire de l’anti-France.

Du côté de la gauche qu’on qualifiera de social-démocrate pour faire vite, on peine à trouver tout ça : ni identité, ni incarnation. Hollande essaye de refourguer son CV d’ancien Président pour se donner un peu de stature et tente de faire oublier qu’il évita la honte, en 2017, en déclarant forfait. Quant à Glucksmann, on a du mal à imaginer qu’il pourrait concrétiser la fameuse formule qualifiant l’épreuve reine de la Ve République : « la rencontre d’un homme avec un peuple ».

Une gauche à 30, 35 %...

Un autre personnage de gauche a aussi parlé d’or, ce week-end : le milliardaire Matthieu Pigasse. « Je ne comprends pas comment, ni pourquoi, on peut penser dans ce pays qu’une gauche à 30, 35 %, arrivée divisée à l’élection, pourrait gagner », a-t-il déclaré, selon l’Opinion, lors d’une table ronde organisée en Bretagne ce samedi 25 avril et à laquelle assistait François Hollande, tapi en embuscade. Effectivement, 30, 35 %, ce n’est pas beaucoup, quand on pense que « le peuple français est un peuple de gauche qui s’ignore », si l’on en croit Lucie Castets. Tout ça pour dire que la gauche française est en piteux état.

Le trou noir des dix ans de macronisme

Avec cette « discorde chez l’ennemi », pour reprendre le titre du premier bouquin de De Gaulle, sorti en 1924, on pourrait se dire que c’est du billard pour la droite. Mais nous ne sommes plus en 1965, 1974, ni même en 2007, cela n’aura échappé à personne. D’ailleurs, qu’est-ce que la droite, aujourd’hui ? On ne sait plus trop. « L'extrême droite » serait socialiste, si l'on en croit certains LR, et des LR ont gouverné avec des socialistes sous Bayrou. Compliqué, tout ça !

Le trou noir des dix ans de macronisme aura contribué à fiche en l’air un système solaire qui était, il est vrai, passablement déréglé depuis belle lurette : ce qu’on qualifiait de « droite républicaine », par opposition au FN devenu RN, était en fait une alliance de la droite et du centre qui se transforma peu à peu en un alliage dans lequel la matière principale était devenue le centre, pour finir dans le macronisme. Les Larcher, Copé et autres Pécresse, qui se défendent d’en être, font du macronisme sans le savoir, ou plutôt en le sachant très bien au fond d’eux-mêmes.

Au fait, qui sera, de ce côté-là de l'échiquier, le roi (ou la reine) du cimetière ? Il risque d'y avoir du monde pour la place, sans doute bonne à prendre. Le cimetière : le dernier lieu des concessions - celles-ci perpétuelles. Là aussi, avec le risque de « trop-plein ».

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/04/2026 à 15:54.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Ils sont tous la a penser que leur candidature est légitime??? pourtant quand tu les observes et que tu imagines leurs QI ,tu as de quoi te poser nombre de questions sur leur santé mentale??? prenons l’exemple de valls que les espagnols ont viré comme un malpropre et qui ose se représenter en France tel un sauveur … etc etc

  2. Et oui nous avons la classe politique que nous méritons , après chacun doit prendre sa part de la déchéance du pays , les électeurs aussi trop content de montrer du doigt cette classe politique en oubliant que ce sont eux qui les élisent et les maintiennent a vie dans leurs privilèges .

  3. RV (commentaire de 16h26) a parfaitement résumé la situation: un bal de comiques troupiers se prépare…

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