Editoriaux - Santé - Sciences - 21 juillet 2019

Faut-il arrêter de boire l’eau du robinet et ne plus manger de bananes ?

Dès qu’on se met à parler à la télé ou à lire dans les journaux un truc finissant par « ium », c’est la panique garantie : plutonium, césium, radium, polonium, etc., « ça fout la pétoche » !

Et les antinucléaires de se déchaîner.

Selon la presse, 6,4 millions de Français consommeraient de l’eau potable polluée au tritium, un isotope de l’hydrogène, produit par nos terribles centrales nucléaires.

Fichtre, un danger mortel de plus : il ne faudrait plus boire d’eau du robinet !

Alors, soyons sérieux et étudions un peu le sujet.

Le tritium est, effectivement, produit par les centrales nucléaires, mais il est faiblement radioactif et sa période de radioactivité n’est que de 12,32 ans.

Tous les relevés réalisés dans l’eau potable montrent des concentrations en tritium très inférieures aux 100 Bq/l (becquerels par litre), la norme admise par les autorités sanitaires, et ce, sur toute la période 2016-2017.

Une fois de plus, on nous raconte des sornettes destinées à entretenir la stupide psychose du nucléaire et, accessoirement, peut-être à faire diversion dans l’opinion publique sur des « affaires » beaucoup plus graves, tant il est vrai que Macron est un fervent adepte du vieil adage « un clou chasse l’autre ».

Vous ne me croyez pas ? Alors, illustrons mon propos sur la dangerosité du tritium à l’aide d’un exemple : la banane.

La banane est utilisée pour servir d’étalon international de radioactivité des produits naturels de consommation courante. Tout est naturellement radioactif. L’unité s’appelle le BED, en anglais (banana equivalent dose), et « dose équivalente en banane », en français. La banane contient du redoutable potassium 40, mais aussi du tritium. 19,5 Bq pour une banane « standard » de 150 grammes.

D’après les mesures publiées, un litre d’eau potable de Choisy-le-Roi contient autant de tritium qu’une demi-banane…

Pour fixer les idées, on produit et consomme 110 millions de tonnes de bananes par an dans le monde, soit un nombre assez conséquent de bananes de 150 g et une quantité pharaonique de tritium. Le tritium ingurgité est rejeté par les voies humaines naturelles.

Les nombreux hypocondriaques vont probablement arrêter de manger des bananes et de boire de l’eau du robinet !

Tout cela est donc encore « du grand n’importe quoi » destiné à poursuivre l’œuvre de propagande contre le nucléaire.

L’isotope le plus radioactif (ou plutôt média-actif) a un nom : le macronium. Espérons que sa période radioactive n’excède pas cinq ans !

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