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Les Tueurs de l’Ouest, tourné en 1966 par l’Espagnol Eugenio Martín, est un film en forme de charnière. Le western européen d’alors se tâte. Continuer de creuser le sillon de pâles imitations de son homologue américain ou poursuivre sur la voie engagée par les trois grands Sergio transalpins, Leone, Corbucci et Sollima ?

Au lieu de trancher, Eugenio Martín se contente d’intelligemment passer le témoin. Les preuves en sont le héros incarné par l’Américain Richard Wyler, dont l’étoile pâlissait déjà, en admettant toutefois qu’elle ait pu un jour briller, et l’anti-héros auquel le Cubain Tomás Milián prête son charisme hors du commun. Déjà, le manichéisme hollywoodien n’est plus de mise. Le méchant l’est-il tant que ça ?

Le gentil, quant à lui, est parfaitement transparent, performance monolithique de Richard Wyler oblige. Mais le Robin des bois qu’entend être Tomás Milián peut aussi être écrasé par sa propre gloriole et son esquisse de légende, se laisser emporter par une qu’il n’était naguère pas le dernier à dénoncer.

Bref, c’est un film qui donne à réfléchir et dont la problématique éclatera au grand jour avec Le Dernier Face-à-face, déjà chroniqué en ces colonnes, avec le même Tomás Milián et signé du Sergio Sollima plus haut évoqué, à l’occasion duquel un intellectuel progressiste, incarné par Gian Maria Volonté, se révélait peu à peu devenir le pire des tyrans.

21 juillet 2019

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